Un prêtre tué par l'homme mis en cause dans l'incendie de la cathédrale de Nantes

Alexandre HIELARD
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Un prêtre a été tué lundi en Vendée dans une communauté religieuse par un homme qui y était hébergé, le présumé incendiaire de la cathédrale de Nantes en juillet 2020, qui s'est lui-même rendu ensuite à la gendarmerie pour se dénoncer, a-t-on appris de sources policière et proches du dossier.

L'homme était sorti le 29 juillet de l'hôpital Georges Mazurelle à la Roche-Sur-Yon où il avait été en soins psychiatriques pendant un mois, a-t-on indiqué de source policière.

Le drame a été annoncé par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur Twitter, confirmant une information de Valeurs Actuelles.

"Tout mon soutien aux catholiques de notre pays après le dramatique assassinat d’un prêtre en Vendée", a tweeté le ministre, qui doit se rendre en fin d'après-midi sur place, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, à une quinzaine de kilomètres au sud de Cholet et à une dizaine de km du parc du Puy-du-Fou.

"Un homme s'est présenté en milieu de matinée à la brigade de gendarmerie de Mortagne-sur-Sèvre et a dit avoir tué un ecclésiastique", a précisé une source proche du dossier.

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Le corps de la victime a été retrouvé dans les parties communes de la communauté et le suspect a été placé en garde à vue, d'après la même source, précisant que la Brigade de recherches de La Roche-sur-Yon et la Section de recherches de Nantes étaient saisies de l'enquête.

Selon les premiers éléments, la victime est décédée après avoir reçu des coups, d'après une source policière, qui écarte a priori une attaque terroriste. L'autopsie permettra de préciser les causes de la mort.

- "Tristesse et effroi" -

Le prêtre, âgé de 60 ans, membre de la communauté religieuse des Montfortains à Saint-Laurent-sur-Sèvre, accueillait cet homme "depuis plusieurs mois", a indiqué une source policière à l'AFP.

Le président Macron "exprime toute sa sympathie" à la communauté religieuse des Montfortains, a indiqué l'Elysée à l'AFP.

La Conférence des évêques de France et la Conférence des religieux et religieuses de France "expriment leur immense tristesse et leur effroi" après "l'assassinat du Père Olivier Maire, Supérieur Provincial des Missionnaires Monfortains", ont fait savoir ces institutions.

"La Cef et la Corref assurent de leurs prières ses parents, ses proches, les Missionnaires Montfortains (...) et toute la grande famille religieuse Montfortaine", selon un communiqué.

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L'évêque de Luçon, Mgr François Jacolin, doit se rendre sur place et rencontrer le ministre de l'Intérieur.

Contacté par l'AFP, le parquet de La Roche-sur-Yon a indiqué qu'une conférence de presse aurait lieu dans l'après-midi à la gendarmerie de Mortagne-sur-Sèvre.

Sur Twitter, le sénateur LR de la Vendée Bruno Retailleau a rendu hommage au religieux tué: "Sa mort témoigne de la bonté de ce prêtre que je connaissais bien et dont j’avais pu apprécier la profondeur de la foi. Sa mort est une grande perte".

"Compassion pour la communauté chrétienne dont le prêtre a été assassiné. Pourquoi le criminel, un incendiaire de cathédrale, n'était-il pas suivi de près pour son évident grave dérangement mental?", s'est interrogé dans un tweet Jean-Luc Mélenchon (LFI).

- Polémiques immédiates -

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Emmanuel A., de nationalité rwandaise et réfugié en France, avait été placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de l'enquête sur l'incendie du 18 juillet 2020 de la cathédrale de Nantes, où il était bénévole, a précisé une source proche du dossier.

Le drame a aussitôt fait l'objet de polémiques politiques, à huit mois de l'élection présidentielle.

La présidente de Rassemblement national Marine Le Pen, a réagi immédiatement sur Twitter, voyant dans cet assassinat la "faillite complète de l'Etat et de Gérald Darmanin" et dénonçant le fait que son auteur n'ait pas été expulsé près l'incendie de Nantes.

Le ministre de l'Intérieur a répliqué sans tarder sur Twitter: "Cet étranger n’était pas expulsable malgré son arrêté d’expulsion tant que son contrôle judiciaire n’était pas levé". Il a accusé Marine Le Pen de "polémiquer sans connaître les faits".

La dernière attaque mortelle visant un membre de l’Église catholique en France remonte au 29 octobre dernier, lorsqu'un Tunisien avait tué au couteau deux fidèles et le sacristain de la basilique de Nice.

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