Les opposants au pass sanitaire manifestent à travers la France pour le 4e week-end consécutif

Romain FONSEGRIVES et les bureaux de l'AFP en France
<p>Début d'une manifestation contre le pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants le 7 août 2021 près du Pont de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine, près de Paris</p>

De Toulon à Lille, des Français manifestent samedi pour le quatrième week-end consécutif contre l'extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour les soignants, validés jeudi par le Conseil constitutionnel.

Le ministère de l'Intérieur avait recensé au moins 204.000 manifestants le 31 juillet. "On attend globalement le même nombre de manifestants" ce samedi, a pronostiqué une source policière, des rassemblements étant prévus dans plus de 150 villes.

Près de 66% de la population a reçu au moins une dose de vaccin. Les rassemblements ont lieu au lendemain d'un nouvel appel pressant lancé par Emmanuel Macron aux Français: "Faites-vous vacciner".

"Macron, ton pass, on n'en veut pas", "Macron, ta gueule, on n'en veut plus" : à Paris, des slogans hostiles au président ont résonné dans un cortège d'au moins un millier de manifestants, dont de nombreux "gilets jaunes". Parti des Hauts-de-Seine, ce défilé est très encadré par les gendarmes mobiles.

Venu masqué, Alexandre Fourez, 34 ans, assure manifester "pour la première fois", lui qui a déjà eu le Covid. "Le problème avec le pass sanitaire, c'est qu'on nous force la main", dit cet employé dans le marketing, qui a "vraiment du mal à croire que son application va être provisoire".

<p>Manifestation contre le pass sanitaire à Neuilly-sur-Seine, le 7 août 2021</p>

Une bonne part des manifestants, parfois vaccinés, contestent l'imposition du pass qui constitue selon eux une "obligation vaccinale déguisée". Ils jugent la contrainte disproportionnée et s'inquiètent notamment qu'un employeur puisse avoir le pouvoir de suspendre le contrat de travail d’un employé dépourvu de pass en règle.

D'autres manifestants disent, eux, refuser d'être "les cobayes" des nouveaux vaccins, telle Martine Rodriguez, 74 ans, professeur de yoga retraitée et "gilet jaune", "pas contre les vaccins" auparavant, mais persuadée que "le Covid a été créé pour éliminer des gens parce qu'on est trop sur Terre, et permettre aux labos pharmaceutiques de faire du fric".

"Pas nécessairement anti-vaccin", Stéphane, 50 ans, manifeste avec sa femme et ses deux enfants adolescents. "Ça me dérange qu'on oblige à faire ce vaccin et ça me fait peur pour mes enfants", dit ce salarié dans l'informatique, qui redoute d'éventuels effets secondaires encore inconnus. La famille, qui va partir en vacances, prévoit de "se limiter aux sorties en extérieur".

La loi qui élargit le pass sanitaire à de nouveaux lieux publics et instaure une obligation vaccinale pour les soignants a été publiée au Journal officiel vendredi.

A partir de lundi, il faudra présenter un certificat de vaccination, un test PCR négatif au Covid-19 ou un certificat de rétablissement de la maladie pour avoir accès aux cafés et aux restaurants, salles de spectacles ou salons professionnels, ou encore pour faire un long trajet à bord d'un avion, train ou autocar.

Les autorités font valoir que le nombre des hospitalisations en soins critiques continue d'augmenter et que les décès quotidiens liés au Covid-19 dans les hôpitaux repartent à la hausse. La situation se dégrade en particulier dans les Antilles, et notamment en Guadeloupe, confinée depuis mercredi.

- Périmètre à Lyon -

<p>Début d'une manifestation contre le pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants le 7 août 2021 près du Pont de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine, près de Paris</p>

A Paris, un rassemblement a débuté place de l'Ecole militaire, à l'appel de Florian Philippot, ancien numéro 2 du FN (devenu RN) et président des Patriotes.

Suzanne Petit, 65 ans, retraitée qui dit multiplier les petits boulots pour "joindre les deux bouts" et qui a toujours milité au FN, y a dit à l'AFP : "J'observe les mesures barrières, je porte le masque et j'ai peur de cette maladie, mais encore plus du vaccin".

Comme la semaine dernière, l'affluence devrait être particulièrement forte dans le Sud, notamment à Toulon, Montpellier et Nice. A Marseille, une manifestation, déclarée en partie seulement, est prévue dans l'après-midi à l'appel de SUD et de sapeurs-pompiers.

<p>Manifestation à Nantes contre le pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants le 31 juillet 2021</p>

Dans la moitié nord, des manifestations sont prévues notamment à Lille, Reims ou Dunkerque.

Plus d'une centaine de personnes, dont de nombreux commerçants, ont manifesté dans le centre de Cambrai (Nord) où des commerces étaient fermés pour protester contre le contrôle du pass sanitaire.

"Nous ne sommes pas anti-pass sanitaire, mais contre son contrôle qui va être long, compliqué et pourrait créer des tensions", a dit Morgan Sedrue, 36 ans, gérant d'un bar, qui portait un tee-shirt "Balance ton QR". "Les gens qui n’ont pas leur QR code valide vont se dire : +ça ne sert à rien que je vienne manger un morceau ou boire un verre+. La clientèle va être divisée par deux", estime-t-il.

<p>A la fin d'une manifestation contre le pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants le 31 juillet 2021 à Paris</p>

La semaine dernière, les manifestations avaient parfois été émaillées de face-à-face tendus avec les forces de l'ordre et ponctuées d'invectives, voire d'injures envers les médias. A Montpellier, des manifestants s'en étaient pris à un pharmacien qui effectuait des dépistages du Covid-19, certains le traitant de "collabo" et d'"assassin".

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