L1: après le fiasco de Lyon-Marseille, l'heure des comptes

AFP
<p>Le milieu français de Marseille Dimitri Payet reçoit une bouteille sur la pelouse de l'Olympique lyonnais en Ligue 1 le 21 novembre 2021 à Décines-Charpieu</p>

Politiques scandalisés appelant à des mesures, réunion en urgence de la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP): c'est l'heure des comptes après les incidents lors du match Lyon-Marseille, énième épisode de débordements en tribunes cette saison en Ligue 1.

Sur quatre personnes interpellées dimanche soir, deux hommes se trouvaient toujours en garde à vue lundi matin à Lyon, dont un homme de 32 ans - l'auteur présumé du jet de bouteille sur le milieu de terrain marseillais qui s'apprêtait à tirer un corner en tout début de match.

Le match, interrompu dans la foulée, n'a jamais repris, à l'issue de près de deux heures de tergiversations entre les autorités.

Le président lyonnais Jean-Michel Aulas s'est dit "catastrophé" par cet incident, causé par un "individu seul".

Se pose désormais la question des sanctions qui pourraient être lourdes, tant la saison a été émaillée d'incidents depuis son entame cet été.

<p>Le milieu français Dimitri Payet s'apprête à renvoyer en tribune une bouteille d'eau lors d'un match de Ligue 1 à Nice le 22 août 2021</p>

En août dernier, de graves débordements lors de Nice-OM, qui avaient déjà commencé par des jets de bouteilles visant Payet, avaient été sanctionnés d'un retrait d'un point (plus un avec sursis) et trois matches à huis clos pour le Gym.

L'OM est également sous la menace d'un retrait d'un point, la commission de discipline lui ayant infligé un sursis après des dégradations commises par des supporters marseillais au stade Raymond-Kopa d'Angers en septembre.

- Flou -

La Ligue pourrait être tentée de frapper fort, pour l'exemple.

Mais malgré les déclarations d'intention, le flou demeure sur les mesures à prendre en matière de débordements dans les tribunes de football.

Fin octobre, le gouvernement avait promis à la Ligue des "actions coordonnées" et une "réponse forte" face à ces incidents.

Pourtant, dimanche soir, les dirigeants de clubs, la Ligue, l'arbitre et la préfecture se sont, à nouveau, publiquement renvoyé la balle.

<p>La ministre des Sports Roxana Maracineanu lors d'une conférence de presse à l'ambassade de France en Roumanie à Bucarest le 28 juin 2021</p>

"Il faut qu'on règle les problèmes. Il faut qu'ils se mettent d'accord entre eux", a réagi lundi matin la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu sur franceinfo.

"Chacun doit comprendre que c'est la survie du football français qui est en jeu, son modèle économique (...) C'est un monde où il y a des millions d'euros qui sont en jeu", a-t-elle ajouté.

Surtout pour un championnat qui entend mieux se vendre à l'international, fort de la présence des superstars du Paris SG Lionel Messi, Neymar ou Kylian Mbappé.

La ministre, de longue date favorable à des sanctions individuelles visant spécifiquement les fauteurs de troubles, a aussi souhaité une modification des règlements "pour que les arbitres aient les coudées franches".

"Il faut qu'il sache ce qu'il peut faire ou pas. Ce n'est pas marqué noir sur blanc" qu'il doit arrêter un match après un jet de projectile, a-t-elle regretté.

<p>Le président de la région des Hauts-de-France et candidat à la primaire des Republicains pour la présidentielle, Xavier Bertrand, lors d'un meeting à La Baule le 5 novembre 2021</p>

La députée de la majorité Aurore Bergé (LREM) a de son côté souhaité sur France 2 "qu'il y ait des mesures extrêmement fermes, parce que si on ne veut pas que les matches se finissent à huis clos ou qu'il y ait des interdictions de stade généralisées, alors ça veut dire que les clubs doivent clairement prendre leurs dispositions".

Le candidat à la primaire des Républicains Xavier Bertrand a également réclamé "des sanctions".

"On ne peut pas avoir la dérive en France de ce sport formidable, si populaire, comme on a pu connaître en Angleterre à une époque. Ils ont pris des mesures, et aujourd'hui l'ordre est revenu", a affirmé le président des Hauts-de-France.

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