Meurtre de Ghislaine Marchal en 1991: Omar Raddad a déposé sa nouvelle demande de révision

AFP
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Trente ans jour pour jour après la découverte du corps de Ghislaine Marchal, la défense du jardinier marocain Omar Raddad, désigné par la célèbre inscription "Omar m'a tuer" sur la scène du crime, a déposé jeudi une nouvelle demande en révision de sa condamnation, appuyée sur de nouvelles analyses ADN.

"J'ai déposé une requête en révision car je détiens des éléments nouveaux qui sont des preuves scientifiques", a déclaré Me Sylvie Noachovitch lors d'un point presse devant le palais de justice à Paris.

Quelques minutes avant, l'avocate était venue, chargée de deux épais tomes rouges, déposer sa requête à la Cour de cassation, accompagnée de l'académicien Jean-Marie Rouart et de l'ancien député Georges Fenech.

Une première demande de révision avait été rejetée en 2002 dans cette affaire criminelle, l'une des plus célèbres et controversées en France.

Ce recours s'appuie sur un rapport de 2019 analysant à nouveau une découverte de 2015: quatre empreintes génétiques correspondant à quatre hommes non-identifiés - deux ADN parfaitement exploitables et deux autres partiellement - avaient été trouvées sur deux portes et un chevron de la cave dans laquelle le corps de Ghislaine Marchal, riche veuve de 65 ans, avait été retrouvé le 24 juin 1991.

Sur ces deux portes avait été écrit "Omar m'a tuer" (sic) et "Omar m'a t".

Dans le rapport de 2019, l'expert Laurent Breniaux, analysant 35 traces d'un de ces ADN présent dans l'inscription "Omar m'a t", favorisait l'hypothèse d'un dépôt d'empreintes au moment des faits, et non d'une "pollution" ultérieure par les enquêteurs.

En d'autre termes, ces traces génétiques auraient pu être été déposées par l'auteur de l'inscription, qui ne serait alors pas Mme Marchal mais potentiellement le véritable meurtrier, estime la défense d'Omar Raddad.

"Au nom des droits de l'Homme je vous demande de le soutenir, parce que véritablement un homme est innocent et se bat (...) Il a certes été grâcié mais cela ne le blanchit pas", a poursuivi Me Noachovitch

Agé de 58 ans, Omar Raddad vit désormais à Toulon, toujours en arrêt maladie.

Condamné en 1994 à 18 ans de réclusion, sans possibilité de faire appel à l'époque, Omar Raddad avait bénéficié d'une grâce partielle du président Jacques Chirac, puis d'une libération conditionnelle en 1998.

Les révisions de condamnations pénales restent rares en France dans les affaires criminelles: depuis 1945, une dizaine d'accusés seulement ont bénéficié de leur vivant d'une révision et d'un acquittement.

Si la requête d'Omar Raddad est jugée recevable, elle sera examinée au fond par la commission d'instruction de la Cour de révision lors d'une audience, possiblement "d'ici la fin de l'année", espère son avocate.

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