Raïssi à Macron: les négociations sur le nucléaire doivent garantir les "droits" de l'Iran

AFP
<p>Photos des présidents français Emmanuel Macron (G) et Ebrahim Raïssi, prises respectivement le 9 juillet 2021 à Paris et le 21 juin 2021 à Téhéran</p>

Le nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi, a dit lundi à son homologue français Emmanuel Macron que les négociations avec les grandes puissances sur une relance de l'accord de 2015 censé encadrer le nucléaire iranien devaient garantir les "droits" de Téhéran.

"Dans toute négociation, les droits du peuple iranien doivent être préservés et les intérêts de notre nation garantis", a affirmé M. Raïssi à M. Macron lors d'un entretien téléphonique d'une heure, selon le site internet de la présidence iranienne.

Il s'agit du premier entretien téléphonique de M. Raïssi avec un dirigeant occidental dont il est fait état depuis sa prise de fonctions la semaine dernière.

M. Raïssi, un ultraconservateur, a succédé au président modéré Hassan Rohani, qui avait conclu l'accord de 2015 ayant permis la levée de sanctions internationales en échange d'engagements de l'Iran limitant son programme nucléaire.

L'ancien président américain, Donald Trump, a sorti unilatéralement en 2018 les Etats-Unis de cet accord sur le nucléaire et rétabli de sévères sanctions contre l'Iran. En réaction, Téhéran s'est progressivement désengagé du pacte.

Entre avril et juin derniers, six rounds de négociations se sont tenus à Vienne entre l'Iran et les grandes puissances pour tenter de relancer l'accord. Les dernières discussions remontent au 20 juin, sans qu'une date ne soit fixée pour la suite.

Des responsables iraniens ont indiqué que les négociations de Vienne ne reprendraient pas avant l'entrée en fonction du nouveau gouvernement, un responsable de l'Union européenne évoquant début septembre.

- "Obligations" -

D'après l'Elysée, lors de son échange de lundi avec M. Raïssi, le président français a appelé l'Iran à "reprendre rapidement les négociations à Vienne afin d'aboutir à leur conclusion et à mettre un terme sans délai à toutes les activités nucléaires qu’il poursuit en violation de l’accord".

"Les Américains ont clairement violé leurs obligations en imposant de nouvelles sanctions", a de son côté déclaré M. Raïssi, en évoquant l'"échec" des Européens parties à l'accord à contourner ces sanctions.

Le nouveau président iranien a prêté serment jeudi dernier devant le Parlement. Il a affirmé être ouvert à "tout plan diplomatique" pour une levée des sanctions minant l'économie de son pays, mais prévenu que l'Iran ne cèderait pas devant la "pression".

La prise de fonctions de M. Raïssi intervient dans un contexte de tensions après une récente attaque meurtrière contre un pétrolier au large d'Oman. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël accusent l'Iran de l'avoir menée et lui ont adressé des avertissements. Téhéran en nie la responsabilité.

Le 29 juillet, le MT Mercer Street, un pétrolier géré par une société appartenant à un milliardaire israélien, a été la cible d'une attaque au large d'Oman, qui a conduit à la mort d'un garde de sécurité britannique et d'un membre d'équipage roumain.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a mis en garde son ennemi juré, Israël, contre toute action militaire visant la République islamique, l'Etat hébreu ayant menacé Téhéran après l'avoir accusé d'avoir mené l'attaque contre le pétrolier au large d'Oman.

Lundi, le président Raïssi a affirmé à M. Macron que la République islamique était "très sérieuse s'agissant d'assurer la sécurité et de maintenir (sa capacité) de dissuasion dans la région du Golfe persique et la mer d'Oman".

L'Iran "fera face à ceux qui privent la région de sa sécurité", a-t-il ajouté.

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