Ouganda: la capitale sous haute sécurité au lendemain d'un double attentat suicide

AFP
<p>Un démineur de la police ougandaise s'apprête à faire exploser un paquet suspect, accroché près du commissariat central de Kampala, le 16 novembre 2021</p>

Rues barrées, check-points, patrouilles armées: la capitale ougandaise Kampala était placée sous haute surveillance mercredi, au lendemain d'un double attentat suicide revendiqué par le groupe Etat islamique (EI), qui a fait trois morts et plusieurs dizaines de blessés selon la police.

Les deux attentats, menées par trois kamikazes, ont eu lieu mardi matin à trois minutes d'intervalle, d'abord à un check-point près du quartier général de la police, puis à proximité du parlement, dans le quartier d'affaires de la capitale ougandaise.

"La sécurité a été renforcée dans et autour de Kampala pour garantir que la population soit à l'abri de tout danger", a déclaré mercredi à l'AFP le porte-parole de la police métropolitaine de Kampala, Like Owoyesigyire, encourageant "le public à rester en état d'alerte élevé car les menaces sont réelles et importantes".

Mercredi matin, de nombreux policiers et militaires en armes étaient visibles à Kampala et des check-points avaient été installés sur certains axes, provoquant des bouchons, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans le quartier d'affaires, certaines rues étaient barrées et plusieurs administrations sont restées fermées au public.

Des enquêteurs continuaient d'inspecter les sites des attentats qui ont fait au moins trois morts et 33 blessés, selon la police.

Certains habitants restaient méfiants, évitant de se déplacer dans la capitale.

<p>Des policiers inspectent des véhicules de police détruits lors d'un attentat suicide près du commissariat central de Kampala, le 16 novembre 2021</p>

"Je ne suis pas allée travailler aujourd'hui à cause des attaques d'hier", a ainsi expliqué à l'AFP Sylvia Nabukeera, une mère de famille de 31 ans travaillant dans un centre commercial de Kampala.

"J'ai arrêté temporairement de travailler pour m'occuper de mes enfants jusqu'à ce que je puisse aller au travail en toute sécurité", a-t-elle ajouté.

La police a attribué les attaques de mardi à un "groupe local lié aux ADF", les Forces démocratiques alliées, rébellion née en Ouganda et active dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, avant que l'EI ne les revendique dans la soirée.

Depuis avril 2019, certaines attaques des ADF sont revendiquées par l'EI qui désigne le groupe comme sa "Province d'Afrique centrale" (Iscap en anglais).

Ce double attentat est la deuxième attaque meurtrière à Kampala revendiquée par l'EI en quelques semaines, après un attentat à la bombe perpétré le 23 octobre dans un restaurant de Kampala, qui avait tué une serveuse et fait plusieurs blessés.

Le surlendemain, une attaque suicide dans un bus près de Kampala avait fait un nombre indéterminé de blessés, sans être revendiquée.

Les autorités ougandaises avaient alors affirmé avoir établi "un haut niveau de connexion" entre les deux attentats, qu'elles ont attribués aux ADF.

Le 8 octobre, l'Iscap avait également revendiqué un attentat à la bombe contre un poste de police de Kampala, qui n'a pas fait de victime connue.

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