Tensions entre Twitter et l'Inde: le compte d'un ministre indien bloqué

AFP
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Le ministre indien des Technologies de l'information Ravi Shankar Prasad a accusé vendredi Twitter d'avoir bloqué brièvement son compte en raison de critiques qu'il avait émises contre le réseau social.

Ravi Shankar Prasad a affirmé qu'en "violation flagrante" de la réglementation indienne, il avait été informé que son compte était bloqué sans avertissement préalable pour violation de la loi américaine sur le droit d'auteur.

Le compte est resté bloqué pendant presque une heure, a-t-il dit.

Les relations sont tendues depuis mai entre le gouvernement indien et le réseau social américain.

"Il est évident que mes déclarations dénonçant l'autoritarisme et les actions arbitraires de Twitter, en particulier par le partage de mes interviews sur les chaînes de télévision et leur puissant impact, ont déplu", a tweeté M. Prasad après la restauration de son compte.

"Les actions de Twitter montrent qu'ils ne sont pas les défenseurs de la liberté d'expression qu'ils prétendent être, mais qu'ils poursuivent leur propre intérêt, avec la menace que si vous ne suivez pas leur ligne, ils vous retireront arbitrairement de leur plate-forme", ajoute le ministre.

Twitter n'était pas joignable pour commenter ces accusations dans l'immédiat.

Les tensions se sont multipliées ces derniers mois entre le gouvernement indien et Twitter concernant une nouvelle règlementation s'appliquant aux réseaux sociaux en Inde.

La nouvelle réglementation oblige les réseaux sociaux à retirer et remonter jusqu'au premier auteur de posts menaçant la sécurité de l'Etat, l'ordre public ou la souveraineté du pays.

Twitter et des défenseurs de la vie privée craignent que cela permette potentiellement au gouvernement d'identifier les auteurs de messages critiques à son encontre sur les réseaux sociaux.

Un haut responsable de Twitter en Inde a été convoqué par la police la semaine dernière après qu'une vidéo montrant l'agression d'un musulman soit devenue virale. La police a accusé Twitter d'attiser les tensions religieuses.

La police a visité en mai les bureaux de Twitter à New Delhi dans le cadre d'une enquête sur la décision du réseau social d'estampiller "média manipulé" un tweet d'un porte-parole du BJP, parti nationaliste hindou au pouvoir. Twitter a accusé la police indienne de recourir à des "tactiques d'intimidation".

Le gouvernement indien affirme respecter le droit à la vie privée et que les nouvelles règles ne visent qu'à empêcher "l'abus et la mauvaise utilisation des réseaux sociaux".

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