JO de Tokyo: huis clos ou pas huis clos ?

René SLAMA
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Les Jeux olympiques de Tokyo se tiendront-ils oui ou non à huis clos? C'est la question que doivent trancher les organisateurs et les autorités japonaises lundi, à un mois du plus grand événement sportif international, transformé par la pandémie.

Des médias nippons anticipent la présence de spectateurs locaux, mais en nombre limité.

Dès mars, les organisateurs ont pris la décision - sans précédent dans l'histoire olympique - d'interdire la venue de spectateurs de l'étranger en raison d'un risque sanitaire jugé trop élevé. De plus, ils n'ont cessé de reporter une décision sur les spectateurs résidant au Japon notamment pour tenir compte de la situation dans l'archipel le plus tard possible.

La réunion sur ce sujet crucial est prévue à partir de 07H00 GMT et cinq parties seront représentées: le Comité d'organisation de Tokyo-2020, le gouvernement japonais, le gouvernement de la métropole de Tokyo, le Comité international olympique (CIO) et le Comité paralympique international (CPI).

Les sportifs sont les premiers à redouter un huis clos et certains sponsors ont indiqué en privé qu'ils préféraient un public, même limité.

La levée de l'état d'urgence dimanche à Tokyo et dans d'autres départements a envoyé un signal plutôt favorable aux organisateurs qui attendaient la décision du gouvernement japonais pour déterminer s'ils accepteraient des spectateurs locaux et, si oui, dans quelle limite.

Mais le gouvernement japonais a maintenu certaines restrictions au moins jusqu'au 11 juillet et le Premier ministre Yoshihide Suga a averti que celles-ci pourraient être renforcées d'un coup si les cas de Covid-19 repartaient à la hausse et le système médical était de nouveau sous pression.

Les experts sanitaires conseillant le gouvernement ont estimé qu'il serait "idéal" d'organiser les JO à huis clos. Si un public local est admis, il sera de toute façon limité par les mesures antivirus du gouvernement.

- "Limiter les risques" -

Les organisateurs auraient déjà renoncé à vendre davantage de billets et envisagent un tirage au sort pour déterminer ceux qui, parmi les détenteurs de tickets au Japon, pourront assister aux JO, selon l'agence de presse Kyodo.

Certains médias ont évoqué un plafond de 10.000 personnes ou 50% de la capacité d'accueil d'un site, selon le chiffre le plus bas. Une jauge de 20.000 pour la cérémonie d'ouverture a été citée.

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Vendredi, lors d'une conférence de presse, la présidente du comité d'organisation de Tokyo-2020, Seiko Hashimoto, n'a pu cacher son tiraillement: "Organiser les Jeux sans spectateurs est le meilleur moyen d'assurer des Jeux en toute sécurité (...). Mais tant que nous aurons des spectateurs qui souhaiteront assister aux Jeux, nous essaierons autant que possible de les satisfaire et de limiter les risques".

"Si les circonstances sont trop défavorables, nous serons contraints de renoncer" et cette décision "pourra se prendre jusqu'au dernier moment".

Les organisateurs cherchent depuis des mois à vaincre la résistance de l'opinion japonaise qui s'est montrée hostile à la tenue des Jeux cet été. Un sondage publié lundi dans le journal Asahi a toutefois révélé que 34% des Japonais étaient désormais favorables aux JO, contre 14% le mois dernier.

Selon une enquête publiée dimanche par l'agence Kyodo, 86% des personnes interrogées restent inquiètes d'un rebond du Covid-19 pendant les Jeux et 40% estiment qu'ils devraient être organisés sans spectateurs.

Le Japon, qui a commencé à fermer ses frontières dès mars 2020, a été relativement épargné par la pandémie, par comparaison à de nombreux autres pays, avec 14.400 décès officiellement recensés.

Mais, pour des raisons réglementaires, il a été très lent à lancer un programme de vaccination. A ce jour, moins de 7% de Japonais ont reçu deux doses de vaccin.

Les organisateurs des JO ont donné des gages à la population en divisant par trois le nombre de délégués étrangers invités aux Jeux et en imposant des mesures draconiennes aux participants, avec menaces d'expulsion en cas de non-respect des règles sanitaires.

Les Jeux olympiques sont prévus du 23 juillet au 8 août et les Paralympiques du 24 août au 5 septembre.

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