France: après le fiasco de Lyon-Marseille, l'heure des comptes

AFP
<p>Le milieu français de Marseille Dimitri Payet reçoit une bouteille sur la pelouse de l'Olympique lyonnais en Ligue 1 le 21 novembre 2021 à Décines-Charpieu</p>

Réunion en urgence de la commission de discipline lundi, reprise en main du dossier par le gouvernement mardi: c'est l'heure des comptes au lendemain des incidents survenus dimanche lors du match Lyon-Marseille, énième épisode de débordements en tribunes cette saison dans le championnat de France.

L'arrêt définitif de cette affiche de la 14e journée du championnat, après un jet de bouteille d'eau ayant atteint le capitaine marseillais Dimitri Payet en plein visage, a ajouté un nouvel épisode peu reluisant à un début de saison déjà émaillé d'incidents.

Et voilà la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) contrainte de se réunir en urgence dans la journée de lundi, pour évoquer ces nouveaux débordements en tribune, après avoir déjà lourdement sanctionné plusieurs clubs pour de précédents incidents lors de Nice-Marseille, Lille-Lens ou encore Marseille-PSG.

De leur côté, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer et la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu se réuniront, mardi, avec les instances du football français pour voir "ce qu'il faut faire" après les incidents OL-OM survenus dimanche soir, a annoncé le ministère des Sports à l'AFP.

La réunion se tiendra au ministère de l'Intérieur, a-t-on précisé de même source, avec notamment la LFP et la Fédération française de football (FFF).

Après les incidents de début de saison, plusieurs réunions techniques se sont déroulées entre les cabinets du ministère de l'Intérieur, de la Justice et des Sports. Cela avait abouti à un courrier du gouvernement adressé fin octobre à la LFP, pour lutter contre l'insécurité dans les stades.

- Sanctions lourdes ? -

Sur quatre personnes interpellées dimanche soir, deux hommes se trouvaient toujours en garde à vue lundi matin à Lyon, dont un homme de 32 ans - l'auteur présumé du jet de bouteille sur Payet, qui s'apprêtait à tirer un corner en tout début de match.

Le match, interrompu dans la foulée, n'a jamais repris, à l'issue de près de deux heures de tergiversations entre les autorités.

Se pose désormais la question des sanctions qui pourraient être lourdes, tant la saison a été émaillée d'incidents depuis son coup d'envoi cet été.

<p>Le milieu français Dimitri Payet s'apprête à renvoyer en tribune une bouteille d'eau lors d'un match de Ligue 1 à Nice le 22 août 2021</p>

En août dernier, de graves débordements lors de Nice-OM, qui avaient déjà commencé par des jets de bouteilles visant Payet, avaient été sanctionnés d'un retrait d'un point (plus un avec sursis) et trois matches à huis clos pour Nice.

L'OM est également sous la menace d'un retrait d'un point, la commission de discipline lui ayant infligé un sursis après des dégradations commises par des supporters marseillais au stade Raymond-Kopa d'Angers en septembre.

- Flou -

La commission de discipline pourrait être tentée de frapper fort, pour l'exemple.

Mais malgré les déclarations d'intention, le flou demeure sur les mesures à prendre en matière de débordements dans les tribunes de football.

Dimanche soir, les dirigeants de clubs, la Ligue, l'arbitre et la préfecture se sont, à nouveau, publiquement renvoyé la balle.

<p>La ministre des Sports Roxana Maracineanu lors d'une conférence de presse à l'ambassade de France en Roumanie à Bucarest le 28 juin 2021</p>

"Il faut qu'ils se mettent d'accord entre eux", a réagi lundi matin la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu sur franceinfo.

Surtout pour un championnat qui entend mieux se vendre à l'international, fort de la présence des superstars du Paris SG Lionel Messi, Neymar ou Kylian Mbappé.

La ministre, de longue date favorable à des sanctions individuelles visant spécifiquement les fauteurs de troubles, a aussi souhaité une modification des règlements "pour que les arbitres aient les coudées franches".

"Il faut qu'il sache ce qu'il peut faire ou pas. Ce n'est pas marqué noir sur blanc" qu'il doit arrêter un match après un jet de projectile, a-t-elle regretté.

<p>Le président de la région des Hauts-de-France et candidat à la primaire des Republicains pour la présidentielle, Xavier Bertrand, lors d'un meeting à La Baule le 5 novembre 2021</p>

La députée de la majorité Aurore Bergé (LREM) a, de son côté, souhaité sur France 2 "qu'il y ait des mesures extrêmement fermes, parce que si on ne veut pas que les matches se finissent à huis clos ou qu'il y ait des interdictions de stade généralisées, alors ça veut dire que les clubs doivent clairement prendre leurs dispositions".

Le candidat à la primaire des Républicains Xavier Bertrand a également réclamé "des sanctions".

Karl Olive, maire de Poissy (région parisienne) et membre du Conseil d'administration de la LFP, en a même appelé au président Emmanuel Macron, dont il est proche.

"Si on ne tape pas du poing sur la table, on ne s'en sortira pas", a-t-il dit au micro de BFMTV. "C'est ça l'image que nous renvoyons à deux ans des Jeux olympiques (de Paris)? C'est inadmissible et j'espère bien que l'Etat, j'espère bien que le président de la République lui-même, va siffler la fin de la partie."

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