Un vote sur les infrastructures prévu au Congrès, demi-succès en vue pour Biden

Camille CAMDESSUS
<p>Le Capitole, siège du Congrès américain, à Washington, le 1er octobre 2021</p>

La Chambre des représentants était sur le point de voter vendredi soir sur un vaste plan d'investissements dans les infrastructures américaines, qui, en cas d'adoption, offrirait un succès partiel pour Joe Biden.

Le président démocrate bataille depuis des mois pour faire adopter deux plans ambitieux, l'un portant sur 1.200 milliards de dollars de dépenses pour rénover les routes, les ponts et le réseau internet américains, le second pour réformer profondément le système de protection sociale du pays et investir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Ce second volet se chiffre à 1.750 milliards.

Si la Chambre adoptait vendredi soir le programme d'infrastructures, les démocrates sauveraient les meubles après avoir dû reporter à après mi-novembre le vote du projet de dépenses sociales.

"J'exhorte tous les membres à voter (...) pour le passage définitif ce soir de la loi bipartisane sur les infrastructures", a déclaré dans un communiqué Joe Biden. Il s'est également dit confiant dans l'approbation "dans la semaine du 15 novembre" de la loi portant sur le volet social.

La Chambre américaine des représentants s'était réunie dans la matinée avec un objectif clair: valider enfin ces deux plans d'un montant total de 3.000 milliards de dépenses grâce auxquelles il promet de transformer l'Amérique.

Le très volumineux volet social, prévoit notamment l'école maternelle pour tous, une profonde amélioration de la couverture maladie et des investissements significatifs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre -- une profonde redéfinition de l'Etat providence aux Etats-Unis.

<p>La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, lors d'une conférence de presse au Congrès, le 28 octobre 2021</p>

Mais ce projet fait l'objet de tractations très difficiles au sein du parti démocrate, notamment entre l'aile gauche et le camp modéré.

- "Un défi" -

Toute la journée, la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a tenté de mettre ses troupes en ordre de marche, et de susciter de l'adhésion pour les projets du président.

"Le programme que nous mettons en avant est novateur, historique, et c'est ce qui en fait un défi", avait-elle déclaré dans une lettre aux démocrates, comme pour expliquer ces querelles intestines entre élus du parti.

<p>Des bornes de rechargement de voitures électriques, à Arlington, en Virginie, le 13 août 2021</p>

Mais des négociations de dernière minute -- des élus modérés exigeant des précisions de chiffrage sur ces dépenses -- ont fini par paralyser le processus et contraint les chefs au Congrès à repousser, une fois encore, la tenue d'un vote.

De son côté, le projet colossal d'investissements dans les infrastructures a déjà été approuvé au Sénat mi-août, soutenu par des élus des deux partis. Après son passage à la Chambre, il devrait ne devrait plus qu'être ratifié par le président avant d'entrer en vigueur.

<p>Le président américain Joe Biden, à Washington, le 3 novembre 2021</p>

Joe Biden, confronté à une cote de popularité qui dégringole et affaibli par une défaite retentissante à une élection locale en Virginie cette semaine, a grandement besoin de ce succès.

Mais l'aile progressiste du parti démocrate a prévenu à de maintes reprises qu'elle ne soutiendrait pas ce texte sans une garantie du passage du volet social et climatique de Joe Biden. C'est pourquoi un vote de procédure, première étape du processus parlementaire, était également prévu vendredi soir sur ce texte.

- Dans les mains de Manchin -

<p>Le dome du Congrès américain, à Washington, le 14 octobre 2021</p>

Déplacements de Biden au Capitole, petits-déjeuners avec des élus... La Maison Blanche s'évertue par tous les moyens à grappiller des soutiens.

Car l'exécutif américain le répète à l'envi: les programmes de dépenses du président sont très populaires auprès des Américains, selon les sondages. Or les démocrates remettront en jeu dans un an leur étroite majorité au Congrès lors d'élections parlementaires de mi-mandat, toujours périlleuses pour les présidents en place.

Mais Joe Biden, qui a vanté durant la campagne présidentielle ses talents de négociateur du fait de sa longue carrière de sénateur, bute sur ces querelles intestines.

Et le président n'est pas au bout de ses peines.

<p>Le sénateur américain Joe Manchin, au Congrès américain, le 1er novembre 2021</p>

S'il obtient après la mi-novembre le feu vert des élus à la Chambre, son grand volet social devra encore être approuvé au Sénat, où il risque d'être significativement retouché.

Son sort est plus particulièrement entre les mains d'un élu de Virginie-Occidentale, le sénateur Joe Manchin, qui dit craindre que le plan ne creuse davantage la dette publique et n'alimente l'inflation.

Au vu de la très fine majorité démocrate au Sénat, il possède virtuellement un droit de veto sur le projet.

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