Yémen: nouveaux raids meurtriers près de Marib

AFP
<p>Les rebelles Houthis lors de funérailles organisées pour les insurgés tués au cours des deniers jours dans de nouveaux combats près de Marib, dans le nord du Yémen, le 28 octobre 2021</p>

La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a indiqué jeudi avoir tué 95 rebelles Houthis dans de nouveaux raids autour de Marib, où des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées depuis le début de l'année.

La coalition appuie les troupes gouvernementales yéménites au sol qui tentent de repousser l'offensive des Houthis cherchant à s'emparer de la ville de Marib, chef-lieu de la province du même nom.

Depuis plus de deux semaines, elle fait état quasi-quotidiennement de bilans de rebelles tués dans les frappes mais les chiffres ne peuvent être vérifiés de source indépendante et les Houthis ne communiquent que très rarement sur leurs pertes.

"Nous avons mené 22 opérations qui ont détruit onze véhicules militaires et tué 95 terroristes" au cours des 24 dernières heures à Al-Jawba (50 km au sud de Marib) et à Al-Kassara (30 km au nord-ouest de Marib), a indiqué un communiqué de la coalition, en référence aux Houthis.

Dernier bastion du gouvernement dans le nord du Yémen, cette province est depuis février le théâtre d'une bataille sanglante qui s'est intensifiée ces dernières semaines avec les avancées des rebelles malgré les pertes.

Mercredi, un leader des rebelles Mohammed Nasser al-Atifi a affirmé que la ville était "quasi-encerclée" par les rebelles et que sa prise n'était "qu'une question de temps", dans un entretien accordé au quotidien libanais Al-Akhbar.

Les Houthis, proches de l'Iran, contrôlent la majeure partie du nord du Yémen dont la capitale Sanaa. En 2015, la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite est intervenue pour appuyer les forces loyalistes en peine.

- Pas de refuge -

Déclenchée en 2014, la guerre a plongé le Yémen dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU. Des dizaines de milliers de personnes, la plupart des civils, ont été tuées et des millions déplacées selon des ONG internationales.

<p>Des funérailles organisées dans la mosquée Al-Saleh, dans la capitale yéménite, après la mort de dizaines de rebelles Houthis au cours des derniers jours près de Marib, dans le nord du pays, le 28 octobre 2021</p>

Près de 10.000 personnes ont été déplacées pour le seul mois de septembre dans la province de Marib, a déclaré plus tôt ce mois l'Organisation internationale pour les migrations.

Depuis le début de l'année, les combats autour de Marib ont déplacé plus de 55.000 personnes, selon des déclarations du porte-parole de cette organisation à l'AFP.

Ali Jabali, 56 ans, est l'une des nombreuses personnes qui a fui les combats récents au sud et à l'ouest de Marib pour se retrouver, avec sa femme et ses quatre enfants, dans un camp à l'est de la ville.

Les Houthis "sont arrivés et nous ont expulsés". a raconté à l'AFP M. Jabali. "Nous avons fui avec nos enfants, laissant tous nos biens derrière nous: meubles, vêtements, tout".

"Nous avons à peine pu prendre nos enfants. Nous sommes arrivés ici, où la situation est très mauvaise", a-t-il poursuivi.

Depuis le début du conflit au Yémen, des centaines de milliers de personnes s'étaient réfugiées dans la région de Marib, jusqu'alors épargnée par les combats.

Selon les autorités, 139 camps de déplacés abritent plus de deux millions de personnes ayant fui les affrontements à travers le pays, plongé dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU.

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