Le budget britannique post-Covid porté par une croissance plus rapide que prévu cette année

Véronique DUPONT, Olivier DEVOS
<p>Le ministre britannique des Finances Rishi Sunak, le 8 septembre 2021 à Londres tient la "Budget box" devant le 11 Downing Street, le 27 octobre 2021 à Londres</p>

Le Chancelier britannique Rishi Sunak a dévoilé mercredi un budget pour une "économie post-Covid" porté par une prévision de croissance plus forte que prévu pour 2021 mais revue à la baisse pour 2022, mettant l'accent notamment sur les services publics.

La prévision de croissance pour 2021 est relevée à 6,5% contre 4% auparavant.

Rishi Sunak s'appuie sur les prévisions élaborées pour le gouvernement par l'organisme public OBR qui projette le retour de l'activité économique à son niveau d'avant la pandémie "plus tôt" que prévu, au début de 2022, alors que la précédente prévision ne l'envisageait pas avant mi-2022.

Le Chancelier de l'Echiquier a affirmé que "ce budget est focalisé sur l'investissement et sur une économie plus innovante et qualifiée".

Le ministre a avancé que le total des dépenses gouvernementales augmenteraient de 150 milliards par an en valeur absolue d'ici l'exercice 2024-2025 hors effet de l'inflation soit selon lui "la plus forte augmentation globale de dépenses gouvernementales de toute législature de ce siècle".

Le Royaume-Uni navigue entre reprise post-confinements, crise énergétique, inflation qui accélère et urgence climatique après une envolée historique de l'endettement, sans omettre une résurgence des cas de virus à propos duquel le ministre a prévenu de "mois difficiles à venir".

Le pays devrait voir la hausse du PIB ralentir à 6% en 2022, un chiffre revu à la baisse par l'OBR par rapport à une précédente estimation à 7,3%.

Et la reprise montre des signes d'essoufflement, pénalisée par des pénuries de main d'oeuvre, des chaînes d'approvisionnement à la peine et la flambée des prix de l'énergie, sans omettre un niveau élevé de nouveaux cas de Covid-19.

"Avec les prix des carburants au plus haut en huit ans, je ne suis pas prêt à pressurer davantage les familles et les petites entreprises", a-t-il notamment affirmé, avant d'annoncer qu'une hausse prévue d'une taxe sur les carburants était annulée.

Le gouvernement avait déjà annoncé un fonds de 500 millions de livres pour aider les ménages défavorisés à payer leurs factures d'électricité, chauffage et nourriture cet hiver, mais cette mesure faisait suite à une baisse des minimas sociaux.

Mais le responsable conservateur a aussi à coeur d'amorcer un redressement des finances publiques britanniques, le pays ayant accusé l'an dernier un deficit record depuis la Seconde Guerre mondiale, à près de 15% du produit intérieur brut.

Malgré une baisse de l'emprunt public plus rapide qu'attendu en septembre, le Chancelier a ainsi annoncé mercredi de nouvelles règles fiscales "pour maintenir ce gouvernement sur la trajectoire de la discipline de de la responsabilité", en rendant obligatoire la baisse de la dette du secteur public et en limitant l'emprunt à l'investissement "dans notre croissance et prospérité futures".

- Peu d'annonces sur l'environnement -

<p>Des personnes dans le métro à Londres, le 20 octobre 2021</p>

Le Trésor avait distillé ces derniers jours nombre de pré-annonces, notamment une augmentation du salaire minimum à 9,50 livres par heure et la fin du gel des salaires dans la fonction publique, même si ces hausses devraient en grande partie être absorbées par la flambée de l'inflation.

Quelque six milliards de livres pour aider le service national de santé (NHS), sous forte pression, à répondre aux retards de soins engendrés par la pandémie ont aussi été dévoilés, et 5 milliards pour la recherche dans la santé, notamment sur le séquençage génomique.

<p>Quelque six milliards de livres pour aider le service national de santé (NHS), sous forte pression, à répondre aux retards de soins engendrés par la pandémie</p>

Plusieurs milliards vont aussi être injectés dans la rénovation de lignes de train et bus régionaux dans le cadre de la promesse du Premier ministre Boris Johnson de rééquilibrer les régions du pays ("levelling up").

Le gouvernement avait déjà annoncé une hausse des prélèvements sociaux et ainsi brisé une promesse de campagne, ainsi qu'une hausse de la taxe sur les entreprises qui va passer de 19 à 25%.

Il n'a pas annoncé mercredi de nouvelle hausse majeure.

<p>Des militants de Greenpeace déploient une banderole "Urgence climatique" en mai 2019 à Londres</p>

A quelques jours de l'ouverture de la conférence climatique COP26 à Glasgow, peu d'annonces ont été faites mercredi sur l'environnement par Rishi Sunak, qui s'appuie sur les 26 milliards de livres sterling d'investissement en capital annoncés pour la stratégie la semaine dernière dans le cadre de sa stratégie de neutralité carbone d'ici 2050.

© 2021 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.