Les élus américains s'orientent vers un vote sur le plan de réformes sociales de Biden

Frankie Taggart
<p>Joe Biden le 18 novembre 2021 à Washington</p>

Les élus américains semblaient jeudi en bonne voie de voter sur le gigantesque programme de réformes sociales et écologiques du président Joe Biden et de faire ainsi avancer son projet de transformer le pays, même si le chemin avant son adoption reste long et semé d'embûches.

Le président avait péniblement remporté une première manche avec le passage à la Chambre des représentants, au début du mois, de son plan sur les infrastructures de 1.200 milliards de dollars, le plus grand programme de travaux publics aux Etats-Unis depuis que Dwight Eisenhower a créé le réseau d'autoroutes inter-Etats en 1956.

Pour parachever la vision de Joe Biden, les démocrates de la chambre basse veulent maintenant adopter son plan social et environnemental de 1.750 milliards de dollars, et il est possible qu'ils passent au vote dès jeudi soir.

Mais ils font face à des résistances au moment où les prix, notamment de l'essence, sont en hausse.

Et il restera au Sénat à examiner le texte, ce qui pourrait ne pas arriver avant plusieurs semaines.

La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a dit viser un vote à la Chambre dans la soirée de jeudi, une fois réglées des questions de procédure.

"J'ai signé une loi historique sur les infrastructures, et le plan +Build Back Better+ (Reconstruire en mieux, ndlr) est en route. Cela s'améliore", a assuré Joe Biden sur Twitter jeudi.

Ce plan "est une vision spectaculaire pour l'avenir, avec des actions historiques et porteuses d'une vraie transformation pour le système de santé, les familles et le climat", avait plus tôt affirmé Mme Pelosi dans un courrier aux élus.

Ce volet social et écologique prévoit notamment l'école maternelle pour tous et des investissements conséquents pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les démocrates de la Chambre, qui ne peuvent pas se permettre de perdre plus de trois membres pour remporter tout vote suivant les lignes partisanes, affichent leur optimisme, assurant pouvoir surmonter les différends internes qui marquent depuis des mois le débat sur "Build Back Better".

Quelques démocrates centristes voulaient une analyse complète de la part du bureau du budget du Congrès pour clarifier le coût exact du programme avant d'accepter de voter.

Ce bureau a indiqué jeudi soir que le plan augmenterait le déficit de 367 milliards de dollars sur dix ans.

Ce montant aurait pu déranger certains élus mais ils semblent avoir été rassurés par les déclarations de responsables de la Maison Blanche soulignant que l'estimation ne tient pas compte des économies possibles liées à la fiscalité.

"Mon plan +Build Back Better+ va réduire le déficit de plus de 100 milliards de dollars sur dix ans", a réagi Joe Biden sur Twitter, promettant qu'il permettrait de "baisser les coûts, créer des emplois et reconstruire notre économie".

- Inflation -

Les inquiétudes sur la hausse du coût de la vie viennent assombrir les efforts du président Biden pour convaincre les Américains de l'importance de ses plans.

Le mois dernier, les prix avaient augmenté de 6,2% sur un an, apportant de l'eau au moulin de l'opposition républicaine qui ambitionne de reprendre les deux chambres du Congrès aux démocrates l'an prochain lors des élections de mi-mandat.

Et même si la Chambre adopte le projet de loi cette semaine, le chemin reste long, d'autant que le texte sera certainement retouché par la chambre haute.

Le Sénat étant très exactement divisé (50 élus pour chaque camp), tout démocrate ou affilié a dans les faits ce qui s'apparente à un droit de veto sur tout projet de loi si les républicains serrent les rangs.

Les progressistes dans les deux chambres font pression pour un programme de congé parental payé au niveau national et une couverture maladie élargie, mais les derniers chiffres de l'inflation pourraient affecter leur campagne.

Le sénateur démocrate de Virginie-Occidentale Joe Manchin, principal obstacle à l'adoption de ce projet social et environnemental, a dit s'opposer au congé parental, l'un des éléments les plus populaires du programme.

Les tensions entre démocrates centristes et progressistes à la Chambre ont semblé s'apaiser mais il n'est pas certain que chacun des deux camps votera pour la version qui reviendra du Sénat.

"Nous allons continuer à travailler sur cette loi importante jusqu'à ce qu'elle soit passée", a déclaré le chef démocrate du Sénat Chuck Schumer dans un discours.

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