Nicaragua: le principal parti d'opposition mis hors jeu avant la présidentielle

AFP
<p>Des opposants devant le bâtiment du Conseil suprême électoral le 12 mai 2021</p>

La principale formation d'opposition a été mise hors jeu vendredi au Nicaragua, où le président Daniel Ortega, qui brigue un quatrième mandat consécutif, est accusé de faire table rase de ses concurrents à l'approche de la présidentielle du 7 novembre.

"La personnalité juridique du parti politique Citoyens pour la Liberté (CxL) a été annulée”, selon une résolution du Conseil Suprême Electoral (CSE) lue par le secrétaire du tribunal électoral Luis Luna.

Le président Ortega, un ancien guérillero sandiniste de 75 ans, et son épouse et vice-présidente Rosario Murillo, 70 ans, n'ont désormais face à eux aucun candidat sérieux pour le scrutin du 7 novembre, cette annonce s'ajoutant à l'arrestation des sept candidats potentiels les plus sérieux pour la présidentielle.

L'élimination du CxL de la course électorale intervient quelques heures après une demande en ce sens du Parti Libéral Constitutionnaliste (PLC, droite), accusé de complaisance envers le pouvoir.

- Double citoyenneté -

<p>la présidente du parti d'opposition CxL Kitty Monterrey lors d'une conférence de presse à Managua le 6 juillet 2021 suite à l'arrestation de deux responsables de son parti</p>

Le PLC a argué du fait que le parti CxL a "comme présidente la citoyenne Carmella Rogers Amburn, qui a la double nationalité (américaine et nicaraguayenne) en violation notoire de la loi". Elle est plus connue en politique sous le nom de Kitty Monterrey.

En conséquence, selon le PLC, le CSE devait "déclarer la nullité de tous les actes du parti CxL".

Le parti CxL avait déjà été privé cette semaine de sa candidate à la vice-présidente, la Miss Nicaragua 2017 Berenice Quezada. La maison de celle-ci avait été cernée mardi par la police après qu'un groupe de partisans du gouvernement du président Ortega l'a accusée d'avoir lancé un "appel implicite à la violence, à la haine". Elle est depuis assignée à résidence.

CxL avait désigné fin juillet Oscar Sobalvarro, un ancien contre-révolutionnaire de 68 ans, et Berenice Quezada, une ancienne reine de beauté sans expérience politique comme candidats respectivement à la présidence et à la vice-présidence.

Selon le calendrier électoral, le Conseil suprême électoral a jusqu'au 9 août pour valider les candidatures pour le scrutin présidentiel.

Deux autres partis politiques d'opposition ont été auparavant disqualifiés au cours des derniers mois par le CSE : le Parti Conservateur et le Parti pour la Restauration démocratique.

- Ortega à l'unanimité -

<p>Le président Daniel Ortega le 8 novembre 2006 avec sa femme Rosario Murillo</p>

Sans surprise, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN, parti au pouvoir) a approuvé lundi à l'unanimité la candidature de Daniel Ortega, 75 ans. Son épouse Rosario Murillo a également été désignée comme candidate à un deuxième mandat à la vice-présidence de ce pays de 6,5 millions d'habitants.

Cristiana Chamorro, rivale la plus crédible du couple présidentiel, a été la première à être placée en détention. Elle est la fille de Violeta Chamorro, qui avait vaincu Daniel Ortega dans les urnes en 1990.

L'Union européenne a sanctionné lundi Rosario Murillo ainsi qu'un fils de M. Ortega et six autres dignitaires du régime pour leur responsabilité dans les "graves violations des droits de l'homme" commises dans ce pays d'Amérique centrale. Ils sont à présent 14 au total à être interdits de séjour et de transit et dont les avoirs dans l'UE sont gelés.

Et vendredi, les Etats-Unis ont gelé les visas de 50 proches de responsables nicaraguayens liés au gouvernement Ortega.

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