Enquête ouverte pour enlèvement après la disparition d'une joggeuse en Mayenne

Antoine AGASSE, avec Hélène Duvigneau à Rennes
<p>Céline Maigne, procureur de la République à Laval, lors de sa conférence de presse le 9 novembre 2021</p>

Une enquête pour enlèvement et séquestration a été ouverte mardi au lendemain de la mystérieuse disparition en Mayenne d'une joggeuse de 17 ans tandis que se poursuivaient d'importantes recherches pour tenter de la retrouver.

"Cette qualification d'enlèvement et séquestration est punie d'une peine délictuelle dans l'hypothèse où l'auteur des faits libère volontairement et rapidement la personne retenue", a déclaré devant la presse la procureure de la République de Laval Céline Maigné, semblant s'adresser à un éventuel ravisseur.

La procureure a toutefois souligné que les "premiers éléments recueillis" ne permettaient "en l'état d'écarter aucune piste, qu'elle soit criminelle, accidentelle ou de fugue", 24 heures après la disparition de la jeune lycéenne.

La jeune fille était partie de son domicile à Saint-Brice lundi vers 16H00 pour faire un jogging, "une activité qui lui est habituelle", selon la magistrate.

Sa disparition a été signalée à 18H40 à la gendarmerie par ses parents. "Son père, alerté par la durée de son absence, s'est rendu sur le parcours qu'elle effectue généralement et ne l'y a pas retrouvée", a précisé Mme Maigné. "Ses recherches l'ont amené à découvrir différents effets qu'il reconnaît comme appartenant à sa fille et qui sont en cours d'exploitation".

La procureure a décrit "une jeune fille qui ne présente pas de particularité notable et qui est parfaitement insérée, entourée, sportive, qui poursuit ses études dans un lycée de la région".

D'après l'application Strava, qui permet de partager ses performances sportives grâce à un suivi GPS, la jeune fille avait l'habitude d'effectuer une boucle d'environ 5 km, en 25 minutes, au nord du bourg de Saint-Brice. Lundi, son parcours s'est interrompu au bout de 5 minutes, à un kilomètre seulement de son domicile, à l'intersection de deux routes dans une zone non boisée, près de la forêt domaniale de Bellebranche.

Un homme en état d'ébriété a été placé en garde à vue lundi soir, "afin de permettre d'éclaircir son emploi du temps au vu des quelques incohérences lors de ses premières déclarations", a précisé Mme Maigné, qui n'a pas exclu sa remise en liberté dès mardi.

D'après RTL, cet homme de 42 ans avait été interpellé lundi en fin de soirée et placé en cellule de dégrisement, après avoir passé plusieurs coups de téléphone à la gendarmerie pour obtenir des informations concernant la disparition de l’adolescente.

- 200 militaires mobilisés -

Deux cents gendarmes restent actuellement mobilisés, "jusqu'à ce que nous décidions de suspendre les opérations de recherches", a indiqué le colonel Pierre-Yves Le Trong, commandant du groupement de gendarmerie de la Mayenne.

Il s'agit notamment de plongeurs, de gendarmes mobiles, d'équipes cynophiles, d'hélicoptères, et d'équipes à cheval pour les zones boisées.

Le terrain est "difficile car étendu", a souligné la procureure. "Nous sommes actuellement sur une recherche qui porte à peu près sur 190 hectares, sur un terrain partiellement boisé et parsemé d'étendues d'eau."

<p>Des gendarmes participent aux recherches pour retrouver la joggeuse de 17 ans portée disparue en Mayenne, le 9 novembre 2021</p>

Mardi après-midi, les gendarmes bloquaient les principales routes d'accès à la forêt de Bellebranche et à ses environs. De nombreux véhicules de gendarmerie, notamment les camionnettes des techniciens en identification criminelle, sillonnaient cette petite commune rurale de 530 personnes, à l'habitat très dispersé.

Un hélicoptère survolait les environs tandis que des gendarmes interrogeaient les voisins de l'adolescente disparue.

L'enquête judiciaire, confiée à la section de recherches de la gendarmerie d'Angers et à la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Château-Gontier sur Mayenne, mobilise en outre une quarantaine de personnes dont des spécialistes d'analyse criminelle et des nouvelles technologies.

"Le but commun des services d'enquête et de la justice est de permettre de retrouver cette jeune fille le plus rapidement possible et d'éclaircir les circonstances de sa disparition", a souligné la procureure.

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