Le mari de l'Irano-Britannique Zaghari-Ratcliffe ne peut continuer sa grève de la faim "beaucoup plus longtemps"

AFP
<p>Richard Ratcliffe a entamé sa grève de la faim le 24 octobre.</p>

Le mari d'une Britannico-Iranienne retenue par la justice iranienne depuis 2016 a estimé jeudi ne pas pouvoir continuer "beaucoup plus longtemps" sa grève de faim entamée en octobre pour alerter sur son sort, se disant déçu après la visite d'une délégation iranienne.

"Nous n'allons pas pouvoir continuer beaucoup plus longtemps parce que c'est ce que dit mon corps", a constaté Richard Ratcliffe, assurant avoir promis à son épouse Nazanin Zaghari-Ratcliffe de "ne pas aller trop loin".

Au 19e jour de sa grève de la faim, une délégation menée par le haut diplomate iranien Ali Bagheri Kani s'est rendue au Foreign Office à Londres.

Richard Ratcliffe y a été ensuite reçu mais il a jugé "assez déprimant" le compte-rendu qu'on lui avait fait.

Si le sort de son épouse a bien été évoqué, la rencontre entre délégations a été "cordiale", lui a-t-on dit. "Je ne pense pas qu'un message assez clair ait été envoyé sur le fait que ce n'est pas bien de prendre des otages. Je ne pense pas que l'Iran subisse de quelconques conséquences pour continuer à prendre en otage des citoyens britanniques", a-t-il ajouté.

"Je ne vois pas ce qui les retient de jouer avec Nazanin", a-t-il estimé.

<p>Le haut diplomate iranien Ali Bagheri Kani a été reçu au Foreign Office, le 11 novembre 2021</p>

Cheffe de projet pour la Fondation Thomson Reuters, branche philanthropique de l'agence de presse du même nom, Nazanin Zaghari-Ratcliffe avait été arrêtée en 2016 à Téhéran, où elle venait rendre visite à sa famille. Elle avait été accusée de complot pour renverser la République islamique, ce qu'elle nie farouchement, et condamnée à cinq ans de prison.

Après avoir purgé sa peine, elle a été de nouveau condamnée fin avril à un an de prison pour avoir participé à un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Londres en 2009.

Mi-octobre, Mme Zaghari-Ratcliffe a perdu son appel, faisant craindre à ses proches un retour imminent en prison, d'où elle avait été autorisée à sortir avec un bracelet électronique en mars 2020, à cause du Covid-19.

M. Ratcliffe estime que sa femme se retrouve prise en otage à cause d'une vieille dette de 400 millions de livres (467 millions d'euros), que Londres refuse de régler depuis l'éviction du shah d'Iran en 1979.

© 2021 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.