Les indépendantistes catalans dans la rue avant les négociations avec Madrid

Rosa SULLEIRO
<p>Une foule de personnes portent le drapeau catalan le 11 septembre 2021 à Barcelone</p>

Le mouvement indépendantiste catalan veut montrer samedi qu'il reste puissant en descendant dans les rues de Barcelone, avant la reprise la semaine prochaine de négociations avec Madrid.

Avec pour slogan "Battons-nous pour gagner l'indépendance", cette manifestation a été convoquée à l'occasion de la "Diada", fête de la Catalogne devenue depuis une décennie le théâtre de grandes manifestations indépendantistes.

Comme chaque année, la manifestation s'élancera à 17H14 (15H14 GMT) précises, en commémoration de la prise de Barcelone le 11 septembre 1714, lors de la Guerre de Succession d'Espagne, par les troupes du roi d'Espagne Philippe V.

Alors que la Catalogne a été en juillet l'épicentre d'une nouvelle vague de Covid-19 en Espagne, la situation sanitaire ne cesse de s'améliorer. L'interdiction de se réunir à plus de dix a été récemment levée mais les organisateurs ont recommandé le port du masque.

Au plus fort de la montée de l'indépendantisme, la "Diada" a rassemblé jusqu'à 1,8 million d'indépendantistes à Barcelone en 2014, selon la police municipale.

<p>Le séparatiste catalan Jordi Cuixart donne un discours après être sorti de prison, le 23 juin 2021 à Sant Joan de Vilatorrada en Espagne</p>

Et cette année, Jordi Cuixart, président de l'association indépendantiste Omnium Cultural espère "faire descendre des centaines de milliers de personnes dans la rue" pour "prouver une fois de plus que notre mouvement est plus vivant que jamais".

Mais depuis l'échec de la tentative de sécession de 2017, la désillusion et les divisions au sein du mouvement ont entraîné une chute de la mobilisation. Ainsi, en 2019, la "Diada" n'a rassemblé que 600.000 manifestants. L'an dernier, en raison de la pandémie, seules 60.000 personnes avaient pu se réunir.

La grâce en juin des neuf dirigeants indépendantistes condamnés à la prison pour leur rôle en 2017, dont M. Cuixart, a par ailleurs fait perdre aux séparatistes un élément mobilisateur.

<p>Des manifestants pro-indépendance défilent à Barcelone, en Espagne, le 11 septembre 2019</p>

La tentative de sécession de la Catalogne est l'une des pires crises vécues par l'Espagne depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

Malgré l'interdiction de la justice, le gouvernement régional de Carles Puigdemont avait organisé un référendum d'autodétermination qui avait été suivi d'une déclaration d'indépendance mort-née.

Madrid avait réagi en mettant la région sous tutelle et en arrêtant les leaders séparatistes qui n'avaient pas fui à l'étranger comme M. Puigdemont.

- Négociations dans un climat tendu -

Cette "Diada" intervient avant la reprise prévue en fin de semaine prochaine de négociations entre le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez et l'exécutif régional séparatiste de Pere Aragonès dont le parti ERC (Gauche Républicaine de Catalogne) est un allié-clé au parlement espagnol du gouvernement minoritaire de M. Sanchez.

Ces pourparlers, qui n'ont pu se tenir qu'une seule fois, juste avant le début de la pandémie, sont destinés à trouver une issue à la crise en Catalogne.

<p>Le président régional de Catalogne Pere Aragones (D) aux côtés de séparatistes catalans dont Jordi Cuixart, le 28 juin 2021 à Barcelone en Espagne</p>

Mais les feuilles de route des deux parties sont diamétralement opposées, Madrid ayant déjà écarté les deux revendications clés des indépendantistes, à savoir un accord sur l'organisation d'un référendum d'autodétermination et l'amnistie totale des indépendantistes poursuivis pour la tentative de sécession de 2017.

Pour ne rien arranger, les tensions ont été ravivées cette semaine: le gouvernement central a annoncé suspendre un projet controversé d'agrandissement de l'aéroport de Barcelone, en raison d'une "perte de confiance" dans le gouvernement régional séparatiste. Une décision qualifiée de "chantage" par M. Aragonès.

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