Effervescence aux frontières américaines avec la fin des restrictions pour les vaccinés

Juliette MICHEL
<p>De nombreux Mexicains à pied ou en voiture attendent de traverser le poste-frontière avec les Etats-Unis de San Ysidro à Tijuana, au Mexique, le 7 novembre 2021</p>

"On va pleurer, puis aller dîner en famille": à l'aéroport JFK de New York, Louise Erebara attend avec impatience sa soeur Jill. Elle ne l'a pas vue depuis la fermeture il y a 20 mois des frontières américaines, qui ont rouvert lundi aux personnes entièrement vaccinées contre le Covid-19.

Le "travel ban" imposé aux voyageurs notamment du Mexique, du Canada et d'Europe par l'ex-président américain Donald Trump début 2020, puis confirmé par son successeur Joe Biden, a séparé amis et familles, perturbé les relations d'affaires et contrarié les plans personnels, devenant emblématique des bouleversements provoqués par la pandémie.

Au terminal 7 de JFK, la famille Erebara - Louise, son mari Tony et leurs enfants Demaine et Bowie - attend l'arrivée du premier vol British Airways parti de Londres, qui devait atterrir en fin de matinée.

La zone d'arrivée, où régnait un air de fête, a été décorée de ballons bleus, blancs et rouges.

"Aujourd'hui, ça fait 730 jours qu'on ne s'est pas vus. Ils sont partis le 8 novembre 2019", explique Louise à propos de sa soeur et son beau-frère.

"C'était terrible de ne pas savoir quand on les reverrait à cause du Covid, de ne pas savoir si les frontières rouvriraient un jour", dit-elle à l'AFP.

Quand elle retrouvera enfin sa soeur, "je vais pleurer de façon hystérique, et puis nous irons en ville et ce soir nous dînerons en famille", affirme-t-elle, un bouquet de fleurs à la main.

- Embouteillages -

Dans la ville frontalière de Tijuana, au Mexique, de nombreux voyageurs à pied ou en voiture ont patienté de longues heures avant l'aube au poste-frontière de San Ysidro.

Les autorités mexicaines s'attendent à des embouteillages monstres à la frontière, où les temps d'attente pourraient atteindre quatre heures.

<p>Isabel Gonzalez (C), une habitante de Tijuana, traverse le poste-frontière entre le Mexique et les Etats-Unis le 8 novembre 2021</p>

De l'autre côté du pays, à la frontière canadienne, les voyageurs se sont précipités au poste du pont des Mille-Iles, en Ontario, dès les premières heures de la réouverture.

Parmi les voyageurs, de nombreux "snowbirds", des retraités fuyant le rigoureux hiver canadien pour la douceur de la Floride.

Donald Trump avait imposé dès février 2020 des restrictions aux voyages en provenance de Chine, étendues le 13 mars aux pays européens de l'espace Schengen et quelques jours après à la Grande-Bretagne et l'Irlande, tandis que les frontières terrestres avec le Mexique et le Canada étaient en très grande partie fermées.

Avec tous ces pays, la densité des échanges humains et économiques est immense.

<p>Principaux changements dans la sécurité des aéroports aux États-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001. Les États-Unis rouvrent leurs frontières lundi 8 novembre après 20 mois de restrictions</p>

A l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle, Charlotte Boulais, 27 ans, se réjouissait de pouvoir retourner à New York: "On est content de voyager, de reprendre le tourisme et de revoir nos amis".

Paul Ceyrac, 34 ans, ne s'est pas rendu depuis environ deux ans aux Etats-Unis où il allait régulièrement pour raisons professionnelles. Il va à New York pour la réouverture du restaurant d'une amie, puis à Chicago pour le fonds d'investissement qui l'emploie.

- Augmentation des vols -

<p>Des automobilistes traversent le Rainbow Bridge, poste-frontières entre le Canada et les Etats-Unis, le 8 novembre 2021</p>

Beaucoup de familles des deux côtés de l'Atlantique attendaient ces retrouvailles avec fébrilité. Il était certes possible d'aller des Etats-Unis vers l'Europe depuis l'été dernier, mais les étrangers installés sur le sol américain et détenteurs de certains visas n'avaient aucune garantie de pouvoir retourner dans leur pays de résidence.

Les compagnies aériennes ont augmenté le nombre de vols transatlantiques et vont utiliser de plus gros avions. Cette levée des restrictions est une vraie bouffée d'oxygène pour le secteur.

Au total, 3.688 vols sont prévus entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis en novembre, 21% de plus qu'en octobre mais toujours 49% de moins qu'avant la pandémie, selon le cabinet spécialisé Cirium.

Plus d'une trentaine de pays sont concernés par la levée des restrictions d'entrée pour les voyageurs "non essentiels", mais ces derniers resteront sous surveillance.

Pour ceux arrivant par les airs, les Etats-Unis demandent une preuve de vaccination, un test dans les trois jours avant le départ et la mise en place par les compagnies aériennes d'un système de suivi des contacts.

Pour la voie terrestre, elle se fera en deux temps.

Dès lundi peuvent traverser les personnes venant pour des raisons familiales ou touristiques, à condition d'être vaccinées. Les personnes venant pour motifs impérieux - comme les chauffeurs routiers - en seront dispensées.

A partir de janvier, l'obligation vaccinale vaudra pour tous les visiteurs, quel que soit leur motif d'entrée.

Selon les autorités sanitaires américaines, tous les vaccins approuvés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) seront acceptés, à savoir pour l'instant ceux d'AstraZeneca, Johnson & Johnson, Moderna, Pfizer/BioNTech, l'indien Covaxin, et les vaccins chinois homologués en urgence Sinopharm et Sinovac.

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