Bélarus: Loukachenko droit dans ses bottes après un an de répression et des sanctions

Antoine LAMBROSCHINI
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Le président bélarusse s'est montré lundi implacable à l'égard de ses détracteurs, niant toute répression dans son pays, au moment où Washington doit dévoiler une nouvelle volée de sanctions contre Minsk.

Un an jour pour jour après sa réélection décriée, Alexandre Loukachenko a aussi démenti toute implication dans la mort suspecte d'un opposant réfugié en Ukraine et accusé une sprinteuse bélarusse d'avoir été "téléguidée" par Varsovie après qu'elle a affirmé avoir été victime d'une tentative de rapatriement forcé des Jeux olympiques de Tokyo.

Lors d'une rencontre télévisée avec la presse et des dignitaires du régime, il a jugé, dans des propos très décousus, que l'année n'avait "pas été facile" et accusé une fois de plus ses opposants d'avoir voulu fomenter un "coup d'Etat".

L'échange, qui a commencé à 11H00 (08H00 GMT), était toujours en cours six heures plus tard.

- Sanctions américaines -

Interrogé sur les arrestations massives et les liquidations de médias ou d'ONG, M. Loukachenko a récusé le terme de répression.

"Il n'y a pas et il n'y aura jamais de répression dans mon pays (...) Je n'en ai pas besoin", a-t-il dit, accusant l'opposition d'être les agents des "services spéciaux américains".

Pour leur part, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient dévoiler lundi une volée de sanctions contre des personnalités, entreprises et entités du Bélarus, faisant monter la pression sur le régime de M. Loukachenko, accusé par Washington de "violations continues des libertés démocratiques, des droits humains et des règles internationales".

La campagne électorale de 2020 avait vu une mobilisation inattendue de foules de Bélarusses autour d'une candidate surprise, Svetlana Tikhanovskaïa, qui avait remplacé au pied levé son mari incarcéré, puis réuni tous les courants de l'opposition derrière elle, le pouvoir ayant exclu tous les autres rivaux du président bélarusse.

Mais à l'issue du scrutin du 9 août, Alexandre Loukachenko est proclamé vainqueur avec plus de 80% des voix. Ce résultat déclenche un mouvement de contestation d'ampleur historique dans cette ex-république soviétique, dirigée d'une main de fer par son autoritaire président depuis 1994.

Mme Tikhanovskaïa a été contrainte à l'exil, devenant la représentante des siens à l'étranger. Elle est reçue par tous les dirigeants occidentaux, notamment en juillet dernier par le président américain Joe Biden.

Lundi, elle a jugé que le régime bélarusse était devenu "terroriste".

Le pouvoir en place à Minsk n'a, lui, jamais cherché le dialogue avec ses détracteurs.

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En 2021, alors que l'Union européenne et les Etats-Unis multipliaient les sanctions contre le régime, la répression s'est étendue aux médias et ONG.

Minsk est aussi accusé d'avoir détourné un vol commercial en mai pour arrêter un opposant, si bien que les principales compagnies aériennes contournent son espace aérien.

- "Troisième guerre mondiale?" -

Répondant à des questions sur deux récents scandales - la mort suspecte par pendaison de l'opposant Vitali Chychov en Ukraine la semaine dernière et l'affaire de l'athlète olympique Krystsina Tsimanouskaya -, M. Loukachenko a rejeté les soupçons pesant sur son régime.

"Chychov, mais c'est qui pour moi ou pour le Bélarus? (...) C'est personne pour nous, qui serait allé le pendre?", a-t-il lancé. Quant à la sprinteuse, qui se disait menacée après avoir critiqué ses autorités sportives, "elle a été téléguidée par ses potes polonais".

Alexandre Loukachenko n'a eu cesse de qualifier ses détracteurs de suppôts de l'Occident, qui, selon lui, veut renverser son régime pour pouvoir s'en prendre à Moscou et au président russe Vladimir Poutine.

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"Nous ne nous mettrons jamais à genoux!", a-t-il dit lundi, en conseillant aux Occidentaux de "se calmer".

"Vous risquez de déclencher la Troisième guerre mondiale!", a prévenu M. Loukachenko. "C'est à cela que vous cherchez à nous pousser, nous et les Russes?", a-t-il ajouté, en estimant que "si cela produit, vous ne serez pas les vainqueurs!"

A Minsk, une chape de plomb s'est abattue sur les critiques du pouvoir. A force de répression, il n'y a plus de manifestations, alors qu'elles rassemblaient il y a moins d'un an des dizaines de milliers de personnes.

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Pour marquer le premier anniversaire de la contestation anti-Loukachenko, les rassemblements de Bélarusses se font donc à l'étranger, en Pologne et en Ukraine, où nombre de dissidents se sont réfugiés.

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