Législatives au Japon: la coalition au pouvoir a mieux résisté que prévu

Kyoko HASEGAWA avec René SLAMA
<p>Le Premier ministre japonais Fumio Kishida (à droite) et l'ancien ministre Taro Kono se félicitent de la victoire électorale de leur parti, le 31 octobre 2021 à Tokyo</p>

La coalition gouvernementale au Japon a réussi à conserver une large majorité, perdant moins de sièges que prévu lors d'élections législatives dimanche qui constituaient un premier test majeur pour le Premier ministre Fumio Kishida, qui a déclaré lundi victoire.

Le Premier ministre de 64 ans a estimé que la bataille avait été "très difficile", mais que les électeurs avaient démontré qu'ils souhaitaient un "gouvernement stable" de la majorité sortante pour façonner l'avenir du pays.

Son Parti libéral-démocrate (PLD, droite nationaliste) et son partenaire, le Komeito (centre-droit), ont remporté 293 des 465 sièges à la Chambre basse du Parlement, dont 261 pour le PLD seul, selon les derniers décomptes des médias japonais.

Bien qu'il s'agisse d'un léger recul par rapport aux 305 sièges que ces deux partis détenaient précédemment, leur coalition garde une ample majorité absolue, donnant au gouvernement une "stabilité" notable, a estimé le quotidien Asahi.

<p>Composition de la chambre basse du Parlement japonais après les élections législatives du 31 octobre, selon des résultats provisoires</p>

Dès dimanche soir, M. Kishida avait déclaré qu'il comptait désormais aller très vite sur le nouveau plan de relance massif qu'il a promis pour accélérer la reprise économique au Japon, en voulant faire voter un budget supplémentaire d'ici la fin de l'année.

Cette perspective et la stabilité politique offerte par le scrutin ont donné un coup de fouet à la Bourse de Tokyo, où l'indice vedette Nikkei a fini lundi sur un bond de 2,61%.

- "Confiance très précieuse" -

"Je crois que nous avons obtenu une confiance très précieuse" des électeurs, avait aussi estimé dimanche soir Fumio Kishida, devenu Premier ministre il y a à peine un mois, tout en reconnaissant un repli de sa formation qui a gouverné presque sans interruption le Japon depuis 1955.

<p>L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo en forte hausse après la victoire électorale de la coalition au pouvoir au Japon, le 1er novembre 2021</p>

Ayant fait de la lutte contre le Covid-19 sa priorité numéro un, il veut également combattre les inégalités sociales, mais avec des mesures encore floues.

L'été prochain, il devra faire face à une nouvelle élection, cette fois-ci à la Chambre haute du Parlement qui, selon le quotidien économique Nikkei, sera un test de "ce qu'il aura accompli" d'ici là.

Prévoyant de se rendre au sommet sur le climat de la COP26 qui vient de s'ouvrir à Glasgow (Ecosse), M. Kishida devrait quitter le Japon mardi pour ce premier déplacement à l'étranger en tant que Premier ministre.

La coalition gouvernementale, surtout le PLD, redoutait une perte de sièges substantielle après la démission en septembre du prédécesseur de M. Kishida, Yoshihide Suga, un an seulement après son entrée en fonction.

M. Suga avait battu des records d'impopularité en raison de sa gestion maladroite de la crise sanitaire et du maintien coûte que coûte des Jeux olympiques de Tokyo l'été dernier, malgré la désapprobation d'une majorité de Japonais.

- "Pas d'autre choix" -

Cinq partis d'opposition, dont le principal d'entre eux, le Parti démocrate constitutionnel (PDC, centre-gauche), s'étaient associés dans de nombreuses circonscriptions pour ces législatives.

<p>Dépouillement dans un bureau de vote de Tokyo, le 31 octobre 2021</p>

Mais ils n'ont pas réussi à faire une percée, en raison de désaccords entre le PDC et le Parti communiste japonais, notamment sur les relations entre le Japon et les Etats-Unis.

La surprise de ces législatives est venue d'un parti populiste originaire d'Osaka (ouest), le Parti japonais de l'innovation (Nippon Ishin no Kai), qui est devenu la troisième force parlementaire du pays avec 41 sièges, soit quatre fois plus que précédemment.

Cette formation, qui n'était pas dans l'alliance de l'opposition, "a recueilli les voix d'électeurs conservateurs frustrés par la coalition gouvernementale PLD-Komeito", a estimé le quotidien conservateur Yomiuri.

Le taux officiel de participation aux législatives s'est établi à 55,93%, le troisième plus bas depuis l'après-guerre mais en légère progression par rapport aux élections de 2017.

Plusieurs habitants de Tokyo ont déclaré lundi à l'AFP avoir été surpris par les résultats.

"Je pensais que le Parti libéral-démocrate allait perdre plus de sièges (...). Il n'y a pas d'autres partis politiques en qui avoir confiance, donc je pense que nous n'avons pas d'autre choix" a estimé Kimio Okada, un retraité de 72 ans.

"J'ai l'impression que le PLD ne fait rien pour le pays alors qu'il est au pouvoir depuis longtemps" a pesté Michiko Kitamura, une femme de 73 ans.

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