"Au plus près": la vaccination s'invite aussi dans les campings

Marisol RIFAI
<p>Des vacanciers attendent pour se faire vacciner contre le Covid-19 dans un camping d'Argelès-sur-Mer, le 13 août 2021</p>

En maillot de bain et claquettes, Antoine et ses amis sont "tranquilles": plus besoin de se rendre dans un grand centre de vaccination chez eux en Normandie, ils viennent de recevoir leur deuxième dose anti-Covid dans un camping d'Argelès-sur-Mer.

Aller "au plus près" des vacanciers dans les départements côtiers touristiques où les taux d'incidence restent "très élevés": tel est l'objectif de l'opération Proxivaccin, mise en place par l'Agence régionale de santé (ARS) Occitanie et le Conseil régional, en coopération avec la Croix-Rouge.

"Ça c'est fait. Maintenant je suis tranquille, et ça me fait gagner du temps, alors que pour ma première dose au Havre j'ai dû attendre au moins une heure, avec en amont une prise de rendez-vous compliquée", raconte à l'AFP Antoine Delasalle, un étudiant normand de 24 ans, venus passer ses vacances dans les Pyrénées-Orientales avec cinq amis.

Au camping Le Méditerranée, une équipe de la Croix-Rouge l'accueille dans une grande salle climatisée à quelques pas de son mobile-home, sans rendez-vous. Quinze minutes plus tard il est prêt à plonger dans la piscine.

Il n'y a pas foule pour se faire piquer: une dizaine, une vingtaine d'injections par jour tout au plus, "mais c'est toujours ça de gagné", se satisfait Georges Cabel, le directeur de la Croix-Rouge dans les Pyrénées-Orientales.

- "Faible fréquentation" -

"La fréquentation est faible, mais ce dispositif est complémentaire de tous les autres déjà existants et sans cette opération qui a lieu dans un camping différent du littoral tous les jours du lundi au vendredi, ce sont des dizaines de personnes qui ne se seraient peut-être pas fait vacciner, ou qui auraient perdu du temps dans cette course contre la montre", dit-il à l'AFP.

<p>Des membres de la Croix-Rouge française discutent avec des vacanciers dans un camping d'Argelès-sur-mer pour les inciter à se faire vacciner contre le Covid-19, le 13 août 2021</p>

A l'heure du déjeuner, Sonia Macveigh et son équipe de la Croix-Rouge sillonnent les allées du campings et tentent de discuter avec des vacanciers à la cafétéria, pas toujours au courant du dispositif.

"C'est gentil, mais pour nous le vaccin c'est non, tant qu'on ne saura pas ce qu'on nous injecte dans le corps", lui répond un jeune homme entouré de deux amies qui acquiescent en souriant.

"Quand on parle de vaccin à l’extérieur c'est parfois très mal pris, mais dans les campings, les gens sont plus détendus, il y a moins d’agressivité et plus de respect", se félicite Mme Macveigh, la coordinatrice départementale du dispositif Proxivaccin.

<p>Des membres de la Croix-Rouge française discutent avec des vacanciers dans un camping d'Argelès-sur-mer pour les inciter à se faire vacciner contre le Covid-19, le 13 août 2021</p>

Un peu plus loin, Mickael Guillaume qui déjeune en famille, semble lui intéressé.

Moins de dix minutes plus tard, il se rend avec sa compagne au centre de vaccination éphémère.

- "Super idée" -

"C'est vraiment génial, une super idée", s’enthousiasme cet électricien de 41 ans, originaire de Clermont-Ferrand.

<p>Un vacancier se fait vacciner contre le Covid-19 dans un camping à Argelès-sur-Mer, le 13 août 2021</p>

"On avait pris rendez-vous pour une première dose la semaine prochaine dans un gros centre de vaccination, mais là du coup on gagne du temps et ça me permet d'avoir ma deuxième dose avant de reprendre le travail, c'est parfait", dit-il.

Pour Sonia Macveigh, "l'idée est surtout de sensibiliser les personnes qui n'ont encore reçu aucune dose. On a notamment une grosse demande chez les adolescents, sachant que la rentrée scolaire approche et que beaucoup de familles préfèrent savoir leur enfants vaccinés avant".

Parfois son équipe est obligée de refuser des candidats à une deuxième dose, car le dispositif n'utilise que le vaccin Moderna, "et on n'a pas encore les autorisations pour le mélanger" à un autre, regrette-t-elle.

A Argelès-sur-Mer, longtemps surnommée "la capitale européenne du camping" et dont la population est multipliée par 15 en saison estivale, la menace du Covid-19 n'est pas prise à la légère et ce type d'opération "est bénéfique pour tout le monde", souligne auprès de l'AFP la première adjointe au maire, Julie Sanz.

<p>Une membre de la Croix-Rouge française accueille des vacanciers venus de faire vacciner contre le Covid-19, le 13 août 2021 dans un camping d'Argelès-sur-Mer</p>

Surtout que dans les Pyrénées-Orientales, les contaminations au Covid-19 avaient explosé en juillet. Aujourd'hui, le taux d'incidence connaît une légère baisse de jour en jour, mais il reste "encore très élevé", à 450,9 pour 100.000 habitants, met en garde Guillaume Dubois, directeur départemental de l'ARS.

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