Les opposants au pass sanitaire manifestent à travers la France pour le 4e week-end consécutif

Romain ALLIMANT et les bureaux de l'AFP en France
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De Toulon à Lille, des manifestations sont prévues samedi dans plus de 150 villes en France contre l'extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour les soignants, validés jeudi par le Conseil constitutionnel.

Le ministère de l'Intérieur avait recensé au moins 204.000 manifestants le 31 juillet. "On attend globalement le même nombre de manifestants" ce samedi, pronostique une source policière.

Ces défilés, pour le quatrième week-end consécutif, ont lieu au lendemain d'un nouvel appel pressant lancé par Emmanuel Macron - "faites-vous vacciner" - et alors que près de 66% de la population a reçu au moins une dose.

"Non au pass sanitaire", "liberté", clament des pancartes dans un premier rassemblement de plusieurs centaines de manifestants qui a débuté en fin de matinée, sous une forte pluie, au métro Pont de Neuilly (Hauts-de-Seine), pour un départ ensuite vers le centre de Paris.

Venu masqué, Alexandre Fourez, 34 ans, assure manifester "pour la première fois", lui qui a déjà eu le Covid. "Le problème avec le pass sanitaire, c'est qu'on nous force la main", dit cet employé dans le marketing, qui a "vraiment du mal à croire que son application va être provisoire".

Une bonne part des manifestants des derniers samedis, parfois vaccinés, ont manifesté spécifiquement contre l'imposition du pass qui constitue selon eux une "obligation vaccinale déguisée". Ils jugent disproportionnée la contrainte exercée par l'Etat et s’inquiètent, par exemple, qu'un employeur puisse avoir le pouvoir de suspendre le contrat de travail d’un employé dépourvu de pass en règle.

Nombre de manifestants disent refuser d'être "les cobayes" des nouveaux vaccins, telle Martine Rodriguez, 74 ans, professeur de yoga retraitée, "gilet jaune" de la première heure et "pas contre les vaccins" auparavant. "On nous prive de nos libertés, on ne peut même plus aller au restaurant", dit-elle, sous son masque en tissu, persuadée que "le Covid a été créé pour éliminer des gens parce qu'on est trop sur Terre, et pour permettre aux labos pharmaceutiques de faire du fric".

La loi qui élargit le pass sanitaire à de nouveaux lieux publics et instaure une obligation vaccinale pour les soignants a été publiée au Journal officiel vendredi. A partir de lundi, il faudra a priori présenter un certificat de vaccination, un test PCR négatif au Covid-19 ou un certificat de rétablissement de la maladie pour avoir accès aux cafés et aux restaurants, salles de spectacles ou salons professionnels, ou encore pour faire un long trajet à bord d'un avion, train ou autocar.

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Les autorités font valoir que le nombre des hospitalisations en soins critiques continue d'augmenter et que les décès quotidiens liés au Covid-19 dans les hôpitaux repartent à la hausse (60 dans les dernières 24 heures). La situation se dégrade en particulier dans les Antilles, et notamment en Guadeloupe, confinée depuis mercredi.

-Périmètre à Lyon -

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Quatre rassemblements sont prévus à Paris, où la préfecture de police dit attendre 10.000 manifestants. L'un d'eux a lieu à l'appel de Florian Philippot, ancien numéro 2 du FN (devenu RN) et président des Patriotes, à 14H30 devant l’École militaire (VIIe). Le député Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), qui se joindra à ce rassemblement, a rejeté sur Cnews "une société du contrôle de tous par tous", et critiqué le dispositif du pass sanitaire comme "un système bureaucratique, une usine à gaz incompréhensible, compliquée, inapplicable".

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Comme la semaine dernière, l'affluence devrait être particulièrement forte dans le Sud, notamment à Toulon, Montpellier et Nice. A Marseille, une manifestation, déclarée en partie seulement, s'élancera à 14H00 du Vieux-Port à l'appel de SUD et de sapeurs-pompiers.

A Lyon, la préfecture a établi un périmètre d’interdiction de manifestation dans l'hypercentre de Lyon de 12H00 à 21H00 "en raison des violences survenues ces dernières semaines en marge des rassemblements revendicatifs illégaux".

Au nord du pays, des manifestations sont prévues notamment à Lille, Abbeville, Reims ou Dunkerque.

A Saint-Brieuc, la contestation se divise en deux rassemblement, l'un à l'appel d'organisations et de partis de gauche (Attac, Confédération paysanne, EELV, LFI) ainsi que de "gilets jaunes" locaux, l'autre organisé par le mouvement de M. Philippot et d'autres formations de droite radicales.

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A Toulouse - où les locaux de l'Ordre des infirmiers ont été vandalisés cette semaine avec notamment des tags anti-pass sanitaire - les manifestants protesteront également contre les réforme de l'assurance chômage et des retraites.

La semaine dernière, les manifestations avaient parfois été émaillées de face-à-face tendus avec les forces de l'ordre et ponctuées d'invectives voire d'injures envers les médias. A Montpellier, des manifestants s'en étaient pris à un pharmacien qui effectuait des dépistages du Covid-19, certains le traitant de "collabo" et d'"assassin".

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