Attaque au couteau de Nice: hommage aux trois victimes de "la violence barbare"

Eric BERNAUDEAU

Une statue, une messe: la ville de Nice, déjà endeuillée par l'attentat meurtrier de la Promenade des Anglais en 2016, a rendu hommage vendredi aux trois fidèles tués dans une basilique du centre-ville il y a un an, victime de "la violence barbare".

"Ici dans ce lieu de paix et de prière, la vie a été bafouée par la violence barbare. Nadine, Simone et Vincent ont été victimes du terrorisme islamiste", a déclaré en ouvrant la cérémonie le père Franklin Parmentier, le curé de la paroisse, en reprenant les mots figurant sur la plaque commémorative apposée dans la basilique.

Précédée du dévoilement d'une statue, "La Colombe de la Paix", du sculpteur Théo Tobiasse, la cérémonie s'est déroulée en présence des familles des victimes mais aussi du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et du maire ex-LR de Nice, Christian Estrosi. De nombreux Niçois s'étaient massés en dehors de l'église, tenus à distance par un imposant dispositif de sécurité.

Nadine Devillers, Niçoise de 60 ans, Simone Barreto Silva, Franco-Brésilienne de 44 ans et mère de trois enfants, et le sacristain Vincent Loquès, 55 ans, père de deux filles, ont été tués il y a un an par un Tunisien de 22 ans, Brahim Aouissaoui, arrivé à Nice depuis l’Italie deux jours auparavant.

Dans le cadre de l'enquête, confiée au parquet national antiterroriste (PNAT), l'homme a été mis en examen début décembre pour "assassinats et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste".

Interrogé début avril, l'homme, qui assurait alors ne pas se souvenir des événements survenus en France, a, selon une source proche du dossier, de nouveau été entendu "début juin et reste sur la même ligne de défense".

- Pensée pour "nos compatriotes musulmans" -

Après une chanson en français et en portugais, interprétée par Grégory, un des enfants de Simone Barreto Silva, Christian Estrosi et Gérald Darmanin ont tour à tour pris la parole.

"Comme j'aimerais que ce soit la dernière fois que d'aussi terribles circonstances nous réunissent. Pourtant, j'en doute, nous en doutons tous", a déclaré M. Estrosi: "Nous savons que la menace de l'islamisme bestial, aveugle et inhumain persiste partout. Plus que jamais, nous sommes résolus à la combattre, partout", a ajouté M. Estrosi, rappelant l'attentat meurtrier du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais et "nos 86 anges, tous frappés par la même main barbare".

"La haine aveugle du terrorisme islamiste a frappé la France dans cette église", a ensuite souligné M. Darmanin, rappelant que deux semaines après l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, en région parisienne, ce Tunisien a "voulu attaquer la plus grande valeur qui lie les Français, la liberté et la liberté religieuse".

"Nos compatriotes catholiques sont particulièrement visés par le terrorisme", a ajouté le ministre de l'Intérieur, qui a "voulu aussi avoir une pensée pour nos compatriotes musulmans victimes du terrorisme islamiste et qui ne tolèrent pas que leur religion soit dévoyée".

A l’extérieur de la basilique, sur l'avenue Jean-Médecin, des dizaines de personnes étaient venues rendre un dernier hommage aux victimes, certaines déposant des roses devant la statue.

Parmi elles, deux bénévoles de l'Armée du Salut, dont Nadine Devillers était membre. "Nous voulions soutenir son mari Joffrey et lui présenter nos condoléances", a confié Sandra Koenig. "Ce qui est arrivé est insupportable", a ajouté Henry Beuze, qui a également "perdu deux amis" dans l'attentat de 2016.

"On n'est pas pratiquant, on est venu pour manifester notre réprobation face à de tels actes", a témoigné de son côté Geneviève, retraitée niçoise, venue avec son mari Michel.

Monique, habitante du quartier de 84 ans, regrettait, elle, de ne pas pouvoir entrer dans la basilique, bloquée par un cordon de barrières métalliques et des policiers. "Je suis catholique et j'aurais voulu prier dans l’église", car "ça fait très mal que des choses comme ça arrivent à des gens braves".

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