L'Ouest américain tente de prévenir incendies et coupures de courant en pleine canicule

AFP

L'Ouest des Etats-Unis et du Canada étouffait encore lundi, en pleine vague de chaleur persistante qui a vu les feux de forêt se multiplier et a poussé les autorités à demander aux habitants de limiter leur consommation électrique.

Cette nouvelle vague de chaleur intervient moins de trois semaines après celle subie fin juin, qui avait vu des records de chaleur trois jours d'affilée en Colombie-Britannique, une province du Canada. Le nombre de décès provoqués par cette première vague n'est pas encore connu, mais est évalué à plusieurs centaines.

Les températures attendues en début de semaine dans le sud de la Californie devraient approcher les 40°C après des pointes jusqu'à 52-54°C durant le week-end dans la Vallée de la Mort.

Jusqu'à 30 millions de personnes ont été concernées samedi et dimanche par des alertes à la chaleur, sur la majeure partie de la façade Pacifique et à l'intérieur des terres jusqu'aux Rocheuses, selon le service météorologique national américain (NWS).

"Des alertes pour chaleur excessive restent effectives pour une majorité de lieux dans la région jusqu'à mardi", a averti le NWS, qui prévient que des records de température pourraient de nouveau être battus localement lundi.

Le "rafraîchissement relatif" de lundi, qui devrait se poursuivre mardi, "ne sera qu'un modeste soulagement pour les zones qui connaissent sur la durée des températures oppressantes et au-dessus des normales", préviennent les services météorologiques.

Les autorités californiennes demandaient donc lundi aux habitants de la partie sud de cet Etat américain de rationner volontairement l'électricité afin d'éviter les coupures de courant.

Et le risque d'incendie reste important, souligne le NWS: les taux d'humidité très faibles dans les zones montagneuses et à l'intérieur des terres, associés à la possibilité d'un vent en rafales attendu dans l'après-midi, pourraient attiser les départs de feux de forêts.

- Multiplications des feux de forêt -

Dans le Nord de la Californie, un incendie continuait de progresser dimanche soir, attisé par la chaleur et des vents croissants. Les autorités ont fait état de destructions de maisons dans plusieurs villes et demandé aux habitants de ne pas s'en approcher.

Un foyer dans l'Oregon a plus que triplé entre vendredi et dimanche, dépassant les 40 hectares, selon le service des forêts.

Au Canada voisin, le nombre de feux de forêt continuait d'augmenter en Colombie-Britannique et dépassait les 300 dimanche soir, selon les autorités.

"Les conditions météorologiques sans précédent en Colombie-Britannique continuent de poser une menace sérieuse à la sécurité publique et aux opérations ferroviaires", a déclaré dimanche le ministre canadien des transports, Omar Alghabra, dans un communiqué.

Il a annoncé des mesures pour ralentir ou limiter les trains dans ces zones. Jusqu'au 31 octobre, aucune locomotive ne devra y circuler sans avoir été inspectée au cours des 15 jours précédents. Les trains sont une cause fréquente d'incendies de forêt, notamment si leurs dispositifs contre les étincelles ne sont pas correctement entretenus.

Plusieurs routes et autoroutes de Colombie-Britannique ont en outre été fermées, le risque d'incendies étant estimé "extrême". Des ordres d'évacuation ont été donnés dans une dizaine de localités.

- Changement climatique -

La vague de chaleur de juin aurait été "presque impossible" sans le réchauffement climatique causé par les humains, ont conclu la semaine passée des chercheurs du World Weather Attribution, une initiative regroupant des experts de divers instituts de recherche dans le monde.

Ils ont estimé que le changement climatique avait rendu cet événement au minimum 150 fois plus susceptible de se produire.

En juin, le Canada a battu plusieurs fois son record absolu de température, qui s'est finalement établi à 49,6°C à Lytton, le 30 juin.

Les Etats américains de Washington et de l'Oregon se sont également retrouvés sous ce "dôme de chaleur", provoqué par de fortes pressions emprisonnant l'air chaud. Ce phénomène climatique n'était pas inédit en soi, mais bien plus puissant que constaté jusqu'ici.

Le mois de juin 2021 a été le plus chaud pour l'Amérique du Nord depuis le début des mesures, selon le service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S).

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