Les Etats-Unis commémorent le 11-Septembre, en quête d'unité

Nicolas REVISE, avec Diane DESOBEAU et le bureau de New York
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Les Etats-Unis ont commémoré samedi le 11-Septembre lors d'hommages aux quelque 3.000 personnes tuées il y a 20 ans dans les pires attentats jihadistes de l'Histoire contre la première puissance mondiale aujourd'hui politiquement fracturée et en quête d'unité.

Une cérémonie très solennelle, qui a toutefois laissé une grande place aux émotions, s'est tenue quatre heures durant sous un ciel bleu limpide - comme lors de ce funeste matin du mardi 11 septembre 2001 - au très impressionnant musée mémorial de Manhattan, à New York, là où se dressaient les tours jumelles du World Trade Center détruites par les attaques d'Al-Qaïda.

En présence du président Joe Biden, de ses prédécesseurs Barack Obama et Bill Clinton, une première minute de silence a été observée à 08H46, précisément vingt ans après que le premier avion piraté par le commando islamiste a percuté la tour Nord.

A la tribune du mémorial, sous les arbres et une brise de fin d'été, Mike Low, qui a perdu sa fille Sara, hôtesse de l'air dans cet avion, a parlé d'un "lieu de mémoire apaisant" construit sur les ruines de "Ground Zero", où s'élèvent aujourd'hui de nouveaux gratte-ciels.

- "C'était hier" -

"C'est difficile d'imaginer que c'était il y a 20 ans. C'est comme si c'était hier," a confié sur place à l'AFP Joanne Pocher-Dzama, dont le frère est mort dans les décombres.

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Sur ce site, devant les immenses bassins qui ont remplacé les tours, se sont succédé, comme chaque année pendant des heures, des proches de disparus lisant et évoquant - en larmes, la voix étouffée par l'émotion - les noms et le souvenir des 2.977 personnes mortes sur les trois lieux des attentats (dont 2.753 à New York).

La cérémonie de Manhattan a été rythmée par des hommages en musique - à la flûte, au violon ou en chanson - comme avec la star américaine Bruce Springsteen qui a chanté "I'll see you in my dreams" à la guitare acoustique.

Des minutes de silence ont été observées pour l'effondrement des deux tours, l'attaque contre le Pentagone près de Washington et le crash d'un des avions dans la campagne de Shanksville, en Pennsylvanie, où se sont également tenues des cérémonies.

- Désunion -

Sur ce champ de Pennsylvanie, où le vol United Airlines 93 s'est écrasé après la résistance héroïque de passagers, l'ancien président républicain George W. Bush, au pouvoir le 11 septembre 2001, a déploré la désunion politique de son pays.

Le 43e président des Etats-Unis (2001-2009) s'est dit "fier" d'avoir "dirigé" après le 11-Septembre "un peuple impressionnant, résilient et uni", mais il a regretté que deux décennies après "ces temps semblent lointains".

"Des forces du mal semblent à l'oeuvre", a jugé M. Bush à propos du climat politique américain, lui qui avait lancé en représailles au 11-Septembre les interventions militaires en Afghanistan fin 2001 et en Irak en 2003, déstabilisant toute une région et bouleversant les relations internationales.

L'actuel locataire de la Maison Blanche, Joe Biden, s'est rendu aussi à la mi-journée à Shanksville: lors d'un échange dans une caserne de pompiers, il s'est félicité de l'appel à l'union de M. Bush. Il avait plaidé vendredi soir pour "l'unité" des dirigeants et citoyens américains. Sa vice-présidente Kamala Harris a martelé le même message à Shanksville.

Dans leur ligne de mire, leur prédécesseur Donald Trump (2017-2021), accusé d'avoir prospéré au pouvoir sur les fractures de la politique et de la société américaines.

- Débâcle afghane -

L'homme d'affaires républicain, qui n'a pas renoncé à la politique, a fustigé "l'incompétence" de l'administration Biden pour le retrait militaire américain d'Afghanistan qu'il a qualifié "d'horrible".

De fait, après huit mois de mandat, Joe Biden est très critiqué pour la débâcle en Afghanistan.

Fin août, après avoir perdu 2.500 soldats et dépensé plus de 2.000 milliards de dollars en 20 ans, Washington a laissé le pays aux talibans qu'ils avaient pourtant chassés de Kaboul fin 2001 en les accusant d'abriter le chef d'Al-Qaïda de l'époque, Oussama Ben Laden, organisateur du 11-Septembre, que les Etats-Unis ont tué en 2011 au Pakistan.

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Sur Times Square, au coeur de Manhattan, où sont traditionnellement fêtées les victoires de l'Amérique, des citoyens américains étaient aussi à la recherche d'une forme d'union nationale.

"Nous semblons tellement divisés aujourd'hui que nous avons besoin de quelque chose qui nous rassemble, mais pas une tragédie," a réclamé Sherri Cunningham, une sexagénaire portant un T-shirt d'hommage aux victimes du 11-Septembre.

Des moments de recueillements ont également eu lieu devant une caserne de pompiers de Brooklyn, qui avait perdu 12 soldats du feu il y a vingt ans.

Frank Siller, le frère de l'un d'eux, a "marché 537 miles (864 km)" de Washington à New York "en passant par Shanksville jusqu'à +Ground Zero+", pour honorer sa mémoire et récolter des fonds pour les familles de victimes.

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"L'Amérique n'a jamais oublié Pearl Harbor, elle n'oubliera jamais le 11-Septembre", a affirmé M. Siller à l'AFP.

Selon des chercheurs, le cataclysme du 11-Septembre a bouleversé la société et la politique américaines et est profondément ancré dans l'histoire du pays, à l'image de Pearl Harbor, du Débarquement en Normandie ou de l'assassinat de John Kennedy.

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