Chili: deux aborigènes mapuche tués dans des affrontements avec la police

AFP
<p>Des militaires chiliens bloquent des manifestants mapuche à l'entrée d'un hôpital à Temuco, le 3 novembre 2021</p>

Deux aborigènes mapuche, le principal peuple autochtone du Chili, ont été tués et trois autres blessés lors d'affrontements avec la police et l'armée dans la province d'Arauco, dans le sud du pays, une région militarisée et placée sous état d'urgence à la suite d'une vague de violences.

"Je peux confirmer jusqu'à présent deux décès et trois personnes blessées qui ont été emmenées dans différents hôpitaux", a déclaré le ministre de l'Intérieur Rodrigo Delgado depuis la capitale.

Les personnes décédées, de 23 et 44 ans, ont succombé à des blessures par balle, selon le gouvernement, qui a également signalé l'arrestation de trois personnes.

Tout a commencé quand, plus tôt dans la journée, des policiers et soldats ont arrêté deux aborigènes à bord d'un véhicule identifié comme volé, sur une route de la région du Biobio.

L'arrestation a provoqué l'indignation d'un autre groupe d'aborigènes qui manifestaient non loin contre la militarisation de cette zone. Ils ont tenté de libérer les deux hommes, ce qui a conduit à une confrontation au cours de laquelle des coups de feu ont été tirés.

Selon le ministre, les décès sont survenus lors de deux attaques menées par des hommes encagoulés qui ont utilisé des "armes de gros calibre" contre la police.

Les forces de l'ordre ont tiré "à balles réelles pour dissuader ces personnes", a-t-il assuré.

Les opérations de ce type font partie des contrôles de circulation dans le cadre de l'état d'urgence ordonné par le gouvernement du président Sebastian Piñera depuis le 12 octobre dans quatre provinces du Biobío et dans la région voisine de La Araucania.

Les deux régions sont engagées dans un conflit historique entre le peuple mapuche et l'État, auquel les autochtones réclament des terres qu'ils considèrent comme leur par droit ancestral et qui ont été cédées à des propriétaires privés, principalement des entreprises forestières et des propriétaires fonciers.

L'absence de solution à ce conflit a fait escalader la violence au cours de la dernière décennie, ponctuée d'incendies criminels de terrains privés et de camions.

Les Mapuches, soit 1,7 million de personnes sur 19 millions de Chiliens, surtout présents dans le sud, réclament de longue date la restitution de leur terres aux mains de propriétaires terriens ou de forestiers.

Début octobre, des affrontements avaient éclaté à Santiago entre manifestants et forces de l'ordre au cours d'une "Marche pour la résistance mapuche et l'autonomie des peuples", faisant un mort et 17 blessés.

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