Pass sanitaire: contrôles à la chaîne dans de grands centres commerciaux de France

Katell PRIGENT et les bureaux de l'AFP
<p>Un employé contrôle le pass sanitaire présenté par des clients à l'entrée d'un centre commercial d'Ajaccio, le 16 août 2021</p>

Après les bars, restaurants, hôpitaux et trains, plus de 120 grands centres commerciaux et magasins de la région parisienne et de la moitié sud de la France contrôlent désormais systématiquement le pass sanitaire, des opérations plutôt bien accueillies malgré quelques tensions face aux vigiles.

Légales depuis une semaine, le gouvernement a demandé aux préfets d'imposer ces vérifications pour les surfaces de plus de 20.000 m2 dans les départements où le taux d'incidence dépasse les 200 pour 100.000 habitants sur une semaine.

Outre Paris et quatre départements de sa banlieue (Seine-Saint-Denis, Val d'Oise, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine), les départements concernés en métropole sont les Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Charente-Maritime, Corse-du-Sud, Gard, Haute-Garonne, Gironde, Hérault, Landes, Pyrénées-Orientales, Rhône, Haute-Savoie, Var et Vaucluse.

A partir de mardi, s'ajouteront l'Isère et les Pyrénées-Atlantiques.

Comme les bars et restaurants, qui ont bénéficié d'une semaine de tolérance, les grandes surfaces concernées risquent une fermeture administrative, voire un an d'emprisonnement et 9.000 euros d'amende pour leurs exploitants si elles ne procèdent pas aux contrôles.

De nombreux clients interrogés par l'AFP lundi matin semblaient bien se faire à la nouvelle règle.

<p>Vérification du pass sanitaire le 16 août 2021 à l'entrée du centre commercial Beaugrenelle à Paris</p>

"Ca ne me dérange pas du tout, je suis pour le pass sanitaire (..) pour qu'on puisse retrouver petit à petit nos libertés", assure Aline Loreille, restauratrice de 55 ans qui vient de rentrer avec le précieux sésame dans le centre Beaugrenelle du XVe arrondissement de Paris.

Au même moment dans le centre commercial de Gramont, à l'est de Toulouse, le directeur Éric Boucher accueille la clientèle. "C'est important de faire de la pédagogie, mais la plupart arrivent le pass sanitaire à la main, ils sont habitués maintenant que c'est demandé un peu partout", dit-il à l'AFP.

Un client tente toutefois de passer sans masque ni pass avant de rebrousser chemin en protestant.

- 22 entrées, 72 embauches -

Quelques protestations aussi en Seine-Saint-Denis où les vigiles du centre commercial O’Parinor à Aulnay-sous-Bois, embauchés spécialement, tentent de s'organiser devant la file d'attente, répétant à intervalles réguliers, "non validé, il faut aller vous faire tester".

"La mise en place est compliquée, on n'a pas le temps de tout lire (sur le pass): la date, le nombre de doses...", explique l'un d'eux.

"Je ne vais pas faire de tests à chaque fois que je vais au centre commercial. Tant pis pour eux, ils perdront des clients", s'agace Rachida Mansouri, 49 ans, mère au foyer qui fait demi-tour.

<p>Vérification du pass sanitaire le 16 août 2021 à l'entrée du centre commercial Beaugrenelle à Paris</p>

D'autres, résignés, se dirigent vers le barnum pour effectuer un test.

L'un des plus grands centres commerciaux de France, La Part Dieu à Lyon, a embauché 72 personnes pour contrôler les 22 entrées de ses 161.000m2, selon son directeur Jean-Philippe Pelou-Daniel.

Là aussi, "cela se passe bien" explique-t-il craignant la forte affluence de la rentrée alors que les deux semaines à venir sont, selon lui, "les plus faibles de l'année en terme d'activité".

Outre les 300.000 à 350.000 euros de dépense supplémentaires par mois que cela représente, le centre commercial et surtout les boutiques qui l'occupent déplorent la fermeture sur décision préfectorale de la station de métro qui le dessert.

A Bordeaux, dans le centre commercial de Mériadeck, Marie-France Bossuet, 67 ans, repart. Elle "ira faire (ses) courses dans un petit commerce qui ne contrôle pas les QR codes" en attendant sa deuxième dose de vaccin dans quelques jours. "Les gens sont un peu perdus, parce qu’il y a eu des discours à géométrie variable", estime Christophe, 61 ans, vacciné.

Cette nouvelle étape intervient alors que les hospitalisations en France, dues a l'épidémie de Covid-19 continuent de croitreissent y compris les services de soins critiques.

<p>Graphique montrant l'évolution des hospitalisations et des réanimations en France, au 15 août</p>

Selon les chiffres des autorités sanitaires publiés dimanche, le nombre de patients hospitalisés s'élève à 9.798 (9.648 samedi, 9.546 vendredi), dont 399 nouveaux admis. Du côté des contaminations, 21.172 cas ont été enregistrés dimanche (contre 24.427 samedi et 26.453 vendredi).

L'agence sanitaire soulignait vendredi la situation "très préoccupante" en Guadeloupe et en Martinique, où les contaminations explosent et les hôpitaux sont submergés.

En Martinique, vingt lits de réanimation supplémentaires ont été ouverts et un bâtiment de la marine nationale achemine depuis la Guyane plus de 100 tonnes d'oxygène "disponible à la fin de la semaine", a annoncé la ministre des Armées Florence Parly sur France Info.

Parallèlement à ces annonces, les manifestations contre le pass sanitaire ont réuni samedi 214.845 personnes selon le ministère de l'Intérieur et 388.843 personnes au "minimum" selon le collectif militant Le Nombre Jaune.

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