New York rouvre ses bras aux touristes européens

Nicolas REVISE, avec Eléonore SENS
<p>Des visiteurs admirent la vue depuis le 86ème étage de l'Empire State Building à New York, le 9 novembre 2021, au lendemain de la réouverture des frontières américaines aux voyageurs européens notamment</p>

Les Européens en "rêvaient": après 20 mois de fermeture des frontières américaines due à la pandémie, New York rouvre ses bras aux visiteurs du Vieux continent même si la Grosse Pomme ne retrouvera qu'en 2024 son effervescence touristique d'avant la crise.

Le 8 novembre, les Etats-Unis ont fini par lever leur "interdiction de voyage" aux visiteurs étrangers "non essentiels" en provenance d'une trentaine de pays, dont ceux de l'espace européen Schengen, du Royaume-Uni, de Chine, d'Inde ou de Russie. A la condition d'être complètement vaccinés.

Et depuis quelques jours, l'île de Manhattan - poumon économique mondial et aimant touristique international - est nettement plus animée, avec une amorce de retour des Européens.

A l'instar d'Eglantine Lasserre, une Bordelaise de 40 ans, qui, dès lundi, a pris le premier avion depuis la France: "New York a toujours été un rêve. Quand j’ai entendu parler de la réouverture des frontières, j’ai sauté sur l’occasion et suis arrivée directement le 8" novembre, raconte-t-elle tout sourire à l'AFP, au milieu du célébrissime décor d'écrans géants publicitaires de Times Square.

- Mosaïque urbaine -

Alexis Maynier aussi, un agriculteur de 33 ans dans l'Aveyron, déambule pour la toute première fois sur Broadway, la 5ème Avenue et dans les méandres de Central Park, sous le ciel bleu azur et la belle lumière d'automne de la côte Est des Etats-Unis.

<p>Une touriste prend des photos depuis les hauteurs de l'Empire State à New York, le 9 novembre 2021, au lendemain de la réouverture des frontières américaines aux touristes étrangers, notamment européens</p>

Avec sa femme Camille, ils se sont sentis "beaucoup contraints" par près de deux années de pandémie en France, ont eu "envie de reprendre des activités plus normales et de profiter" de l'incroyable mosaïque urbaine que forment New York et ses cinq arrondissements (Manhattan, Brooklyn, Queens, le Bronx et Staten Island).

De fait, le "tourisme est le moteur économique" de la plus grande ville des Etats-Unis, souligne Chris Heywood, vice-président de NYC & Company, l'office de tourisme de la ville.

En 2019, New York avait accueilli "66,6 millions de visiteurs" américains et étrangers, représentant un poids économique de "70 milliards de dollars" et de "403.000 emplois", détaille pour l'AFP le responsable, dans une métropole de plus de huit millions d'habitants et dont le budget municipal tutoie les 100 milliards de dollars.

Avec "8,5 millions de visiteurs internationaux" espérés en 2022, Chris Heywood reconnaît que New York aura besoin de "quelques années pour être pleinement de retour" dans la compétition touristique mondiale face à Paris, Londres ou Rome.

"Nous tablons sur la fin de 2024 pour retrouver les niveaux de 2019", prédit-il.

- New York revient de loin -

De fait, le ville revient de très loin.

En 2020, New York était méconnaissable: les artères de Manhattan désertées pendant des semaines comme dans un film de science-fiction, les services hospitaliers et funéraires débordés par une épidémie de Covid-19 qui a tué au moins 34.000 personnes, les habitants terrés et auto-confinés chez eux avec pour seule sortie des courses de première nécessité.

<p>Des touristes se font photographier avec le "cow-boy nu", l'une des attractions de Times Square, à New York, le 9 novembre 2021, au lendemain de la réouverture des frontières américaines aux visiteurs étrangers, notamment européens</p>

Rafael Delazari, un sexagénaire brésilien résidant en Sardaigne a lui aussi vécu durement la pandémie et les "confinements" en Italie. Il a donc réservé à New York et à son mythique Empire State Building son premier voyage à l'étranger depuis près de deux ans, heureux de se retrouver "dans la capitale du monde".

Traumatisée par l'épidémie, New York impose depuis septembre à ses visiteurs l'obligation vaccinale pour ses musées, salles de spectacle, restaurants...

Rien que de très normal pour Eglantine Lasserre: "On se sent complètement en sécurité et on aurait même tendance à oublier tout ce que l’on a vécu et du coup ça fait du bien".

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