"Assez de bla bla": les jeunes dans les rues de Glasgow pour le climat

Amélie BOTTOLLIER-DEPOIS et Martine PAUWELS
<p>Des militants écologistes d'Ocean Rebellion, déguisés en "Oil heads", manifestent devant la raffinerie de Grangemouth, en Ecosse, en pleine COP26, le 2 novembre 2021</p>

Quelques centaines de jeunes militants écologistes commençaient à se rassembler vendredi matin à Glasgow pour pousser les gouvernements à agir, à la fin de la première semaine de la conférence climat COP26.

Portant des banderoles comme "Défendez l'avenir", chantant et scandant, ils ont commencé à se rassembler près d'un parc du centre de la ville écossaise qui abrite cette conférence présentée comme cruciale.

D'importantes mesures de sécurité étaient en place autour du site, déjà très sécurisé en temps ordinaire, et les organisateurs ont prévenu de possibles problèmes de circulation à travers toute la ville, ainsi que pour une autre manifestation attendue samedi.

<p>Des militants d'Extinction Rebellion manifestent devant les bureaux de JP Morgan à Glasgow, en pleine COP26, le 2 novembre 2021</p>

Julia Klein, interprète de 50 ans, est venue manifester avec son fils de 10 ans.

"C'est les gosses qui vont vraiment être affectés par tout ça. Et ils en sont déjà conscients. Je veux qu'ils aient une planète propre. Pas qu'ils doivent se battre pour la nourriture ou mourir dans des incendies ou des inondations", dit-elle à l'AFP.

Pour la jeune militante ougandaise Vanessa Nakate, "des manifestations comme celle-là mettent la pression sur les gens au pouvoir, et nous savons que ce mouvement doit grossir pour obtenir les changements dont nous avons besoin pour assurer la sécurité des générations présentes et futures".

Inspirés par la jeune suédoise Greta Thunberg, des millions de jeunes sont descendus dans la rue à travers le monde en 2019 pour réclamer à leur dirigeants d'agir plus vite et plus fort contre le réchauffement de la planète.

Interrompues par la pandémie de Covid-19, ces manifestations hebdomadaires du vendredi reprennent depuis quelques semaines, avec toujours à leur tête leur égérie scandinave dont les formules choc se retrouvent sur les banderoles.

<p>La militante écologiste suédoise Greta Thunberg lors d'une manifestation à Glasgow, le 1er novembre 2021</p>

Comme les "bla bla" qui rythment ses accusations depuis quelques mois.

"Ce n'est plus une conférence climat. C'est un festival de greenwashing des pays riches. Une célébration de deux semaines du business as usual et du bla bla", a-t-elle encore dénoncé jeudi sur Twitter, à la veille de la manifestation, pendant laquelle elle doit s'adresser à la foule.

- "Le monde nous entendra" -

Lundi, lors du sommet qui a ouvert cette COP considérée comme cruciale pour l'avenir de l'humanité, la jeune Kenyanne Elizabeth Wathuti demandait aux dirigeants d'"ouvrir leurs coeurs pour les peuples en première ligne de la crise climatique" et de prendre leurs "responsabilités".

<p>Carte de Glasgow montrant le tracé de la manifestation du mouvement "Fridays For Future"</p>

"Jusqu'ici ils ne l'ont pas fait, mais les milliers de voix dans les rues ce week-end feront en sorte qu'ils écoutent", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

A l'intérieur du centre de conférence, vendredi sera aussi la journée de la jeunesse.

En octobre, le ministre de l'Environnement italien Roberto Cingolani et le président de la COP26 Alok Sharma avaient promis de transmettre à Glasgow le manifeste adopté par 400 jeunes du monde entier réunis à Milan sous l'égide de l'ONU: une cinquantaine de pages de propositions en matière de transition énergétique, de financements ou de participation citoyenne.

Après les jeunes vendredi, une coalition plus large d'organisations appelle à manifester samedi lors d'événements simultanés partout dans le monde.

"Depuis dix ans, les tempêtes dans le Pacifique sont plus violentes, les sécheresses sont plus longues et les inondations plus fortes. Les pêcheurs ne peuvent plus nourrir leur famille. C'est pour ça que je marche", a souligné dans un communiqué Brianna Fruean, venue des Samoa avec les Pacific Climate Warriors. "Nous refusons d'être seulement des victimes de cette crise. Nous ne nous noyons pas, nous nous battons, et samedi, le monde nous entendra".

<p>Des membres de la "Red Rebel Brigade" lors d'une manifestation d'Extinction Rebellion, le 2 novembre 2021 à Glasgow, pendant la COP26</p>

L'accord de Paris de 2015 vise à limiter le réchauffement de la planète bien en deça de +2°C, si possible +1,5°C, pour éviter les pires impacts du dérèglement climatique, qui provoquent déjà des ravages à travers la planète. Chaque dixième de degré supplémentaire entraîne son lot de conséquences.

Mais, selon les dernières estimations de l'ONU, le monde se dirige vers un réchauffement "catastrophique" de +2,7°C.

Ces derniers jours, de nouveaux engagements renforcés ont été annoncés par l'Inde, le Brésil ou encore l'Argentine, ce qui pourrait faire évoluer ces prévisions, mais les analyses ne sont pas encore disponibles.

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