Pays-Bas: plusieurs milliers de personnes manifestent contre les mesures anti-Covid après les émeutes à Rotterdam

AFP
<p>Des manifestants contre les mesures sanitaires du gouvernement défilent à Breda, aux Pays-Bas, le 20 novembre 2021</p>

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi dans le calme aux Pays-Bas contre les mesures sanitaires, au lendemain d'une "orgie de violence" ayant frappé Rotterdam où 51 personnes ont été arrêtées et deux blessées par balle.

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans les rues d'Amsterdam, selon les médias néerlandais, encadrés par une présence policière massive selon les images partagées sur les réseaux sociaux.

L'organisation anti-mesures sanitaires United We Stand Europe avait pourtant annulé la manifestation qu'elle prévoyait dans la capitale néerlandaise, expliquant que la maintenir "ne nous semblait pas juste" après le chaos qui a frappé le centre de la deuxième ville du pays, Rotterdam (sud-ouest), vendredi soir.

A Breda (sud), un millier de personnes ont défilé en portant des pancartes disant "Non au confinement" et s'opposant au projet du gouvernement de restreindre l'accès des personnes non-vaccinées à certains lieux, notamment les bars et les restaurants.

Les Pays-Bas ont réintroduit la semaine dernière un confinement partiel pour faire face à une flambée de cas de Covid-19, avec une série de restrictions sanitaires touchant notamment le secteur de la restauration, qui doit fermer à 20H0.

Après qu'une manifestation a tourné à l'émeute vendredi, avec au moins 51 arrestations et sept blessées, dont deux par balle, la sécurité autour des deux événement samedi avait été renforcée.

Les manifestations se sont déroulées sans problèmes, indiquent les médias.

La manifestation à Breda avait même des allures de fête, les participants dansant en suivant des chars avec DJs, des "party bus" fermant la marche, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des fumigènes ont été utilisés et quelques feux d'artifices ont été tirés alors que les derniers participants se dispersaient.

"Les gens veulent vivre (...) c'est pourquoi nous sommes ici", a déclaré à l'AFP Joost Eras, un des organisateurs. Mais "nous ne sommes pas des émeutiers. Ici, on est en paix", a-t-il assuré, se distanciant du chaos nocturne qui avait éclaté la veille à Rotterdam.

Interrogées par l'AFP, les autorités locales n'étaient pas immédiatement en mesure d'indiquer le nombre de participants.

- 'Orgie de violence' -

Le maire de Rotterdam Ahmed Aboutaleb a qualifié les incidents de vendredi d'"orgie de violence".

"Deux émeutiers ont été blessés lorsqu'ils ont été touchés par une balle. Ils sont toujours à l'hôpital", a déclaré la police néerlandaise, ajoutant qu'une enquête serait menée pour déterminer "si les blessures ont été causées par des balles de la police".

"Des coups de semonce ont été tirés à plusieurs reprises. À un moment donné, la situation est devenue si dangereuse que les agents se sont sentis obligés de tirer sur des cibles", a indiqué la police.

Un policier a aussi été transporté à l'hôpital pour des blessures à la jambe, plusieurs autres agents ayant été victimes de dommages auditifs causés par les feux d'artifice tirés par les émeutiers.

<p>Une voiture brûlée et un vélo détruit après les émeutes ayant frappé Rotterdam le 19 novembre 2021</p>

"La police et le ministère public mettent tout en œuvre pour traquer, poursuivre et punir ces émeutiers", a-t-il déclaré dans un communiqué Ferd Grapperhaus, le ministre de la Sécurité et de la Justice, déplorant des destructions "considérables".

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