Mort de Lucette Michaux-Chevry, ancienne ministre de Jacques Chirac

AFP
<p>Lucette Michaux-Chevry dans le camp de réfugiés tutsis de Nyarushishi, au Rwanda, en juin 1994</p>

Lucette Michaux-Chevry, femme politique guadeloupéenne et ancienne ministre de Jacques Chirac, est décédée à l'âge de 92 ans des suites d'une longue maladie, a annoncé jeudi sa fille Marie-Luce Penchard sur les réseaux sociaux.

"Ce soir (jeudi), à 19H48, entourée de ses proches, maman nous a quittés... j'ai mal... et notre chagrin est immense...", a-t-elle écrit sur sa page Facebook.

A 92 ans, l'emblématique politicienne, très ancrée à droite, s'est éteinte après plusieurs mois de lutte contre un cancer de la gorge. Celle qu'on surnommait la Dame de fer des Caraïbes a occupé tous les postes politiques: de maire à la fin des années 80 jusqu'à ministre déléguée dans les années 1990, dans le gouvernement Chirac 2.

Elle était d'ailleurs une très grande amie de l'ancien Président de la République. Elle avait annoncé quitter la politique début 2019, dans une lettre envoyée aux Guadeloupéens.

Née le 5 mars 1929 à Saint-Claude (Basse-Terre), Lucette Michaux-Chevry a marqué l'histoire politique de la Guadeloupe, où elle a occupé tour à tour tous les mandats locaux et nationaux, parfois en même temps.

Le député de la Guadeloupe Olivier Serva a fait part de son "immense tristesse" après, a-t-il dit, le décès de la "grande Lucette Michaux-Chevry".

"C'est à mon sens le plus grand +Homme+ politique que j'ai rencontré", a-t-il souligné.

Mme Michaux-Chevry, avocate de formation, a connu sa première élection en 1959 en devenant conseillère municipale de sa ville Saint-Claude, alors que son fils avait à peine quelques jours.

D'abord engagée au Parti socialiste, elle soutient en 1981 le candidat à la présidentielle Valéry Giscard d'Estaing, marquant ainsi le début d'un engagement à droite qui ne la lâchera plus.

Sa longue carrière reste émaillée d'affaires de corruption entre autres démêlés judiciaires. Cultivant un pouvoir insulaire ne souffrant pas la contestation, elle sera confrontée à partir des années 1990 à plusieurs mises en examen, qui ne se concluront pas toutes par des condamnations. En 2019, Lucette Michaux-Chevry a toutefois été condamnée à 2 ans de prison avec sursis pour des délits environnementaux et de favoritisme en matière de transports publics.

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