Coulée de boue au Japon: lourdes incertitudes sur le bilan humain

Charly TRIBALLEAU avec Kyoko HASEGAWA à Tokyo
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Des recherches ont repris tôt lundi dans la ville côtière d'Atami (centre du Japon), théâtre d'une gigantesque coulée de boue mortelle, et l'incertitude régnait sur le sort de plus d'une centaine de personnes dont les autorités étaient toujours sans nouvelles.

Des soldats et des secouristes utilisaient des perches spéciales et des pelleteuses pour progresser au milieu de la boue et dégager des montagnes de débris.

La mort de trois personnes a été confirmée jusqu'à présent, mais il ne s'agit que d'un bilan très provisoire.

Une vingtaine de personnes sont officiellement portées disparues. Cependant, plus de 48 heures après le glissement de terrain, les responsables locaux peinaient toujours à déterminer le sort d'une centaine d'autres personnes qui étaient censées se trouver dans le secteur au moment de la catastrophe.

"Pour l'instant, nous avons confirmé que 102 personnes sont saines et sauves, tandis que nous continuons à vérifier la sécurité de 113 autres, sur les 215 résidents qui se trouvaient apparemment dans la zone touchée par le glissement de terrain", a déclaré lundi à l'AFP un responsable local, Yuki Sugiyama.

Lors d'une conférence de presse dimanche soir, le maire d'Atami, Sakae Saito, a expliqué que la vingtaine de personnes officiellement portées disparues était "un chiffre basé sur des informations envoyées à la localité au stade initial de la catastrophe", et donc susceptible d'évoluer.

Le Premier ministre japonais Yoshihide Suga a confirmé lundi que les autorités n'avaient pas encore déterminé le nombre de personnes portées disparues, l'accent étant mis sur la recherche de survivants.

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"Le gouvernement national, en collaboration avec les autorités municipales, va vérifier (combien) de personnes sont portées disparues", a déclaré M. Suga.

Les secouristes "font de leur mieux pour sauver autant de personnes que possible, le plus rapidement possible", a insisté le Premier ministre.

- Paysage de désolation -

Environ 130 maisons et autres bâtiments ont été détruits ou endommagés lorsque l'énorme coulée de boue a balayé une zone résidentielle d'Atami samedi en milieu de matinée, laissant un paysage de désolation avec des maisons éventrées, des voitures renversées et des amas de débris dans un immense bourbier.

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"Les recherches ont repris (lundi matin) à 06H05" (dimanche 21H05 GMT), a dit M. Sugiyama, précisant que des secouristes, des policiers et des soldats participaient à cet effort parfois perturbé par la pluie.

Atami, station balnéaire à flanc de montagne située à environ 90 km au sud-ouest de Tokyo, avait reçu vendredi et samedi 313 mm de pluie en 48 heures, alors qu'elle enregistre en moyenne chaque année 242 mm pour l'ensemble du mois de juillet.

De fortes précipitations devaient se poursuivre lundi dans le département de Shizuoka, où se trouve Atami, ainsi qu'à d'autres endroits du Japon, selon l'agence météorologique nationale, prévenant que d'autres glissements de terrain pourraient se produire.

Des consignes d'évacuation (non obligatoires) concernaient 35.700 personnes lundi dans le pays, essentiellement dans le département de Shizuoka.

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Une grande partie du Japon est actuellement en pleine saison des pluies, ce qui provoque souvent inondations et glissements de terrain.

Selon des scientifiques, le phénomène est accentué par le changement climatique car une atmosphère plus chaude retient davantage d'eau, accroissant le risque et l'intensité de précipitations extrêmes.

L'archipel nippon est de plus en plus confronté ces dernières années à des inondations record assorties de glissements de terrain, avec souvent un lourd bilan humain.

Début juillet 2018, de terribles crues dans l'ouest du Japon avaient ainsi causé plus de 200 morts. Deux ans plus tard à la même saison, des inondations record dans le sud-ouest du pays avaient fait plus de 80 morts et disparus.

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