Sous les confettis, les revendications: New-York célèbre ses "travailleurs essentiels"

Andréa BAMBINO
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Des confettis, des fanfares, mais aussi des revendications: des soignants aux livreurs et agents du métro, New York a honoré mercredi ces "héros" qui ont permis à la ville de tenir pendant la pandémie et espèrent désormais des gages de reconnaissance qui ne soient pas que symboliques.

Dans la tradition new-yorkaise, des centaines de "travailleurs essentiels" ont défilé sur Broadway, à la pointe sud de Manhattan, sur cette portion d'avenue rebaptisée "The Canyon of Heroes", où les ont précédés depuis le XIXè siècle soldats revenus du front, astronautes de retour d'une mission historique, chefs d'Etat ou champions sportifs.

Assise à l'arrière d'une limousine, c'est l'infirmière Sandra Lindsay, devenue mi-décembre la première personne vaccinée contre le coronavirus aux Etats-Unis, qui ouvrait le cortège.

Entre les fanfares et sous les vivats, malgré une forte chaleur, suivaient des groupes de médecins et de soignants, des livreurs, employés des transports en commun ou de banques alimentaires, etc...

Parmi les milliers de participants et de spectateurs, Sara Cavolo, habitante de Brooklyn, savoure ce moment.

"Nous avons traversé une période traumatisante, perdu des êtres chers, des amis, des collègues (...) Personne ne marchait dans la rue, tout ce qu'on entendait c'était le silence. C'est vraiment fort de revenir de tout ça. On y est arrivés, et c'est juste bon de célébrer", explique cette femme de 38 ans, qui travaille dans le marketing.

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La capitale économique et culturelle américaine a payé un lourd tribut à la pandémie, surtout durant la première vague du printemps 2020. Au total, plus de 33.000 personnes sont mortes du Covid-19 à New-York.

Résidant près d'un hôpital, Sara Cavolo se souvient encore de "ces camions, qui étaient en fait des morgues ambulantes. C'était très lourd".

- "Ils nous ont sauvé la vie" -

Dans une ville encore traumatisée, beaucoup veulent témoigner leur reconnaissance à tous ceux qui ont fait tourner cette ville de 8,5 millions d'habitants.

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"Ces travailleurs du quotidien, qui ne sont pas reconnus, ils nous ont littéralement sauvé la vie", lance une autre New-Yorkaise, Melinda Mlinac.

Comme d'autres, elle voudrait qu'on "parle de meilleurs salaires" pour ces professions.

"C'est un moment très joyeux (...) mais n'oublions jamais ces gens qui ont pris le métro quand c'était dangereux", dit-elle. "Les sociétés de livraison de repas, Amazon, toutes ces entreprises doivent les reconnaître et leur accorder des avantages."

Sous les confettis - répliques des "ticker tapes" que jetaient les opérateurs boursiers quand la parade passait par Wall Street - les pancartes de ceux qui défilaient reprenaient aussi les revendications des travailleurs essentiels.

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"Plus d'infirmières = meilleurs soins", disait une pancarte de soignants; "Protégez nos parcs", demandaient les agents des jardins publics, tandis que les agents du métro réclamaient une prime de risque.

Certaines catégories ont même appelé à boycotter le défilé: notamment les ambulanciers, qui réclament des hausses de salaires, ou les pompiers, qui jugent prématuré de faire la fête alors que le variant Delta progresse.

Pour Yomaris Pena, une responsable de l'ONG Somos, qui défilait comme médecin, les revendications de ces travailleurs essentiels sont justifiées.

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"Ce sont eux les vrais héros (...) Moi je suis médecin, j'ai signé, je savais que je devais le faire. Mais eux, certains ne pouvaient pas refuser d'aller travailler, les conducteurs de bus et de métro, ceux qui nettoyaient les hôpitaux (...) les infirmiers, les épiciers, on ne pense pas à eux", énumère-t-elle.

Pour elle, le défilé de mercredi était "nécessaire", "mais ce n'est pas assez. Ce n'est que le début de la reconnaissance qu'ils méritent pour ce qu'ils ont fait".

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