Barrages routiers, coupons alimentaires: la flambée de coronavirus replonge Hanoï 40 ans en arrière

AFP

Barrages routiers, coupons alimentaires, restrictions en tout genre: la flambée de coronavirus rappelle à la vieille génération de Hanoï certaines des pages sombres de l'histoire du Vietnam.

La capitale est confinée depuis près d'une semaine. Ses huit millions d'habitants ont reçu l'ordre de rester chez eux, sauf motif particulier, et doivent garder une distance d'au moins deux mètres à l'extérieur afin de tenter d'endiguer la vague épidémique qui frappe le pays.

Des centaines de points de contrôle ont été déployés dans la ville pour vérifier les motifs de déplacement. "Cela me rappelle ceux qui existaient à l'époque coloniale", relève à l'AFP Tran Van Toan, 70 ans.

Afin d'éviter les rassemblements trop importants, des coupons alimentaires sont distribués, permettant de faire ses courses uniquement dans un marché voisin de son domicile et un jour précis.

"C'est un peu le même que celui que nous avions lorsque l'économie était subventionnée", de la fin de la guerre du Vietnam en 1975 au début des réformes économiques de 1986, souligne Vo Thi Chien, 50 ans.

Le pays manque alors de tout et distribue des tickets de rationnement pour le riz, la viande, les légumes et autres produits de première nécessité.

Aujourd'hui, ces coupons sont "une bonne idée pour aider à maintenir la distance sociale (...) mais je ne peux plus aller au marché quand je veux", déplore Do Thi Lan Anh, après avoir acheté suffisamment de tofu, et de bœuf pour nourrir sa famille pendant plusieurs jours.

"On souhaite juste que cette crise se termine rapidement afin que notre vie puisse revenir à la normale", ajoute l'enseignante en maternelle alors que les écoles sont fermées depuis mai.

Les habitants respectent majoritairement les règles, mais, aux heures de pointe, des files de véhicules sont toujours visibles dans les rues.

De nombreux bureaux et entreprises "délivrent des justificatifs de déplacement à leur personnel et ne respectent pas les recommandations concernant le travail en ligne", soupire Phan Thi Hai Yen, une fonctionnaire déployée à un poste de contrôle.

A cause de cela, "le risque de propagation du Covid-19 reste toujours élevé".

Ces derniers jours, plusieurs milliers d'habitants de la capitale ont écopé d'une amende pour être sortis sans autorisation, sans masque ou s'être regroupés, d'après les données fournies par les autorités.

Le Vietnam, qui avait réussi à passer le cap de 2020 avec un faible nombre de cas, se retrouve aujourd'hui vulnérable - comme plusieurs de ses voisins - en raison de la lenteur de la campagne vaccinale.

Seules 5,3 millions de doses ont été administrées sur 100 millions d'habitants.

Plus d'un tiers de la population est soumise à des restrictions de déplacement.

Les habitants d'Hô Chi Minh-Ville, poumon économique du pays, particulièrement frappé par l'épidémie, sont confinés depuis début juillet et soumis à un couvre-feu.

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