Tête-à-tête avec le pape, face-à-face avec Macron : Biden à Rome vendredi en lever de rideau du G20

Aurélia END
<p>Le président américain Joe Biden et la première dame Jill Biden arrivent à Rome, dans la nuit du 28 au 29 octobre 2021</p>

La rencontre s'annonce "chaleureuse" avec le pape, un tantinet moins avec Emmanuel Macron: Joe Biden est vendredi à Rome, en chauffeur de salle avant le sommet du G20, mais toujours sans vote final du Congrès sur ses plans d'investissement pharaoniques.

Le président américain a atterri vers 02H25 locales (00H25 GMT) en Italie.

Avant de partir, il a présenté à Washington un plan "historique" engageant des milliers de milliards de dépenses dans les infrastructures, la transition énergétique et les prestations sociales.

Mais le président, qui espérait arriver à Rome avec un vote final du Congrès, n'y est toujours pas, malgré des semaines de discussions et des concessions à n'en plus finir. La faute à des dissensions dans son propre camp, celui des démocrates.

Or Joe Biden aurait bien voulu boucler l'affaire avant son séjour européen. Dans la foulée du G20 de Rome, il ira à Glasgow pour la grande conférence COP26 sur le climat, se présentant comme le porte-parole des démocraties face aux régimes autoritaires, Chine en tête.

Mais il commencera son voyage sur une note plus intime.

<p>Le président américain Joe Biden et sa femme Jill Biden à leur arrivée à Rome le 29 octobre 2021</p>

Joe Biden sera reçu à midi heure locale (10h00 GMT) au Vatican, où il rencontrera le pape François, pour la quatrième fois de sa vie, mais pour la première fois en tant que président des Etats-Unis - il est le deuxième catholique jamais élu à cette fonction.

Joe Biden ne manque presque jamais la messe et évoque souvent le réconfort trouvé dans la foi face à une série de deuils familiaux.

Officiellement, le président et le pape vont discuter de leurs préoccupations communes: la pauvreté, le changement climatique et la pandémie.

Pas de mention en revanche dans l'ordre du jour du droit à l'avortement, un sujet sur lequel ils sont frontalement opposés.

La presse est tenue à l'écart de la rencontre. Il n'y aura par exemple pas de retransmission vidéo en direct de l'événement, ce qui a attiré des protestations des journalistes couvrant le Vatican et la Maison Blanche.

<p>Le président américain Joe Biden et sa femme Jill Biden à leur arrivée à Rome le 29 octobre 2021</p>

Joe Biden doit ensuite s'entretenir à 15h15 locales (13h15 GMT) avec le chef du gouvernement italien Mario Draghi.

Hôte du sommet du G20 qui se tient samedi et dimanche, l'ancien patron de la Banque centrale européenne suscite bien de l'intérêt aux Etats-Unis et ailleurs avec ses projets de réforme à marche forcée.

Certains commentateurs peignent Mario Draghi, passé par le prestigieux Massachusetts Institute of Technology et par la banque américaine Goldman Sachs, des noms familiers pour les élites américaines, en nouvelle star de la scène politique européenne.

- Raviver la flamme -

Alors que Joe Biden, lui, a perdu de son aura. Au G20 comme à la COP26, le président américain devra montrer qu'il n'a pas seulement rompu avec les outrances verbales de Donald Trump, mais aussi avec les tentations de repli et d'unilatéralisme.

Le retrait chaotique d'Afghanistan en août a perturbé les alliés des Etats-Unis.

<p>Le président américain Joe Biden s'apprête à embarquer sur son avion Air Force One sur la base d'Andrews, dans le Maryland, le 28 octobre 2021</p>

Joe Biden vantera sans doute abondamment ses réformes, lui qui promet "le plus grand investissement jamais réalisé pour faire face à une crise climatique": 550 milliards de dollars pour tailler dans les émissions de gaz à effet de serre.

"L'Amérique est de retour dans une position de leader sur le climat, d'une manière qui sera largement saluée" par la communauté internationale, a assuré le conseiller à la sécurité naitonale de Joe Biden, Jake Sullivan, dans l'avion pour Rome.

Mais ses partenaires internationaux l'ont vu embourbé dans la procédure parlementaire, forcé de largement tailler dans ses projets. Et ils notent sa cote de confiance en baisse, alors que Donald Trump reste extrêmement populaire auprès de l'électorat républicain.

Le président américain veut donc rallumer la flamme avec ses alliés. A commencer par le président français Emmanuel Macron, qui le recevra à 16h15 (14h15 GMT) à la Villa Bonaparte, l'ambassade de France près le Saint-Siège.

"Ce sera une réunion constructive et avec beaucoup de substance", devant déboucher sur un communiqué, a assuré Jake Sullivan. "Il y a tellement de sujets sur lesquels la France et nous avons des valeurs communes, des intérêts communs et des visions communes."

Les deux présidents veulent sceller face à face leur réconciliation, après une très grave crise diplomatique en septembre autour d'un contrat de sous-marins australiens, que les Etats-Unis ont soufflé à la France.

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