Régionales: premiers accords à gauche, retrait au forceps en Paca

le service politique et les bureaux régionaux de l'AFP
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Duel RN/LR en Paca après le retrait sous pression du candidat écolo, premiers accords à gauche, appel de LR aux candidats LREM à se désister: les discussions en vue du second tour des régionales et départementales avancent, sur fond d'inquiétudes pour la participation après un premier tour déserté par deux électeurs sur trois.

Les discussions doivent s'étaler jusqu'à mardi à 18H00 pour négocier alliances, fusions ou retraits de listes pour le second tour dimanche.

En Paca, après avoir affirmé qu'il se maintiendrait, l'écologiste Jean-Laurent Felizia (EELV/PS/PCF) qui avait recueilli 16,89%, a fini par renoncer sous une forte pression des partis: Julien Bayou, par ailleurs patron d'EELV, l'avait menacé d'exclusion s'il persistait, alors que la liste RN de Thierry Mariani (36,38%) est arrivée devant le sortant LR Renaud Muselier (31,91%). Le patron du PS Olivier Faure avait jugé la position du tête de liste "irresponsable".

En Ile-de-France, Julien Bayou, arrivé deuxième, a annoncé l'union de sa liste avec celles d'Audrey Pulvar soutenue par le PS et de Clémentine Autain (LFI/PCF) pour tenter de battre la sortante Valérie Pécresse (ex-LR), largement en tête avec 35,94%.

Un premier accord avait été scellé auparavant en Centre-Val de Loire: le président sortant François Bonneau (PS), arrivé en tête (24,81%), a annoncé la fusion de sa liste PS-PCF avec celle EELV-LFI portée par Charles Fournier (10,85%).

En Nouvelle-Aquitaine, d'âpres négociations, annoncées susceptibles de capoter, se poursuivaient lundi entre le sortant PS Alain Rousset (28,65%) et la liste EELV de Nicolas Thierry (12,07%).

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Pour le parti de Marine Le Pen, que les sondages annonçaient en tête dans plusieurs régions, la désillusion est sévère: le RN a perdu neuf points par rapport à 2015. Reconnaissant que ses électeurs ne s'étaient "pas déplacés", la candidate à l'Elysée les a appelés "au sursaut".

Également en retrait, les candidats de la majorité présidentielle ne totalisent que 11,5% des suffrages, selon Ipsos.

A droite, le président des Républicains Christian Jacob a appelé plusieurs candidats LREM à se retirer: François de Rugy dans les Pays de la Loire, le ministre Marc Fesneau en Centre-Val-de-Loire, Thierry Thuriot en Bourgogne-Franche-Comté. Ce dernier a pourtant annoncé son maintien, ouvrant la voix à une quadrangulaire.

- "Exigence républicaine" -

Face à une abstention historique, le Premier ministre Jean Castex a lancé "un appel solennel" à se rendre aux urnes dimanche. "Faire gagner l'abstention, c'est faire perdre la démocratie", a-t-il tweeté.

L'abstention dépasse les 65% dans neuf des treize régions métropolitaines, soit un record tous scrutins confondus en France hors référendum. Elle a été massive chez les 18-34 ans.

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Avec un tel niveau de désaveu, "il n'est pas évident" que le résultat "corresponde à une réalité du pays. C'est la part la plus légitimiste de l'électorat français, très souvent un électorat plus âgé que la moyenne", qui s'est déplacée, juge Stéphane Zumsteeg (Ipsos).

Dans ce contexte, Gérald Darmanin a sommé lundi Adrexo et la Poste, les deux prestataires pour l'acheminement de la propagande électorale, de prendre "toutes les mesures afin de rétablir un service normal" pour le second tour après des "dysfonctionnements inacceptables" au premier.

Le premier tour a été marqué par une prime aux sortants - à la manœuvre pendant la crise sanitaire - qui permet à la droite d'espérer conserver ses sept régions et à la gauche ses cinq en France métropolitaine. Le duo gauche-droite a résisté, la première dépassant 34% des suffrages et la seconde frisant 29%.

Malgré la mobilisation de cinq ministres, dont Eric Dupond-Moretti, la macronie a été éliminée dès le premier tour dans les Hauts-de-France, où Xavier Bertrand (ex-LR) est en très bonne posture pour conserver la région (41,39% des voix, contre 24,37% au RN Sébastien Chenu), un succès dont il compte faire une rampe de lancement pour 2022.

Même scénario pour le président d'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez (LR), à 43,79%, loin devant l'écologiste Fabienne Grebert (14,45%) et le candidat du RN Andréa Kotarac (12,33%).

- Sortants en force -

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La droite peut se réjouir de voir sortir en tête Jean Rottner (31,15%) dans le Grand Est, Christelle Morançais (34,29%) dans les Pays de la Loire et Hervé Morin (36,86%) en Normandie.

A gauche, outre Alain Rousset (PS) en Nouvelle-Aquitaine, la sortante Carole Delga (PS/PCF) prend également une option en Occitanie (39,67%), tandis qu'en Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay (PS) devance le RN Julien Odoul (26,52% contre 23,19%).

Le jeu est très ouvert en Bretagne, où le socialiste Loïg Chesnais-Girard est arrivé premier (20,95%).

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Enfin, en Corse, le président sortant, l'autonomiste Gilles Simeoni (29,19%), devra faire le plein des voix nationalistes pour battre la liste de droite menée par le maire d'Ajaccio Laurent Marcangeli (24,86%).

Pour les départementales, un scrutin resté à l'ombre des régionales, la stabilité était attendue, avec une large majorité pour la droite, selon l'Assemblée des départements de France.

L'outre-mer a été marquée aussi par une très faible participation, sauf Mayotte (64%). En Guadeloupe, Ary Chalus (LREM), a raté de peu une réélection dès le 1er tour. La gauche part favorite en Guyane, Martinique, et la droite à la Réunion et à Mayotte.

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