Iran: le président ultraconservateur Raïssi va prêter serment devant le Parlement

AFP
<p>Le président élu de l'Iran, Ebrahim Raïssi, est photographié lors de sa première conférence de presse à Téhéran le 21 juin 2021</p>

Le nouveau président iranien, le religieux et ultraconservateur Ebrahim Raïssi, va prêter serment jeudi devant le Parlement et tenter pendant son mandat de quatre ans de redresser une économie minée par les sanctions américaines et la crise sanitaire.

Vainqueur de la présidentielle de juin marquée par une abstention record, M. Raïssi a succédé au modéré Hassan Rohani, qui avait conclu en 2015 un accord sur le nucléaire iranien avec les grandes puissances, après des années de tensions.

<p>Portrait du nouveau président de l'Iran Ebrahim Raïssi</p>

Ancien chef de l'Autorité judiciaire, M. Raïssi a pris ses fonctions mardi, après l'approbation de son élection par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

"Nous chercherons certainement à obtenir la levée des sanctions oppressives, mais nous ne lierons pas les conditions de vie de la nation à la volonté des étrangers", a prévenu le nouveau président dans son discours d'investiture.

M. Raïssi faisait allusion aux sanctions punitives imposées à Téhéran par Washington après le retrait des Etats-Unis, en 2018 sous la présidence de Donald Trump, de l'accord sur le nucléaire iranien, qui ont plongé le pays dans une violente crise économique et sociale.

Son nouveau gouvernement cherchera à lever les sanctions "oppressives", mais "ne liera pas le niveau de vie de la nation à la volonté des étrangers", a-t-il ajouté.

Sa prise de fonction intervient aussi au moment où les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël ont adressé des avertissements à l'Iran au sujet de l'attaque meurtrière d'un pétrolier la semaine dernière au large d'Oman, dont Téhéran nie la responsabilité.

- "De multiples épreuves" -

Le chef de l'Etat doit prêter serment à 17H00 (12H30 GMT) devant le Parlement et présenter ses candidats à des postes ministériels, selon les médias locaux, sans attendre le délai de deux semaines établi par la loi iranienne.

La circulation sera limitée dans les rues autour du Parlement et les vols seront suspendus pendant deux heures et demie à Téhéran et dans les provinces adjacentes d'Alborz et de Qazvin, a indiqué la télévision d'Etat.

Plusieurs responsables et représentants étrangers sont arrivés jeudi à Téhéran pour participer à la prestation de serment, notamment les présidents d'Irak et d'Afghanistan, les chefs du Parlement de la Russie, de la Syrie et de l'Afrique du Sud, selon l'agence de presse officielle iranienne.

Des représentants de l'Union européenne, dont Enrique Mora, diplomate de l'UE qui chapeaute les discussions sur le nucléaire iranien à Vienne, sont également arrivés à Téhéran.

"Nous estimons que la situation économique n'est pas favorable pour le peuple, à la fois en raison de l'inimitié des ennemis et en raison des lacunes et des problèmes à l'intérieur du pays", a reconnu M. Raïssi après sa prise de fonction.

Le nouveau chef de l’exécutif a présidé mercredi une réunion avec les responsables de lutte contre le virus, et une autre en présence des ministres de l'ancien gouvernement, selon le site de la présidence iranienne.

Au lendemain de son intronisation, la photo de M. Raïssi figurait à la une de la quasi-totalité des journaux iraniens.

<p>Le président élu de l'Iran, Ebrahim Raïssi, prononce un discours au sanctuaire de l'Imam Reza dans la ville de Mashhad, dans le nord-est de l'Iran, le 22 juin 2021</p>

Au cours de son mandat, M. Raïssi sera "confronté à de multiples épreuves en raison du nombre élevé de problèmes" notamment "une inflation sans précédent", "les prix vertigineux du logement", la "récession" et la "corruption", a égrené l'éditorialiste du journal ultraconservateur Kayhan.

De son côté, le journal réformateur Sharq a émis l'espoir que "les jeux politiques laissent la place à de saines rivalités intellectuelles" et que "des voix diverses" soient audibles au sein du nouveau gouvernement.

<p>Des partisans du président élu de l'Iran, Ebrahim Raïssi, applaudissent au sanctuaire de l'Imam Reza dans la ville de Mashhad, dans le nord-est de l'Iran, le 22 juin 2021</p>

Pour le quotidien ultraconservateur Javan, "la satisfaction de besoins importants tels que l'eau et l'électricité, les produits de base et la vaccination" de la population iranienne figurent parmi les problèmes à résoudre "à court terme".

L'Iran peine à freiner la crise du Covid-19 qui frappe de plein fouet le pays de 83 millions d'habitants, Etat du Proche et du Moyen-Orient le plus touché par la pandémie. Le seuil symbolique de quatre millions de contaminations a été franchi mercredi avec près de 40.000 cas en 24h, nouveau record pour la troisième journée d'affilée.

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