Baudelaire, son mal-être et son fragile héritage à la BnF

AFP
<p>Extrait de la lettre d'adieux de Charles Baudelaire, lors d'une vente aux enchères, à Paris, le 25 octobre 2018</p>

Charles Baudelaire, qui ne trouva jamais vraiment sa place dans son siècle et qui laissa peu de traces matérielles, est au centre d'une exposition qui ouvre mercredi à la Bibliothèque nationale de France (BnF).

Le poète est né il y a 200 ans en avril.

Peu de traces nous restent d'un homme qui vécut toujours pourchassé par des créanciers, incertain du succès de son œuvre, censuré, et malheureux dans ses rapports avec les deux femmes de sa vie, sa mère et son amante Jeanne Duval.

L'exposition "Baudelaire, la modernité mélancolique", à la bibliothèque François-Mitterrand jusqu'au 13 février, montre un exemplaire des épreuves, corrigées de sa main, des "Fleurs du mal", le recueil qui témoigna de son génie.

"On voulait absolument les présenter", explique Jean-Marc Chatelain, l'un des trois commissaires de l'exposition. La BnF les a acquises en 1998 à la faveur d'une vente publique, après de longues années dans une collection privée.

Il n'existe pas de manuscrit des "Fleurs du mal", ensemble de poèmes écrits à des époques très différentes, et parus en premier lieu, pour certains, dans des journaux qui sont exposés.

L'autre pièce littéraire exceptionnelle exposée est le manuscrit inachevé de "Mon cœur mis à nu", des fragments en prose assemblés de manière posthume par l'éditeur de Baudelaire.

Les originaux de photographies du poète sont aussi présentés. "Ce qui caractérise les portraits de Baudelaire, c'est qu'ils sont très bons (...) Notre théorie, c'est que Baudelaire exerçait sur ses photographes, Félix Nadar et Etienne Carjat, un contrôle étroit de son image. Comme des autoportraits tirés par d'autres", détaille Sylvie Aubenas, autre commissaire.

L'exposition est un voyage dans la tête de Baudelaire, très visuel, et tourmenté. Elle met en valeur beaucoup d'artistes qui l'ont influencé, comme le peintre Eugène Delacroix ou des graveurs ayant représenté un Paris bouleversé par les grands travaux d'Haussmann. La maison natale de l'écrivain n'y a ainsi pas survécu.

"Nous avons souhaité que l'image soit d'autant plus présente dans l'exposition que Baudelaire a été lui-même un grand amateur d'images", en tant qu'esthète, critique d'art et ami de peintres, selon Jean-Marc Chatelain.

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