La Californie vote sur l'avenir de son gouverneur démocrate

Laurent BANGUET
placeholder

La Californie va-t-elle conserver son gouverneur démocrate, fragilisé par la crise du Covid et des incendies géants ? Le sort de Gavin Newsom était suspendu au vote mardi des habitants du plus peuplé des Etats américains.

Prenant très au sérieux ce scrutin, organisé dans l'équivalent de la cinquième puissance économique mondiale, le président Joe Biden est venu lundi en Californie soutenir M. Newsom.

En vertu de la Constitution californienne, des électeurs mécontents ont obtenu ce "scrutin de rappel" du gouverneur démocrate âgé de 53 ans, après avoir recueilli plus de 1,5 million de signatures.

Les partisans de ce référendum dénoncent des impôts excessifs, une "élite" démocrate perçue comme méprisante et des libertés individuelles bafouées par les autorités depuis le début de la pandémie de coronavirus.

Ouverts à 07H00 (14H00 GMT), les bureaux de vote ferment à 20H00 locales (03H00 GMT mercredi), mais de nombreux électeurs ont déjà voté par anticipation dans cet Etat de 40 millions de personnes.

Sur le papier, Gavin Newsom, ancien maire de San Francisco élu facilement gouverneur en 2018, dont le mandat ne s'achève que l'an prochain, ne risque pas grand-chose dans un Etat acquis aux démocrates.

Mais le renfort - de dernière minute - de Joe Biden montre que le parti est conscient qu'une révocation surprise est toujours possible, surtout si la participation s'avère faible.

Il y a 18 ans, un vote similaire avait permis à Arnold Schwarzenegger de conquérir la Californie en faisant chuter le gouverneur démocrate de l'époque.

Il paraît peu probable qu'un candidat républicain réédite l'exploit, d'autant qu'aucun d'entre eux n'a la stature hors du commun et les compétences politiques de "Terminator".

placeholder

Cette année, 22 millions d'électeurs ont le choix entre 46 candidats dont l'animateur radio ultra-conservateur Larry Elder, considéré le plus dangereux parmi les concurrents de M. Newsom, l'icône transgenre Caitlyn Jenner, célèbre pour son appartenance au clan Kardashian, et une multitude d'autres plus ou moins farfelus comme la starlette Angelyne, autoproclamée "reine des panneaux d'affichage".

"C'est le clone de Donald Trump. Pouvez-vous l'imaginer gouverneur de l'Etat?", a lancé le président Biden en référence à Larry Elder lors d'un meeting lundi soir à Long Beach, au sud de Los Angeles.

- Un rempart -

placeholder

Il a agité le spectre de tout ce qui changerait selon lui si Larry Elder était aux commandes: obligations sanitaires et vaccinales contre le Covid-19, "respect des femmes" et de leur droit à l'avortement, lutte contre le changement climatique que M. Elder a qualifié par le passé de "mensonge", salaire minimum que le candidat républicain veut voir disparaître...

Gavin Newsom est un rempart contre "les sombres politiques, destructrices et sources de discorde, de Donald Trump", a-t-il lancé.

L'ancien président républicain a ainsi brandi le spectre de la fraude électorale lors du vote par anticipation, comme il l'avait fait après sa défaite face à Joe Biden, une accusation jamais étayée en justice.

Derrière ce référendum se joue un clivage qui dépasse largement la Californie, entre un électorat démocrate qui soutient le programme progressiste et les mesures anti-Covid de Joe Biden, et un camp conservateur qui lui reproche le confinement strict décidé au printemps 2020 et se méfie des velléités interventionnistes des pouvoirs publics dans n'importe quel domaine.

"Le plus grand défi pour la Californie en général, c'est l'intrusion de l'Etat" dans les affaires privées des habitants, estime M. Elder, un avocat de formation afro-américain de 69 ans, né dans le quartier défavorisé de South Central dans le sud de Los Angeles.

Il est ainsi contre les aides sociales et l'assurance santé publique, selon lui néfastes à la libre concurrence, et contre la discrimination positive dont il a pourtant lui-même bénéficié pour aller à l'université...

placeholder

Le changement climatique, symbolisé par des sécheresses récurrentes et les gigantesques feux de forêt qui dévastent la Californie depuis des semaines, s'est aussi invité dans la campagne.

"Nous ne pouvons ignorer la réalité, qui est que ces feux de forêt sont dopés par le changement climatique", a lancé lundi Joe Biden, après avoir survolé en hélicoptère les vastes zones ravagées par les flammes du Caldor Fire, qui brûle depuis deux mois à environ 200 km à l'ouest de la capitale Sacramento.

© 2021 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

logo AFP