Le port du masque à l'école à nouveau obligatoire en France

Anne-Sophie MOREL
<p>Le port du masque est de nouveau obligatoire à l'école élémentaire à partir de lundi dans toute la France</p>

"On a fait un peu de pédagogie pour que ce matin il accepte le masque". Depuis lundi matin, les élèves des écoles élémentaires de toute la France doivent à nouveau se couvrir le nez et la bouche, afin d'enrayer l'augmentation des contaminations par le Covid-19.

Jusqu'à présent, le masque n'était obligatoire que pour les écoliers du CP au CM2 de 61 départements.

"Tous les départements passent au niveau 2 du protocole sanitaire", lundi "de nouveau port du masque pour tous les élèves" de l'école élémentaire, a annoncé le 9 novembre le ministère de l'Education nationale, à la suite de l'intervention du président Emmanuel Macron.

"On a fait un peu de pédagogie pour que, ce (lundi) matin, il accepte le masque mais bon, c'est un peu compliqué car on leur a dit de l'enlever puis là de le remettre", dit à l'AFP Benjamin Le Floch, 40 ans, devant l'école primaire Kerisbian de Brest, dans le Finistère.

A quelques mètres de là, Julie David, 35 ans, mère d'une fillette de 7 ans tempère: "Je sais bien que les cas sont en hausse. C’est une question de santé pour tous".

Anna Lebouder, 35 ans, mère de deux enfants de 6 et 8 ans, assure que "c'est très dur pour les enfants. On a du mal à s'y remettre. Hier soir, ils en ont beaucoup parlé. Ils étaient tristes".

A Saint-Etienne, devant l'école primaire de La Vivaraize, les parents d'élèves sont mécontents. "C'est décevant car on pensait en être sorti. C'est l'alternance du chaud et du froid. Il y a ce côté ascenseur émotionnel", critique Rachid, 42 ans.

<p>Graphique montrant l'évolution des hospitalisations et des personnes en soins critiques en France, au 14 novembre</p>

"L'habitude de l'avoir enlevé ça leur a fait du bien, même si certains préféraient le garder ces dernières semaines. Le sentiment est mitigé mais personnellement, je pense qu'ils seraient mieux sans", estime Jérémy Descos, 32 ans.

La généralisation du port du masque marque un retour en arrière. Le gouvernement avait annoncé en septembre la fin du port du masque en primaire dans les départements les moins touchés par l'épidémie.

- Limitation du brassage par niveau -

Début octobre, 47 départements avaient pu l'enlever, suivis par d'autres les semaines suivantes. Au total, le port du masque à l'école avait été levé avant novembre dans 79 départements, avant de revenir en force avec la reprise de l'épidémie.

Depuis le retour des vacances de la Toussaint, les élèves du CP au CM2 ont remis le masque dans 39 départements métropolitains où ils l'avaient enlevé ainsi qu'à La Réunion, portant à 57 départements métropolitains et quatre ultramarins le nombre de collectivités où il était obligatoire.

Le nouveau changement de cap est accueilli chez les enseignants entre "fatalisme" et "satisfaction".

<p>Le port du masque est de nouveau obligatoire à l'école élémentaire à partir de lundi dans toute la France</p>

Il y a "un certain fatalisme, un épuisement voire une exaspération dans la manière dont les messages du gouvernement sont passés. Mardi, suite à l'allocution de M. (Emmanuel) Macron, personne n'avait vraiment compris que le masque était rétabli partout", regrette Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa.

Pour Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT, la nouvelle mesure semble surtout "raisonnable". "C'est une satisfaction car il s'agit d'une mesure de précaution cohérente face à la dynamique de l'épidémie".

"Le but est toujours de fermer le moins de classes possible et d'éviter que l'épidémie ne s'emballe, à l'école et ailleurs", souligne-t-elle.

Pour Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, le premier syndicat du primaire, le passage de tous les départements au niveau 2 du protocole signifie aussi "le retour au non-brassage sur les temps périscolaires ou encore à la cantine".

Le protocole de niveau 2 oblige "une limitation du brassage par niveau" ou encore "une désinfection des surfaces les plus fréquemment touchées plusieurs fois par jour et des tables du réfectoire après chaque service".

"C'est un véritable casse-tête dans beaucoup d'écoles, notamment sur l'organisation des récréations", ajoute M. Crochet.

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