Allemagne: accord gouvernemental imminent pour ouvrir l'après-Merkel

Yannick PASQUET
<p>La chancelière allemande Angela Merkel reçoit un bouquet de fleurs d'Olaf Scholz (d), candidat du parti social-démocrate à la chancellerie, le 24 novembre 2021 à Berlin</p>

Les sociaux-démocrates allemands, les Verts et les libéraux doivent dévoiler mercredi après-midi leur accord gouvernemental pour former une coalition qui va accéder au pouvoir et ouvrir ainsi une nouvelle ère après 16 années d'Angela Merkel.

Près de deux mois après les élections législatives marquées par une débâcle historique pour le camp conservateur de la chancelière, les sociaux-démocrates du SPD s'apprêtent à prendre les rênes du pouvoir, dans une alliance inédite avec les Verts et le parti libéral du FDP.

Ces trois formations vont présenter leur "contrat" de gouvernement - détaillant leur programme et négocié depuis plusieurs semaines - à 15H00 locales (14H00 GMT) à Berlin, ont-ils annoncé dans un communiqué.

Auparavant, ils devaient effectuer un ultime tour de table pour régler des détails d'un accord qui promet de faire la part belle à la protection de l'environnement, avec notamment une sortie du charbon anticipée à 2030, contre 2038 auparavant.

<p>Présentation d'Olaf Scholz (SPD), favori pour succéder à Angela Merkel au poste de chancelier</p>

Les portes de la chancellerie sont désormais grandes ouvertes pour le social-démocrate Olaf Scholz, 63 ans, qui devrait être investi chancelier début décembre par les députés du Bundestag.

L'Allemagne tournera alors la page des années Merkel, celle-ci n'assurant plus que la gestion des affaires courantes depuis un mois.

- Tambour battant -

L'accord de coalition a été ficelé à l'issue de négociations menées tambour battant.

Car le temps presse au moment où la pandémie de Covid-19 n'a jamais été aussi virulente avec des records quotidiens de nouvelles infections et la crainte d'une saturation des hôpitaux.

<p>Le candidat du SPD au poste de chancelier arrve pour une réunion finale sur l'accord de coalition, le 24 novembre 2021 à Berlin</p>

Signe d'une nervosité grandissante face à la flambée des contaminations, Angela Merkel a reçu mardi soir à la chancellerie les responsables des partis de la future coalition dite "feu tricolore".

La conclusion rapide d'un accord de gouvernement devrait rassurer les autres pays européens, inquiets après les législatives de voir l'Allemagne, poids lourd de l'UE, sans réel capitaine à bord.

Et ce, au moment où les Vingt-Sept affrontent une nouvelle crise majeure à leurs portes avec l'afflux orchestré par le Bélarus de milliers de Syriens et d'Irakiens à la frontière avec la Pologne.

- Premiers pas -

Olaf Scholz, rompu aux arcanes de la négociation, a déjà fait ses premiers pas sur la scène internationale en accompagnant Angela Merkel au sommet du G20 le mois dernier à Rome et en participant informellement aux principaux entretiens bilatéraux notamment avec le président américain Joe Biden.

Pour la première fois depuis 16 ans, le SPD, arrivé en tête avec 25,7% des voix lors du scrutin législatif, va de nouveau diriger le gouvernement de la principale économique européenne.

<p>La chancelière allemande Angela Merkel (c) entourée par les membres de son gouvernement, le 24 novembre 2021 à Berlin</p>

Fruit d'un compromis, le "contrat de coalition" entre les trois partis doit définir toutes les réformes économiques, environnementales, sociétales que le prochain gouvernement, à la composition bientôt connue, mettra en oeuvre.

Il a été mis au point en un temps record : après des discussions exploratoires, sociaux-démocrates, Verts et libéraux étaient entrés dans le vif du sujet le 21 octobre avec la constitution de plus d'une vingtaine de groupes de travail.

Le soir même des élections, tous avaient manifesté leur volonté d'aller vite pour ne pas répéter le scénario de 2017 quand Angela Merkel avait mis plus de cinq mois à constituer son gouvernement, paralysant l'Europe.

- Une femme à la diplomatie -

Les trois formations doivent encore distribuer les portefeuilles ministériels.

Fruit d'un savant dosage, cette répartition devrait notamment se traduire par la nomination pour la première fois d'une femme au ministère des Affaires étrangères.

<p>Annalena Baerbock (d) et Olaf Scholz, le 26 octobre 2021 au Bundestag, à Berlin</p>

Candidate malheureuse des écologistes à la chancellerie après une campagne ratée, Annalena Baerbock, 40 ans, devrait prendre la tête de la diplomatie allemande dans un gouvernement à parité hommes-femmes, selon les médias.

Le très important et prestigieux maroquin des Finances devrait quant à lui échoir au chef du parti libéral FDP, Christian Lindner, tenant d'une ligne orthodoxe sur les déficits publics.

Le populaire co-président des Verts, Robert Habeck devrait lui s'installer dans un "super ministère" du Climat au moment où la lutte contre le réchauffement climatique est au premier plan des débats, dans un pays parmi les des plus gros pollueurs de la planète.

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