Argentine: une "marche des pierres" contre la violation du confinement par le président

AFP
<p>Des pierres portant les noms de victimes du Covid-19 déposées par des manifestants devant le palais présidentiel à Buenos Aires, le 16 août 2021</p>

Des proches de victimes du Covid-19 ont manifesté lundi à Buenos Aires contre le président Alberto Fernandez, surpris il y a un an à faire la fête en plein confinement, en déposant des centaines de pierres portant les noms des morts de la pandémie devant le palais du chef de l'Etat.

Cette "marche des pierres" a été organisée après la diffusion d'une photo du président Fernandez en train de fêter avec une dizaine d'invités l'anniversaire de son épouse, en juillet 2020, alors que tous les rassemblements étaient interdits pour cause de pandémie et que même les cérémonies funéraires étaient prohibées.

"Je suis venue apporter les pierres de ma nièce de 31 ans et de son oncle de 58 ans. Le président faisait ce qu'il voulait pendant que nous, nous obéissions", a déclaré à l'AFP Miriam Deleppe, une manifestante.

<p>Des manifestants pendant la "marche des pierres" à la mémoire des victimes du Covid-19, le 16 août 2021 à Buenos Aires</p>

"Nous avons fait tout ce que le président demandait, et lui a fait tout le contraire de ce qu'il fallait faire. Voici venu le temps de la rage, de la réprobation et de silence. Tout finit par se payer, et un jour il devra régler l'addition", a dit une autre protestataire, Raquel Corts, en déposant sa pierre face à la "Casa Rosada", la résidence présidentielle argentine.

La pandémie de Covid-19 a fait plus de 109.000 morts en Argentine, selon des chiffres officiels. Plus de cinq millions d'Argentins ont été infectés par le coronavirus, dans un pays de 43,5 millions d'habitants.

La récente publication de la photo d'Alberto Fernandez en train de célébrer l'anniversaire de la première dame a déclenché une vague de récriminations en Argentine. L'opposition a menacé de lancer un procès en destitution, en pleine campagne pour les élections législatives de novembre.

Le président a fait amende honorable vendredi. "C'était une erreur, je l'assume et je demande pardon", a-t-il déclaré, tout en excluant de quitter le pouvoir.

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