Omicron: la nervosité gagne les Etats-Unis

Aurélia END
<p>Joe Biden à Washington le 16 décembre 2021</p>

Les cas flambent parmi les comédiens de Broadway, la saison de basket est perturbée et Joe Biden prédit un "hiver de maladie grave et de mort" aux non-vaccinés: la nervosité gagnait jeudi les Etats-Unis face à la propagation du variant Omicron du Covid-19.

Le président américain a averti que ce nouveau variant très contagieux était "là" et allait "se mettre à circuler beaucoup plus rapidement".

Le 1er décembre, le nombre de nouveaux cas quotidiens aux Etats-Unis était de 86.000 en moyenne; le 14 décembre, il était de 117.000, soit une augmentation d'environ 35% en deux semaines.

"La seule vraie protection est de recevoir votre injection", a déclaré Joe Biden, prédisant "un hiver de maladie grave et de mort" pour les personnes non vaccinées.

Vaccinés ou pas, c'est dans tous les cas un hiver morose qui semble se profiler pour les Américains.

A New York, les annulations de représentations se multiplient à Broadway, temple des comédies musicales, à cause d'une augmentation des cas positifs parmi les troupes.

De prestigieuses universités américaines ont d'ores et déjà adapté leur fonctionnement, en organisant des cours et des examens en ligne afin d'éviter les contaminations sur le campus.

La NFL, ligue de football américain, a mis en place des mesures sanitaires renforcées après avoir enregistré une centaine de cas positifs parmi les joueurs depuis le début de la semaine.

La NBA, la ligue de basket, est également touchée - deux matchs des Chicago Bulls ont été reportés. Jeudi soir, deux joueurs des Los Angeles Lakers, dont la star Russell Westbrook, ont dû déclarer forfait pour leur match de vendredi pour cause de protocole Covid.

- "Message aux Américains" -

A la Maison Blanche, le changement de ton est évident.

Joe Biden, qui il y a quelques semaines demandait de ne "pas paniquer" face au nouveau variant, a fait venir jeudi les journalistes à la fin d'une réunion consacrée à la pandémie de Covid-19 pour, a-t-il dit, faire "passer directement un message aux Américains".

La mine grave, il a rappelé qu'il était "de la plus haute importance" de recevoir une dose de rappel pour les personnes vaccinées, et de "recevoir la première dose" pour les autres.

<p>Joe Biden à Washington le 16 décembre 2021</p>

Peu auparavant, la porte-parole adjointe de la Maison Blanche Karine Jean-Pierre avait elle laissé entendre que l'administration ne prendrait pas pour l'instant de mesures restrictives particulières, pour se concentrer plutôt sur la vaccination.

"Les outils que nous avons fonctionnent", a-t-elle assuré, ajoutant: "Nous allons continuer à travailler pour que les Américains se fassent vacciner et fassent leurs rappels".

Joe Biden, élu en grande partie sur la promesse de mettre fin à la pandémie, avait dévoilé le 2 décembre un plan censé protéger les Etats-Unis contre une déferlante de cas, d’hospitalisations et de décès. Mais il s'était bien gardé de prendre des décisions très contraignantes, sachant le sujet hautement sensible.

- Réticences -

Les Américains sont las de la pandémie, et des ténors de l'opposition républicaine s'insurgent régulièrement contre toutes les tentatives d'imposer les vaccins ou le port du masque.

Face à Omicron, les Etats-Unis ont fermé leurs frontières aux passagers venus de certains pays africains, mais n'ont pas pris d'autres restrictions, et n'ont pour l'instant imposé aucune mesure sanitaire renforcée sur les vols domestiques.

La marge de manoeuvre du président est de toute façon réduite, comme le montrent les multiples procédures judiciaires engagées contre les obligations vaccinales qu'il veut imposer aux entreprises publiques et privées.

Les Etats-Unis, officiellement le pays le plus endeuillé par la pandémie, ont dépassé mardi les 800.000 morts du Covid-19, selon le bilan de l'université Johns Hopkins.

Ce chiffre est supérieur à la population d'Etats américains entiers, comme le Dakota du Nord ou l'Alaska.

Environ 450.000 décès, en majorité des personnes non vaccinées, ont eu lieu en 2021, et ce malgré la mise à disposition à partir du printemps de vaccins très efficaces et gratuits.

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