Bélarus: Loukachenko droit dans ses bottes après un an de répression et des sanctions

Antoine LAMBROSCHINI
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Le président bélarusse s'est montré lundi implacable à l'égard de ses détracteurs, niant toute répression dans son pays, au moment où Washington a dévoilé une nouvelle volée de sanctions contre Minsk.

Un an jour pour jour après sa réélection décriée, Alexandre Loukachenko a aussi démenti toute implication dans la mort suspecte d'un opposant réfugié en Ukraine et accusé une sprinteuse bélarusse d'avoir été "téléguidée" par Varsovie, après qu'elle a affirmé avoir été victime d'une tentative de rapatriement forcé des Jeux olympiques de Tokyo.

Lors d'une rencontre télévisée avec la presse et des dignitaires du régime, il a jugé, dans des propos décousus, que l'année n'avait "pas été facile" et accusé une fois de plus ses opposants d'avoir voulu fomenter un "coup d'Etat".

"Nous avons gagné. Mais on ne peut pas se relaxer", a-t-il lancé.

L'échange, qui a commencé à 11H00 (08H00 GMT), a duré environ huit heures.

- Sanctions occidentales -

Interrogé sur les arrestations massives et les liquidations de médias ou d'ONG, M. Loukachenko a récusé le terme de répression.

"Il n'y a pas et il n'y aura jamais de répression dans mon pays (...) Je n'en ai pas besoin", a-t-il dit, accusant l'opposition d'être les agents des "services spéciaux américains".

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Pour leur part, les Etats-Unis ont dévoilé lundi une volée de sanctions contre des personnalités, entreprises et entités du Bélarus. "Les actions du régime de Loukachenko sont une tentative illégale de garder le pouvoir à tout prix", a déclaré le président américain, Joe Biden.

Le Royaume-Uni a également durci lundi ses sanctions contre le Bélarus, visant notamment les industries clés des produits pétroliers et des engrais, "en réaction aux atteintes répétées à la démocratie et aux droits humains" de la part du régime bélarusse.

Le Canada a aussi annoncé de nouvelles sanctions visant les principaux secteurs de l'économie bélarusse, "en solidarité" avec ses partenaires internationaux.

La campagne électorale de 2020 avait vu une mobilisation inattendue de foules de Bélarusses autour d'une candidate surprise, Svetlana Tikhanovskaïa, qui avait remplacé au pied levé son mari incarcéré, puis réuni tous les courants de l'opposition derrière elle, le pouvoir ayant exclu tous les autres rivaux du président bélarusse.

Mais à l'issue du scrutin du 9 août, Alexandre Loukachenko avait été proclamé vainqueur avec plus de 80% des voix. Ce résultat a déclenché un mouvement de contestation historique dans cette ex-république soviétique, dirigée d'une main de fer par son autoritaire président depuis 1994.

Mme Tikhanovskaïa a été contrainte à l'exil, devenant la représentante des siens à l'étranger. Elle est reçue par tous les dirigeants occidentaux, notamment en juillet dernier par le président américain.

Lundi, elle a jugé que le régime bélarusse était devenu "terroriste" et prévenu depuis la Lituanie: "Nous n'arrêterons pas (...) Nous poursuivrons le combat pour nous nous libérer de la peur qui étreint notre pays".

Le pouvoir en place à Minsk n'a, lui, jamais cherché le dialogue avec ses détracteurs.

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En 2021, alors que l'Union européenne et les Etats-Unis multipliaient les sanctions contre le régime, la répression s'est étendue aux médias et ONG.

Minsk est aussi accusé d'avoir détourné un vol commercial en mai pour arrêter un opposant, si bien que les principales compagnies aériennes contournent son espace aérien.

- "Arrêter d'avoir peur" -

Répondant à des questions sur deux récents scandales - la mort suspecte par pendaison de l'opposant Vitali Chychov en Ukraine la semaine dernière et l'affaire de l'athlète olympique Krystsina Tsimanouskaya -, M. Loukachenko a rejeté les soupçons pesant sur son régime.

"Chychov, mais c'est qui pour moi ou pour le Bélarus? (...) C'est personne pour nous, qui serait allé le pendre?", a-t-il lancé. Quant à la sprinteuse, qui se disait menacée après avoir critiqué ses autorités sportives et s'est réfugiée en Pologne, "elle a été téléguidée par ses potes polonais".

De son côté, la sprinteuse a affirmé vouloir voir chaque citoyen bélarusse "être capable de mener une vie normale et arrêter d'avoir peur", dans une interview à l'AFP.

Soutenu par la Russie, Alexandre Loukachenko n'a eu cesse de qualifier ses détracteurs de suppôts de l'Occident, qui, selon lui, veut renverser son régime pour pouvoir s'en prendre à Moscou et au président russe Vladimir Poutine.

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"Nous ne nous mettrons jamais à genoux!", a-t-il dit lundi, en conseillant aux Occidentaux de "se calmer".

"Vous risquez de déclencher la Troisième guerre mondiale!", a prévenu M. Loukachenko. "C'est à cela que vous cherchez à nous pousser, nous et les Russes?".

A Minsk, une chape de plomb s'est abattue sur les critiques du pouvoir. A force de répression, il n'y a plus de manifestations, alors qu'elles rassemblaient il y a moins d'un an des dizaines de milliers de personnes.

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Pour marquer le premier anniversaire de la contestation anti-Loukachenko, les rassemblements de Bélarusses se font donc à l'étranger, en Pologne et en Ukraine, où nombre de dissidents se sont réfugiés.

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