Immeuble effondré: Joe et Jill Biden en Floride pour apporter "du réconfort"

Chris STEIN avec Aurélia END à Washington

Un point sur les opérations de secours, une longue rencontre pour apporter du "réconfort" à des familles en proie à la plus douloureuse incertitude: Joe et Jill Biden sont arrivés jeudi en Floride, une semaine après l'effondrement d'un immeuble à Surfside.

Aucune information n'était disponible dans l'immédiat sur une éventuelle visite du couple présidentiel sur le site du drame, où les opérations de secours ont été suspendues à l'aube, en raison d'inquiétudes sur la sécurité du site.

Alors que le bilan officiel est de 18 personnes décédées et de 140 autres portées disparues, le président, qui a fait de son empathie un marqueur de son mandat, entend réserver le plus clair de son temps à des rencontres avec les équipes de sauvetage, puis avec les proches des victimes ou des personnes manquant à l'appel.

Son agenda prévoit trois heures d'entretien avec les familles. Sur une note plus politique, le président doit rencontrer jeudi le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, étoile montante de son parti dans cet Etat crucial lors des élections américaines.

Mais Joe Biden veut avant tout "apporter du réconfort" lors de cette visite, a déclaré Karine Jean-Pierre, sa porte-parole, aux journalistes présents à bord d'Air Force One.

Le président veut aussi envoyer un "message d'unité", en faisant valoir que l'Etat fédéral et les autorités locales ont joint leurs forces face au drame, a-t-elle ajouté, sans préciser si Joe Biden se rendrait sur le site même de la catastrophe, où les secouristes ont suspendu leurs opérations dans le monceau de gravats.

"Nous avons été forcés d'interrompre les opérations (...) à l'aube en raison d'inquiétudes" concernant la partie de l'immeuble encore debout après l'effondrement, a dit jeudi la maire du comté de Miami-Dade, Daniella Levine Cava, lors d'une conférence de presse.

Elle a assuré que la visite de Joe Biden n'aurait "aucun impact" sur la quête désespérée de survivants, qui reprendra dès que "la sécurité" des équipes de secours serait assurée.

La majeure partie de l'édifice de douze étages, baptisé Champlain Towers, s'est écroulée le 24 juin vers 01H20 du matin dans un nuage de poussière, l'une des plus graves catastrophes urbaines de l'histoire des Etats-Unis.

- L'improbable miracle -

Un seul adolescent a été extrait des décombres, au premières heures des opérations de secours. Depuis, chaque heure qui passe dissipe un peu plus l'espoir d'un miracle.

Parmi les personnes manquant à l'appel, des dizaines de Latino-Américains originaires d'Argentine, de Colombie, du Paraguay, du Chili et de l'Uruguay.

Leurs familles "sont dans le flou et ça va être l'une des périodes les plus dangereuses psychologiquement qu'une personne puisse traverser", déclare Raphael Poch, un thérapeute venu d'Israël avec une équipe de sauveteurs.

Si l'hypothèse d'un manquement dans l'entretien de l'immeuble a été évoquée, aucune réponse claire n'a été apportée, et les corps sont extraits des décombres au compte-gouttes, au fil de lentes et complexes recherches.

"On ne peut pas nier la situation actuelle: cela fait plus de six jours depuis l'effondrement et les chances de trouver des personnes vivantes sont minces", indiquait mercredi Elad Edri, commandant adjoint de l'équipe de secours israélienne qui prête main forte aux sauveteurs américains depuis dimanche.

Plus de 1.400 tonnes de béton ont déjà été fouillées, a précisé le gouverneur Ron DeSantis jeudi.

Un rapport portant sur l'état de l'immeuble notait dès 2018 des "dommages structurels majeurs", ainsi que des "fissures" dans le sous-sol du bâtiment, selon des documents publiés par la ville de Surfside.

La publication mardi d'une lettre datée d'avril de la présidente de l'assemblée des copropriétaires, s'alarmant de l'état de l'immeuble, a aussi alimenté le débat pour savoir si la catastrophe aurait pu être évitée.

© 2021 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.