Covid: le Bangladesh a déployé son armée pour veiller au respect du confinement

AFP
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Des militaires et des policiers patrouillaient jeudi dans les rues désertes du Bangladesh, au premier jour de l'entrée en vigueur d'un confinement strict d'une semaine destiné à contenir la progression du Covid-19.

Le gouvernement de ce pays de 168 millions d'habitants s'inquiète d'une hausse "inquiétante et dangereuse" du nombre de cas, imputée au variant Delta très contagieux.

Les hôpitaux sont débordés, notamment dans les régions frontalières de l'Inde où ce variant a été identifié pour la première fois.

Au premier jour de ce confinement de sept jours, les rues de Dacca, habituellement très animées, étaient désertes, tandis que des militaires patrouillaient et mettaient en place des points de contrôle.

Les habitants ont interdiction de quitter leur domicile sauf pour motifs impérieux ou pour acheter de la nourriture.

Le chef de la police de Dacca a indiqué que toute personne enfreignant ces mesures écoperait d'une amende et pouvait être arrêtée.

"Si nous devons entamer 5.000 poursuites par jour et procéder à des interpellations, nous le ferons", a prévenu Shafiqul Islam.

L'annonce la semaine dernière du confinement a provoqué un exode massif des travailleurs migrants, qui ont quitté Dacca pour rejoindre leurs provinces d'origine.

"Nous espérons que ces mesures strictes seront efficaces. Nous devons contenir (la propagation) du virus à tout prix", a déclaré à l'AFP Robed Amin, porte-parole du ministère de la Santé.

A Dacca, Sagar, un vendeur de rue de 18 ans ne cachait pas sa colère.

"Le gouvernement impose le confinement uniquement pour tuer les pauvres. Il n'y aura pas de travail pour nous, pas d'aide provenant de qui que ce soit", a-t-il déploré auprès de l'AFP.

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Les commerces et bureaux ont fermé et seuls les marchés sont autorisés à ouvrir quelques heures par jour.

Les services essentiels et des usines travaillant pour l'exportation, et notamment des enseignes comme H&M et Walmart, peuvent cependant poursuivre leurs activités.

- La vaccination reprend -

Touhidul Islam Chowdhury, qui possède une petite société de recouvrement de prêts, souhaite que le confinement soit "appliqué avec sévérité". "Beaucoup de gens meurent et sont contaminés", a-t-il déploré, estimant que "l'armée aurait dû se déployer beaucoup plus tôt".

Le Bangladesh a déclaré 900.000 cas et un peu plus de 14.500 décès depuis le début de la pandémie, mais les experts estiment que le bilan réel est amplement plus élevé.

Plus des deux tiers des nouveaux cas de Covid-19 à Dacca sont dus au variant Delta, selon une étude menée du 25 mai au 7 juin par le Centre international de recherche sur les maladies diarrhéiques, basé dans la capitale bangladaise.

Contrairement aux deux vagues précédentes, les régions rurales, où vit plus de 60% de la population, ont été touchées par la pandémie.

Dans le district de Satkhira (sud-ouest), les autorités enquêtent sur des informations diffusées par les médias selon lesquelles sept patients atteints du coronavirus sont décédés à l'hôpital faute d'oxygène, a déclaré à l'AFP un représentant local, Humayun Kabir.

La campagne de vaccination a repris jeudi, ont annoncé les autorités sanitaires.

La télévision a diffusé des images montrant des centaines de personnes se pressant dans un grand hôpital de Dacca pour se faire vacciner.

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La première phase de la vaccination s'est brusquement interrompue quand l'Inde a, au début de l'année, cessé d'exporter des doses d'AstraZeneca afin de répondre à sa propre demande.

Le Bangladesh devrait recevoir ce week-end une première livraison des 2,5 millions de doses de Moderna promises par les États-Unis.

Selon un responsable de l'ambassade de Chine, Pékin va également envoyer les deux millions de doses de vaccins Sinopharm achetées par Dacca, qui viendront s'ajouter aux 1,1 million de doses déjà offertes par la Chine.

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