En Norvège, début de délicates consultations en vue d'un nouveau gouvernement

AFP
<p>Le leader travailliste norvégien Jonas Gahr Støre répond à des journalistes le 14 septembre 2021 à Oslo</p>

Les forces de gauche en Norvège, au lendemain de leur nette victoire aux législatives, amorcent mardi des consultations et tractations qui s'annoncent longues et difficiles avant la formation d'un nouveau gouvernement appelé à déloger la droite, aux commandes depuis huit ans.

Le parti travailliste du probable prochain Premier ministre Jonas Gahr Støre et ses deux alliés de prédilection, le parti du Centre et la Gauche socialiste, ont remporté une majorité absolue de 89 sièges sur 169 au Storting, le Parlement monocaméral, selon des résultats encore provisoires.

La Première ministre sortante, la conservatrice Erna Solberg, a reconnu dans la nuit la défaite de sa coalition de centre droit, ouvrant la voie à une alternance.

"Au cours des prochains jours, je vais inviter à des discussions les dirigeants de tous les partis qui souhaitent un nouveau gouvernement", a dit dans son discours de victoire M. Støre, un multimillionnaire de 61 ans qui a fait campagne contre les inégalités sociales.

"Il y a plus de choses qui nous unissent que de choses qui nous séparent", a-t-il souligné mardi matin, après avoir pris langue avec les chefs du parti du Centre et de la Gauche socialiste.

Outre ces deux partis, le dirigeant travailliste, ancien ministre de Jens Stoltenberg, a dit son intention de dialoguer avec deux autres forces de l'actuelle opposition, les communistes de Rødt et les écologistes de MDG, qui ont décroché respectivement huit et trois sièges selon les résultats provisoires.

<p>(De G à D) Audun Lysbakken, de la Gauche socialiste, Trygve Slagsvold Vedum, du Parti du Centre, et Jonas Gahr Støre, leader du parti travailliste, participent à un débat le 14 septembre 2021 à Oslo</p>

Les négociations, informelles et formelles, promettent d'être longues et délicates.

Le parti du Centre, qui défend principalement les intérêts du monde rural, et la Gauche socialiste, soucieuse de justice sociale et de protection environnementale, s'opposent sur de nombreux dossiers, y compris sur les questions fiscales et pétrolières. La Norvège est le plus gros producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest.

Bien que les trois partis aient siégé ensemble sous Jens Stoltenberg, les centristes ont dit pendant la campagne qu'ils refuseraient de gouverner avec la Gauche socialiste, une ligne qu'ils semblent avoir quelque peu modérée ces derniers jours.

<p>La nouvelle composition du Storting, le Parlement monocaméral norvégien après les élections législatives</p>

"Nous allons nous engager dans les discussions auxquelles Jonas Gahr Støre nous a invités et nous allons voir ce qui en ressort, mais pour l'instant, notre alternative préférée est celle avec Sp (centristes) et Ap (travaillistes)", a dit la numéro deux du parti du Centre, Marit Arnstad, au micro de NRK mardi.

Lors d'une conférence de presse, le patron de la Gauche socialiste (SV), Audun Lysbakken, a déploré les "portes fermées par avance".

"Il n'y a pas de majorité (à gauche, ndlr) sans SV et ça veut dire que tous ceux qui souhaitent un nouveau gouvernement doivent composer avec SV", a-t-il souligné.

Un nouveau gouvernement n'est pas attendu avant plusieurs semaines.

© 2021 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.