L'ONU prévient les talibans que le traitement des femmes est une "ligne rouge"

Agnès PEDRERO
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La cheffe des droits de l'homme de l'ONU a tracé mardi aux talibans une "ligne rouge", les exhortant à respecter les droits des femmes en Afghanistan, en particulier l'accès à une éducation de qualité.

S'exprimant à l'ouverture d'une réunion spéciale du Conseil des droits de l'homme (CDH) sur l'Afghanistan, Michelle Bachelet a appelé les talibans à respecter leurs promesses en matière notamment de respect des droits des femmes.

"Une ligne rouge fondamentale sera la façon dont les talibans traitent les femmes et les filles et respectent leurs droits à la liberté, à la liberté de mouvement, à l'éducation, à l'expression personnelle et à l'emploi, conformément aux normes internationales en matière de droits humains", a déclaré la Haute-Commissaire aux droits de l'homme.

"En particulier, la garantie de l'accès à une éducation secondaire de qualité pour les filles sera un indicateur essentiel de l'engagement" des talibans en faveur des droits humains, a-t-elle ajouté, en demandant la mise en place d'un gouvernement "inclusif" avec une représentation significative des femmes.

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La session extraordinaire sur l'Afghanistan se tient à la demande du Pakistan, en tant que coordinateur de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) sur les droits humains et les questions humanitaires, et de l'Afghanistan, représenté par Nasir Ahmad Andisha, le diplomate que l'ancien gouvernement avait nommé, avec le soutien de près d'une centaine de pays, dont la France et les Etats-Unis.

Nasir Ahmad Andisha a appelé le CDH à envoyer "un message fort à toutes les parties, y compris aux talibans, pour leur faire comprendre que les atteintes aux droits humains auront des conséquences".

Pendant les débats, une soixantaine de pays ont présenté une déclaration conjointe - lue par la représentante espagnole auprès des Nations unies, Aurora Diaz-Rato, demandant notamment "l'arrêt immédiat des assassinats ciblés de défenseurs des droits des femmes".

Depuis leur prise du pouvoir le 15 août, les talibans tentent de convaincre la population qu'ils ont changé et que leur régime sera moins brutal que le précédent, entre 1996 et 2001.

Ils avaient alors imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier, et voleurs et meurtriers encouraient de terribles châtiments.

Les talibans affirment aujourd'hui qu'ils respecteront les droits des femmes et qu'elles seront autorisées à recevoir une éducation et à travailler.

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Mais cela n'endigue pas le flot de ceux qui ne croient pas en leurs promesses et veulent à tout prix partir.

A Kaboul, des milliers de personnes se massent autour de l'aéroport en espérant pouvoir quitter leur pays à bord des avions affrétés par les Occidentaux.

- "Graves violations" -

Mme Bachelet, qui début août avait évoqué "des rapports faisant état de violations pouvant être assimilées à des crimes de guerre et à des crimes", a indiqué mardi avoir reçu "des informations crédibles faisant état de graves violations du droit humanitaire international et d'atteintes aux droits humains dans de nombreuses zones" sous contrôle des talibans.

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Et de prévenir les talibans: "les violations des droits humains sapent la légitimité de leurs auteurs - à la fois vis-à-vis de la population, mais aussi des institutions régionales et internationales et des autres Etats".

Mme Bachelet a appelé le CDH à mettre en place "un mécanisme dédié pour suivre de près l'évolution de la situation des droits humains en Afghanistan, y compris - en particulier - la mise en oeuvre par les talibans de leurs promesses".

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Plusieurs ONG ont appelé à mettre sur pied une enquête internationale, comme le CDH en a créé pour la Birmanie ou le Venezuela.

Mais le projet de résolution présenté par le Pakistan au nom de l'OCI se contente de demander à la Haute-Commissaire d'enquêter sur les violations des droits humains et de publier un rapport au premier trimestre 2022.

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