Après le séisme en Haïti, des hôpitaux haïtiens saturés par les blessés

Amelie BARON
<p>Des personnes blessées dans le séisme s'entassent à l'hôpital des Cayes, le 15 août 2021 en Haïti</p>

Installés sur des bancs, recroquevillés sur des chaises ou allongés à même le sol sur des draps, les blessés du séisme qui a ravagé le sud-ouest d'Haïti samedi s'entassent au service d'urgence de l'hôpital des Cayes qui a commencé dimanche à recevoir des renforts.

"Au moment du séisme, nous n'étions que trois médecins dans le service", témoigne le Dr Michelet Paurus. "Ce matin, ça s'arrange car on a reçu des orthopédistes, des chirurgiens et aussi 42 résidents qui se répartissent dans tous les hôpitaux du département", explique l'urgentiste.

Rudolphe Steven Jacques, médecin de 26 ans, fait partie des professionnels de santé venus de la capitale, Port-au-Prince.

"Le manque de matériel est chronique, en fonction des arrivages. Voyez, cette femme attend depuis un moment que je lui fasse une suture mais je n'ai pas de plateau pour cela pour le moment", regrette le jeune praticien en montrant une large plaie sur la jambe d'une patiente assise dans un coin.

Le bilan du tremblement de terre de magnitude 7,2 s'est alourdi alourdi dimanche à 1.297 morts et plus de 5.700 blessés, des nombres qui devraient continuer à croître.

<p>Un patient blessé aux jambes dans le séisme reçoit des soins à l'hôpital des Cayes, le 15 août 2021 en Haïti</p>

Dans les petites salles de cet hôpital, patients et médecins se bousculent.

"Beaucoup de blessés arrivent encore ce matin, je ne m'attendais pas à ça: ce sont ceux qui viennent de zones plus reculées. Comme vous pouvez voir, le service d'urgence est vraiment bousculé mais on fait au mieux pour traiter les personnes", assure à l'AFP le Dr Jacques.

- Hôpitaux "surchargés" -

Immédiatement après la violente secousse sismique de magnitude 7,2, les centres hospitaliers de la troisième ville du pays ont été saturés face à l'afflux massif de blessés.

<p>Des blessés dans le séisme attendent à l'hôpital des Cayes, le 15 août 2021 en Haïti</p>

"Quand le tremblement de terre s'est produit j'étais chez moi. Une vibration m'a fait voler en l'air et je suis retombé sur mon bras. Des voisins sont venus m'aider pour prendre un taxi. Je suis passé dans plusieurs hôpitaux: mais ils étaient surchargés" se rappelle Venel Sénat, quadragénaire plutôt corpulent.

"Ce matin, je suis venu ici et j'ai enfin été pris en charge. J'ai passé une radio gratuitement et ils m'ont aussi mis ce plâtre-là, gratuit" dit-il soulagé en montrant son bras droit en écharpe.

Habitant aux Cayes, sa maison totalement détruite, Venel Sénat attend dans la cour de l'hôpital qu'un des médicaments qu'on lui a prescrit soit disponible à la pharmacie de l'établissement, celles situées en centre-ville étant restées portes closes.

- Risque d'averses torrentielles-

Déjà soignées mais sous observation, quantité de personnes blessées s'installent sur les pelouses autour des bâtiments. Elles craignent encore de retourner à l'intérieur des édifices, traumatisées par les très fréquentes répliques.

<p>Un médecin s'occupe d'une femme blessée dans le séisme à l'hôpital des Cayes, le 15 août 2021 en Haïti</p>

"Les gens ont peur de rentrer mais ce soir, on va avoir de la pluie", détaille le Dr Paurus alors qu'il circule rapidement entre les différents services.

"On va essayer de les faire rentrer dans cette salle-là car le toit est en tôle. Pour les enfants du service pédiatrique, on va essayer d'installer des tentes sur la cour", ajoute-t-il.

Endeuillée par le séisme, sous tension face aux possibles risques d'effondrements de bâtiments endommagés, la population des Cayes redoute désormais les averses torrentielles et les vents violents que pourrait charrier la tempête tropicale Grace, qui doit toucher la zone dans les prochaines heures.

"S'il pleut autant qu'on le prédit, vraiment on ne sait pas ce qu'on va faire. C'est coup sur coup, on ne peut pas", s'alarme Dr Michelet Paurus.

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