Euro: Londres prête à rugir avant l'alléchante finale Italie-Angleterre

Jérémy TALBOT et Frédéric HAPPE
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Londres retient son souffle avant la finale de l'Euro dimanche (21h00) à Wembley, stade mythique prêt à rugir pour ses héros anglais, avides de titre après 55 ans de disette, face à des Italiens très ambitieux et déterminés à jouer les trouble-fête.

Au "pays du football", l'excitation est à son comble, malgré le rebond de l'épidémie de Covid, et la sélection des "Three Lions" a pu s'en rendre compte dès samedi, escortée à la sortie de son camp de base par des fans en liesse, agitant leurs drapeaux et hurlant leurs encouragements.

"Voir les supporters dans la rue et l'accueil qu'ils nous ont réservé quand nous sommes arrivés à l'hôtel et quand nous avons quitté St George's Park, cela nous montre à quel point l'opportunité est énorme", a apprécié le capitaine Harry Kane, qui rêve de succéder au Portugal de Cristiano Ronaldo au palmarès.

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La presse anglaise est, sans surprise, déchaînée: "La fierté de l'Angleterre", titre le Sunday People sur sa Une où apparaissent le sélectionneur Gareth Southgate, ses joueurs et un lion rugissant.

Des écoles à travers le pays ont même annoncé qu'elles tolèreraient une arrivée plus tardive des enfants lundi, pour leur laisser le plaisir de voir le match.

En Italie, plus de retenue, même si la Gazzetta dello Sport demande à sa Nazionale "Faites-le", tandis que pour Il Messagero "L'Europe encourage l'Italie". Pour la Stampa, "l'Italie rêve", avec côte à côte le sélectionneur italien Roberto Mancini et Matteo Berrettini qui dispute dimanche à Londres la finale du tournoi de Wimbledon.

Dans un pays rattrapé par le variant Delta du coronavirus, les Anglais vivent une parenthèse sportive enchantée que certains espèrent prolonger dans la nuit londonienne, sans forcément se préoccuper des gestes barrières, malgré les mises en garde des autorités.

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"Je demande instamment aux gens de ne pas se rassembler en grand nombre", a martelé dans un communiqué le commissaire adjoint Laurence Taylor, de la police de Londres.

Selon des chiffres fournis dimanche par l'UEFA, il y aura 67.500 spectateurs pour cette finale, dont 7.500 supporters italiens et des personnalités comme le prince Williams, David Beckham, le légendaire attaquant anglais Geoff Hurst, l'acteur Tom Cruise et la mannequin Kate Moss.

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En Italie aussi, le bel Euro des "Azzurri" a fait ressurgir le doux parfum des "Nuits magiques", ces soirées du Mondial-1990 à domicile restées dans la mémoire collective.

Impossible de prédire sur quelles joues couleront les larmes de joie et de tristesse, tant l'issue du sommet apparaît incertaine.

- Wembley à l'accent anglais -

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En début de soirée, plus de 60.000 spectateurs prendront d'assaut Wembley, après s'être échauffé la voix sur les tubes "Football is Coming Home" ou "Sweet Caroline". Dans l'enceinte du nord-ouest de Londres, la grande majorité du public sera anglais, mais 10.000 "tifosi" sont attendus pour garnir le virage qui leur sera réservé en tribunes.

"Wembley peut faire peur à tout le monde, sauf à nous, les Italiens. Dans les difficultés, quand tout le monde est contre nous, nous sommes plus forts", a lancé le champion du monde 2006 Marco Materrazzi, en mode gladiateur dans la Gazzetta dello Sport.

Pourtant, il sera difficile de faire plus de bruit que la marée rouge et blanche de l'Angleterre, prête à chavirer pour une sélection sevrée de titre depuis le Mondial-1966 remporté contre l'Allemagne, déjà à Wembley.

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Gareth Southgate n'était pas né à l'époque et n'a donc jamais célébré le moindre titre anglais. Les "Three Lions" n'ont même jamais atteint de finale continentale et il est bien placé pour le savoir, après son tir au but raté en demi-finale de l'Euro-1996 à domicile.

Depuis la fin du premier tour, "on a eu l'opportunité d'écrire une page d'histoire à chaque match, a-t-il déclaré samedi. Les joueurs l'ont fait et on est impatients, c'est un match génial à préparer face à un adversaire brillant, techniquement très bon, très organisé".

- "Ca fait si longtemps" -

"Ca sera une nuit fantastique si l'Angleterre gagne, ça fait si longtemps", s'est extasié David Durant, retraité anglais de 74 ans, rencontré par l'AFP aux abords de Wembley plusieurs heures avant le coup d'envoi.

Redevenue séduisante après des années noires, l'Italie espère aussi garnir son armoire à trophées, quinze ans après son succès à la Coupe du monde de 2006 et neuf ans après l'échec en finale de l'Euro-2012.

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Mancini a remis les Azzurri sur les rails de la victoire, s'appuyant sur les expérimentés défenseurs Giorgio Chiellini et Leonardo Bonucci, le métronome Jorginho au milieu, l'ailier de la Juve Federico Chiesa et l'attaquant napolitain Lorenzo Insigne. Ils se présentent à Wembley avec une invincibilité s'étirant sur 33 matches.

En face, l'Angleterre devra sûrement se passer du jeune Phil Foden, incertain. Mais elle pourra compter sur la défense de fer incarnée par John Stones et Harry Maguire, son milieu accrocheur avec Kalvin Phillips et Mason Mount, son attaque redoutable avec Raheem Sterling et Kane.

Chiellini prévient: "Heureusement, c'est un sport d'équipe: l'important n'est pas que Bonucci ou Chiellini gagne contre Kane ou Sterling, mais que l'Italie gagne contre l'Angleterre". Les Anglais espèrent le résultat inverse, au bout d'une journée qui s'annonce comme une des plus longues et éprouvantes de leur existence.

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